‹ Les Indulgences, leur nature et leur usageChapitre 294 sur 396 · Cfr. Theodor. a Sp. S. {de Indidg.), U, pag. 207 seqq · texte numérisé non relu

Cfr. Theodor. a Sp. S. {de Indidg.), U, pag. 207 seqq

2. Il n'est pas question ici des Indulgences que gagnent les confrères du S. Rosaire ou les autres fidèles en récitant les prières de telle ou de telle couronne bénite. Ces Indulgences sont en partie plus anciennes et ont été accordées principalement à \à récitation à\i chapelet, comme nous le dirons bientôt. Ici nous nous occupons des Indulgences dites papales, qui sont attachées aux chapelets mêmes, aux croix, médailles, etc., bénits par le Pape, ou par un prêtre ayant ce pouvoir, et qu'on apelle à cause de cela chapelets apostoliques, croix apostoliques, etc.

Il importe peu que ces chapelets aient cinq ou six dizaines ou même davantage, car tous les chapelets peuvent recevoir les Indulgences papales. Ces Indulgences sont attachées directement à l'objet, en sorte qu'on peut les gagner non seulement en récitant des prières, mais aussi en prati-

Indulgences. — 22

Lorsque vers la fin du seizième siècle, ce pape, fit démolir rég lise patriarcale ou basilique majeure de S. -Jean- de- Lalran, pour la rebâtir plus magnifiquement, on y trouva une quantité de médailles en or pur, et d'autres figures portant toutes l'empreinte de la sainte croix. C'étaient les empereurs chrétiens qui les avaient tait graver et les avaient offertes en présent à la vénérable basilique de Latran, pour honorer les princes des Apôtres. Le pape Sixle-Quint attacha à ces objets diverses Indulgences, qu'on pouvait gagner en visitant l'église où ils seraient conservés ou en les portant sur soi et en faisant certaines prières ou bonnes œuvres. Puis il les envoya à l'empereur, aux rois, aux prince- et aux cardinaux. Tout cela est relaté en détail dans la bulle Laudemus viros gloriosos, du !«' décembre 1587 (Cfr Theod. a Sp. s., 1. c, page 210 et seqq.).

Les papes suivants concédèrent de même beaucoup d'Indulgences aux médailles, croix, crucifix, chapelets, etc., bénits par eux ; mais, dans le principe, ces faveurs ne furent accordées qu'aux personnages princiers, ou à d'autres par leur entremise. Considérant toutefois que l'usage de ces objets sacrés aide l'âme à produire des actes de foi vive, d'adoration à l'égard de Dieu, de vénération envers la très sainte Vierge et les saints, on en facilita peu à peu l'acquisition à tous les fidèles. Les papes Clément VIII, Urbain VIII et Alexandre VII réglèrent par des dispositions positives ce pieux usage et les Indulgences qu'on pouvait gagner.

Le catalogue désormais officiel des Indulgences apostoliques, avec les remarques et prescriptions afférentes, fut publié pour la première fois sous Benoît XIII (cfr le texte primitif de cette pièce dans Theod. aSp. S., II, p. 228), et a été maintenu presque sans modification par ses successeurs. A chaque changement de pontificat on le publie de nouveau, au nom du pape élu, en latin et en italien, et d'ordinaire avec quelques variantes sans importance. Pour toute reproduction et toute traduction de cet elenchus, il faut l'approbation de la S. Congrégation des Indulgences, comme il est dit expressément à la fin du texte.

quant d'autres Ijonnes œuvres, pourvu qu'on porte sw soi ou qu'on garde chez soi le chapelet, le crucifix bénit, ainsi que nous l'expliquerons Lienlôl plus en détail. Du reste, il existe d'aulres chapelets encore, p. ox., ceux de Sainte-Drigitte, et des .Sept-Douleur8,dont on peut aussi ga^jner certaines Indulgences, non seulement quand on s'en sert pour prier, mais encore quand on les porte sur soi en accùmplissant telle œuvre pie déterminée.

Le catalogue en vigueur aujourd'hui porte la date du 23 février 1878 ^ En voici la fidèle traduction :

INDULGENTES ACCORDÉES PAR SA SAINTETÉ LÉON XIII AUX FIDÈLI S <j ■ CONSERVENT CHEZ EUX UN OBJET DE PILTÉ BENIT PAR LUI ^ (c URON 1 CHAPELET, CROIX, CRUCIFIX, STATUETTE, MÉDAILLE) ET QUI ACCOMPL S- SENT LES ŒUVRES PIES PRESCRITES-

Remarques préliminaires . 1) Pour gagner les Indulgences suivantes, il est nécessaire que les fidèles portent sur eux un des objets de piété ^ désignés.

