‹ Les Indulgences, leur nature et leur usageChapitre 18 sur 396 · II. DE l'ancienne discipline PÉNITENTIAIRE · texte numérisé non relu

II. DE l'ancienne discipline PÉNITENTIAIRE

ques, tels que Cyprien, Basile, etc., et que l'Église universelle les avait acceptées dans leurs disp(^itions principales pendant un temps consi dérable i. Nous voyons d'Jilleurs que dans l'ancien Testament Dieu lui-même, pour les crimes ainsi punis par l'Église, imposait des peines beaucoup plus i-igoureuses. Les cinq livres de Moïse mentionnent une série de coupables contre lesquels la peine de mort était prononcée. Tels sont ceux qui commettaient un acte d'idolâtrie, les blasphémateurs, les magiciens, les devins, les assassins et les adultères, les enfants qui maudissaient leurs parents, les frappaient ou seulement leur désobéissaient. En décrétant cette peine. Dieu voulait évidemment qu'avant leur exécution ces malheureux se convertissent sincèrement et échappassent ainsi à la damnation éternelle; et pour ceux qui correspondaient à la grâce, la peine de mort n'était plus que la peine temporelle due à leurs péchés. Or ce serait un blasphème de dire que par ces pénitences, si graves qu'elles puissent paraître, les péchés étaient punis plus sévèrement que ne le méritait leur malice intrinsèque. A plus forte raison nous est-il défendu de taxer d'exagération les peines canoniques.

Aussi bien les hdèles, dans les temps de foi, répondaient au désir de l'Eglise par un grand esprit de mortiiication, et l'histoire atteste que même des empereurs et des rois se soumettaient aux pénitences mentionnées plus haut. Ce ne fut qu'après le douzième siècle que ces anciens canons pènitenciaux, à peu d'exceptions près, cessèrent d'être appliqués. Mais alors la ferveur des fidèles y suppléait de différentes manières par des austérités volontaires, p. ex,, par des pèlerinages longs et pénibles à la Terre Sainte, au tombeau des saints apôtres saint Pierre et saint Paul,

De nos joui's, il est vi-ai, la sainte Église n'exige plus des peines aussi rigoureuses, afin de ne pas éloigner complètement de la confession beaucoup de chrétiens faibles: car il y aurait lieu de craindre que les grands pécheurs surtout ne s'exposassent au châtiment éternel, pour éviter une peine temporelle sévère. Mais on ne peut nier que le Dieu juste et saint, éternel et immuable, ne soit, aux temps actuels, ofTensc aussi grasement par le péché, qu'il l'était dans les temps où les plus sévères pénitences de l'Église étaient en vigueur. L'adoucissement de la discipline pénitentiaire ne prouve donc pas que nous soyons moins coupables que les pécheurs d'autrefois ; il faut simplement en conclure que nous aurons plus à souffrir en

1, Les stations de pénitence cessèrent en Orient déjà vers la fin du quatrième siècle de l'ère chrétienne, et un peu plus tard dans l'Église d'Occident. Mais alors, pour ne pas abandonner au gré de chaque prêtre l'imposition des peines canoniques, et pour leur conserver leur caractère de sage modération, d'illustres évèques et docteurs de l'Église, comme Basile, Amphiloque d'Icône. Grégoire de Nysse, Ambroise et Pacien, publièrent des instructions destinées à diriger les confesseurs. De là sortirent plus tard les livres appelés pénitenliaux, dans lesquels on avait déterminé une peine proportionnée à la gravité de chaque péché en particulier. Chaque confesseur devait avoir le JPéniteiitiel reçu dans son diocèse, et en connaître les canons. C'est à ces livres péniteiiliaux, dilTérents suivant les pays, mais d'accord quant aux chose» principales, qu'ont été empruntées les pénitences ci-desaua mentionnées.

Indulgences. — 2

IH If'' PART. — E.NSL:iCJ.\t:.Mi:NT CATIIOL. SUR LliS INDULGENCES

l)uii!:a(oire, à moins que nous n'ayons soin do faire spontanément (les (l'uvres satisfacloires ou do suppléer à l'insuffisance de notre satisfaction par le i^rand moyen (jue la divine miséricorde nous olTre : les Indulj;ences. Car riuduliîcnce, comme nous l'avons montré plus haut, est une rémission véritable des peines temporelles par lesquelles, dans cette vie ou dans l'autre, nous devons satisfaire à la Majesté ilivino ollensée par nos péchés : rémission poiu- laquelle la sain(c Éijlise exigeait autrefois de ses enfants des pénitenees si rigoureuses.

3" L'Indulgence n'est qu'une rémission des peines temporelles par lesquelles nous devons satisfaire à la justice divine; elle n'est donc pas une dispense des autres obligations qui résultent de nos péchés, par exemple de restituer le bien d'autrui, de réparer le tort fait au prochain ou le scandale que nous avons donné ; — elle n'est pas non plus une exemption des peines qui ' servent à l'amendement de notre vie et du devoir qui nous incombe de faire pénitence.

Inutile de prouver que l'Indulgence ne nous délivre pas de l'obligation de satisfaire au prochain, quand nous lui avons fait un tort quelconque : car celle obligation est imposée par le droit naturel. Jamais l'Eglise n'a eu la pensée d'en dispenser.

Quant aux afflictions que Dieu nous envoie et aux pénitences que le prêtre nous impose au saint tribunal, elles n'ont pas seulement le caractère de réparation et de châtiment {pœnœ satisfactoriœ vel vindicatives) ; mais elles ont aussi pour but de nous corriger {pœnœ médicinales) : elles servent à guérir nos péchés d'habitude et à nous rendre plus vigilants dans la lutte contre le mal. C'est pourquoi le concile de Trente ordonne aux confesseurs d'avoir devant les yeux ce double but, en imposant la pénitence ; il dit expressément (sess. XIV, c. viii) : « 11 est certain que les peines par lesquelles le pécheur satisfait à la justice divine sont pour lui un frein qui l'éloigné du mal et le rend plus circonspect à l'avenir ; elles guérissent les restes des péchés et détruisent, en faisant pratiquer les vertus contraires, les mauvaises habitudes produites par une conduite coupable ». — Nous voyons que Dieu lui-même, après avoir panlonné le péché, n'exempte pas le pécheur des châtiments ou des maux temporels occasionnés par le péché. C'est ainsi, comme nou.^ l'avons déjà remarqué, que le fils de David (II Reg., c. xn) mourut, quoique le roi jeûnât et priât pour lui conserver la vie. Dieu ne voulut point accepter d'autre œuvro

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