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REMARQUES GÉN. EXERCICE DU POUVOIR DE BÉNIR

ne Patris, et Filii^ et Spiritus sancti. Amen^ et qu'il l'asperge ensuite d'eau bénite. — S'il s'agit d'appliquer à des objets de piété les Indulgences apostoliques, ou les Indulgences dites de sainte Brigitte, il n'est pas même nécessaire de prononcer ces paroles ni d'employer de l'eau bénite ; il suffît qu'on fasse de la main un signe de croix sur les objets à indulgencier, et qu'on ait l'intention de les bénir et de leur appliquer les Indulgences. Hors de là rien n'est prescrit, que l'induit de concession porte ou non les mots : in forma Ecclesice consueta (Décr. auth., n. 281, ad 5 ; 313, ad 2 ; 401). Le Souverain Pontife n'indulgencie pas autrement les objets qu'on lui présente. Les fidèles ne doivent donc pas s'étonner si le prêtre, dans les moments de presse, ou quand il n'a pas sous la main le surplis, l'étole et l'eau bénite, se contente de faire le signe de la croix sur les médailles, chapelets, etc., à indulgencier, et de réciter une courte formule de bénédiction.

Il est plus convenable cependant que le prêtre, quand on lui offre un objet à bénir ou à munir des Indulgences apostoliques (ou d'autres Indulgences qui n'exigent pas une formule particulière), suive le cérémonial établi pour les bénédictions en général, c'est-à-dire qu'il donne cette bénédiction, surtout s'il est à l'église et en présence des fidèles, avec une certaine solennité, se revêtant du surplis et de l'étole, et faisant à la fin l'aspersion de l'eau bénite.

On peut en même temps, et par un seul et même signe de croix, appliquer les Indulgences apostoliques et celles de sainte Brigitte, qu'on ait obtenu ces pouvoirs par un seul rescrit ou par deux. Il suffit que le prêtre ait l'intention de faire usage des deux pouvoirs en même temps (Cfr Nouvelle Revue théologique, Tournai, Casterman, XIX, 679).

On peut d'un seul coup bénir beaucoup d'objets à la fois, et les distribuer ensuite {Décr. auth., n. 363).

5) Le même objet peut recevoir plusieurs Indulgences : ainsi, le même crucifix, p. ex., peut recevoir les Indulgences apostoliques (parmi lesquelles se trouve l'Indulgence plénière pour la bonne mort, voyez l'article suivant), et celles du Chemin de la Croix ^ ; le même chapelet peut également recevoir

1. C'est donc sans raison que certains missionnaires ont exigé que le» fidèles se procurassent deux crucifix: l'un, pour recevoir l'Indulgence de U bonne mort, et l'autre, pour recevoir celles du Chemin delà Croix.

les Indulgences apostoliques, celle des Dominicains, des PP. Croisicrs, et de sainte Brigitte. Seulement, le possesseur d'un crucifix ou d'un chapelet ainsi indulgencié doit à chaque fois accomplir exactement toutes les conditions prescrites pour l'Indulgence qu'il veut gagner, pourvu qu'elles puissent être répétées en un même jour [Décr. auth., n. 249, ad 3) : car on ne peut pas, par une seule et même prière, par une bonne œuvre accomplie une seule fois, gagner toutes ces Indulgences.

Bien entendu que l'objet de piété dont il s'agit doit être apte à recevoir toutes ces Indulgences diverses. C'est le cas pour les exemples cités plus haut; car les croix et les chapelets dont nous avons parlé ont à peu près la même forme les uns et les autres. Quant aux chapelets qui ont une forme extérieure propre, comme, p. ex., le chapelet des Sept-Douleurs, la couronne de Notre-Seigneur ou celle des Cinq-Plaies, ils ne sauraient être enrichis en aucune façon des Indulgences du rosaire de S. Dominique, et réciproquement les rosaires des Dominicains ne seraient pas aptes à recevoir les Indulgences de ces couronnes de forme différente. Cependant on pourrait attacher les Indulgences apostoliques à tous et à chacun de ces différents chapelets : la raison en est qu'on gagne les Indulgences apostoliques, non pas tant en récitant une de ces couronnes, qu'en les portant sur soi, et en accomplissant différentes œuvres pies, comme nous le dirons à l'article suivant.

6) Au sujet de la matière des objets à indulgencier, il faut maintenir comme principe la règle que nous donnons ci-après (p. 339, n''3)sur les objets auxquels on veut appliquer les Indulgences apostoliques, c'est-à-dire qu'ils doivent être de matière solide et durable, et non d'une matière qui se brise, se détériore et s'use facilement (cf. Décr. auth., n. 333).

Ainsi il est expressément défendu d'indulgencier les images peintes ou imprimées sur papier, carton ou toile; les croix, crucifix, statuettes et médailles d'étain, de plomb, de verre soufflé, de plâtres et autres substances semblables. Cependant les chapelets ou rosaires peuvent être en étain, en plomb, en bois et même en verre ou cristal solide {Décr. auth., n. 249, ad 1 et 2).

Le bois ne se trouve pas énuméré avec les matières formellement exclues : on peut donc indulgencier des croix, d«^s crucifix de bois, etc. Toutefois, pour y attacher les Indulgences de la bonne mort et du Chemin de la Croix, il faut avoir soin que le Christ du moins ou

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