2J Si on ne le porte pas sur soi, il faudra le conserver dans sa chambre, ou dans un autre endroit décent de sa demeure, et réciter pieusement devant cet objet les prières prescrites *.

3) Sont exclues et ne peuvent recevoir les Indulgences apostoliques les images imprimées ou peintes ; de même les croix, crucifix, statuettes et médailles de plomb, d'étain et de toute matière qui se brise, se détériore ou s'use facilement (v. là-dessus plus haut, p. 330, n. 6).

4) Les effigies des médailles, etc., doivent représenter des saints canonisés dans la forme ordinaire, ou inscrits dans des martyrologes régulièrement approuvés (v. plus haut, p. 331, n.7).

I. — Indulgence plénièreà chacune des fêles suivantes: Noël, Epiphanie, Pâques, Ascension, Pentecôte, fête de la très sainte Trinité, Fête-Dieu, Purification de la T. S. Vierge, Annonciation, Assomption, Nativité de Marie, Immaculée Conception, S. Jean- Baptiste, S. Joseph, SS. Pierre et Paul, S. André, S. Jacques, S. Jean, S. Thomas, SS. Philippe et Jacques, S. Barthélémy,

înces

papales ou apostolic[ues est souvent accordé par le Saint- -'ièîre même à de simples prêtres qui en font la demande. Nous en parlerons bientôt.

3. Aliquod ex enuntiatis objectis. Ces e.tpressions font comprendre que Ton peut gagner les Indulgences apostoliques indifîeremment avec uae médaille ou un chapelet, avec une croi.t ou un; statuette, pui^qu^ l'Indulgence apostolique, comme nous l'avons déjà dit plus haut, est attachée directement à l'objet même en tant que bénit par le Pape, et non pas à la prier? quî l'on réciterait en s? servant, par exemple, d'un de ces chapelets. Dî même il importe peu qu'on n'ait qu'un seul de ces objets, ou qu'on en ait plusieurs de la même espèce, ou de chacune des espèces indiquées (v. Glturra, p. 8'») ; car, lors même qu'on en posséderait plusieurs, on ne gagnerait pas plus d'Indulgences qu'avec un seul.

4. Remarquez d'après cela qu'il ne suffit pas. pour gigoer ces lu lulgences apostoliques, de porter sur soi, ou de conserver che^ soi une croix, un chapelet bénit, etc., mais qu'il faut en outre accomplir fiièlenent, comme eli-s sont prescrites pour chaque Indulgence, les œuvres pieuses que nous allons éaumérer.

S. Matthieu, SS. Simon et Jude, S. Mathias, la Toussaint. Peuvent gagner ces Indulgences tous ceux qui récitent, au moins une fois pur semaine la couronne de Noire Seigneur, ou l'une des couronnes de la T. S. Vierge, ou le rosaire (de quinze dizaines), ou la troisième partie du rosaire *. ou les heures canoniales, ou le petit, office de la S. Vierge, ou l'office des morts, ou les sept psaumes de la pénitence, ou les psaumes graduels. De même ceux qui ont l'habitude d'enseigner la doctrine chrétienne, ou de visiter les prisonniers ou les malades dans les hôpitaux, ou de secourir les pauvres, ou d'assister à la messe, ou de la dire s'ils sont prêtres. Conditions: se confesser et communier aux fêtes ci-dessus ; puis prier dévotement pour l'extirpation des hérésies et des schismes, pour l'extension de la foi catholique, la paix et la concorde entre les princes chrétiens, et pour les autres besoins de l'Église.

II. — Sept années et sept quarantaines à chaque autre fête de Notre- Seigneur ou de la T. S. Vierge, si l'on accomplit en ces jours les bonnes œuvres indiquées plus haut; — cinq ans et cinq quarantaines, aux mêmes conditions, chaquedimanche etchaque autre jour de fête ; — cent jours, de même, en tout autre jour de l'année.

III. — Cent jours chaque fois, pour ceux qui ont l'habitude de réciter, au moins it ne fois par semaine, soit l'une des couronnes, soit It^ chapelet ou le petit office de la très sainte Vierge, soit l'office des morts, ou les vêpres ou un nocturne au moins avec les laudes, soit enfin les sept psaumes de la pénitence avec les litanies et les prières qui les suivant.

IV. — Indulgence plémère à l'article de la mort, quand on recommande dévotement son âme à Dieu, et que suivant l'Instruction de Benoît XIV dans sa constitution Pia mater, du 5 avril 1747, on est disposé à recevoir la mort avec résignation de la main du Seigneur. — Conditions: se confesser et communier ; ou, si cela n'est pas possible, invoquer avec contrition le saint nom de Jésus, au moins de cœur, si on ne peut le faire de bouche (voyez sur ce point, p. 3-42, note 1).

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