II. L'iNDLLG. n'est pas une dispense des peines MÉDIGIN
satisfacloire à la place du châtiment qu'il avait fixé lui-même, parce que, dit saint Augustin, ce châtiment avait été imposé à David comme une épreuve et une correction. C'est pour ce môme motif que la rémission des péchés n'enlève pas les tristes elfels naturels qu'ils ont produits, p. ex., la maladie, le déshonneur, la pauvreté. Le baptême même, qui purifie l'âme de tous les péchés et remet toutes les peines temporelles et élernclles, laisse dans le baptisé l'inclination au mal et les autres suites fâcheuses de la faute originelle. En général, par toutes les misères et les souffrances de ce monde, Dieu n'a pas seulement pour but de nous punir; mais il a encore d'autres motifs dignes de sa sagesse et de sa bonté, comme d'éprouver notre patience, de détacher notre cœur des créatures, de nous faire pratiquer beaucoup d'autres vertus. — La sainte Eglise ne va pas à rencontre de ces dispositions de la divine Providence. En accordant des Indulgences, elle a en vue uniquement la rémission des peines temporelles en tant qu'elles sont une satisfaction pour les péchés commis ; mais elle n'a jamais voulu ni ne veut nous dispenser des peines et des souffrances qui nous sont nécessaires pour triompher de nos mauvaises habitudes et pour mener une vie chrétienne i.
Enfin l'Église, en accordant les Indulgences, n'a jamais prétendu nous dispenser de faire pénitence, de porter la croix à la suite de Jésus-Christ et d'unir nos souffrances aux siennes*. Cela est si vrai que, dans la concession même des Indulgences, comme nous le montrerons pUis tard, elle a toujours engagé et exhorté ses enfants à faire pénitence, à se purifier de leuis péchés, à changer de vie et à pratiquer toute sorte de bonnes œuvres.
1. « Dicendum», dit saint Thomas (Quodlib. //.g. 8,art. 16,ad 3),«quod satisfaclio et est puiiitiva, in quantum est actus vindicativae justiliœ. et est etiam nic;dioaliva, m guantum est quoddam sacramenlale. Indulgentia ergo suppiet jociini saliKfactionis, in quantum est puuiliva, quia scilicet pcena, quam aiius su^linuit, iiiiputalur isti, ac si ipse suslinuissel, et ideo reatus pocnc-c tollilur; sed non succedit in lucum satisiactionis, in quantum est medicativa. quia adliuc rémanent pronitales ad peccandum derelictie ex priori peccato, ad quas sanandas necessarius est labor satisfactionis. Et ideo... consulendum est, ut non piaitermiltant satisiactionis opéra, in quantum sunt prccservativa a peccalia luluris, licet reatus pœnte sit tolaliter solutus >). Le saint docteur s'exprime dans le même sens dans le Lib. IV Sent., dist. 20, q. 1, art. 3, sol. 1, ad 4. .^. .
2. Pour ce qui regarde nos œuvres satisfactoires et nos mortifications, en tant qu'elles nous aident â gagner les Indulgences, voyez n. X de celte première partie, vers la fin du §'7.
20 l" PART. — ENSEIGNEMENT CATIIOL. SUR LES INDULGENCES