‹ Les Indulgences, leur nature et leur usageChapitre 34 sur 396 · VI. APPLICATION DES INDULGENCES AUX AMES DU PURGATOIRE · texte numérisé non relu

VI. APPLICATION DES INDULGENCES AUX AMES DU PURGATOIRE

divine et à l'acceptation de la satisfaction qui lui est offerte {Décret. autli., n. 283). On ne saurait donc afTirmer que cette Indulgence inlroduit infailliblement dans le ciel rànie à laquelle elle est appliquée parle prêtre. On doit l'espérer, et l'espérer vivement pour les Miotili mentionnés ci-dessus; mais la chose n'est point certaine. Cette doctrine se comprend d'autant plus facilement que, comme nous le savons, elle s'applique aussi au sainlsacrilicede la messe olïert pour les morts. Car si la vertu du sacrilice du Calvaire est infinie, il ne s'en suit pas que l'application qui s'en fait par le sacrifice de la messe le soit aussi. Notre-Seigneur, comme l'enseigne saint Thomas*, n'a pas voulu nous appliquer à chaque messe qui se dit tout le fruit de sa passion et de son sang ; mais il a voulu proportionner, pour ainsi dire, cette application ou l'efTicacilé du divin sacrilice par rapport à nous, à nos propres dispositions de ferveur et de piété.

Il est donc très utile de faire souvent célébrer la sainte messe pour les morts et de leur appliquer le plus grand nombre possible d'Indulgences. Si les âmes pour qui nous prions ainsi sont au ciel. Dieu, dans sa sagesse et sa bonté infinies, appliquera les fruits de la messe et des Indulgences à d'autres pauvres âmes du purgatoire.

Et, croyons-le bien, notre charité pour les morts, loin de nous être préjudiciable, nous sera, au contraire, très avantageuse. Elle nous est d'abord très méritoire. Car le mérite est en raison de la charité ; et, sans doute, on est plus charitable, lorsqu'au lieu de garder son bien pour soi-même, on le sacrifie au soulagement de ses frères malheureux. Il y a peu de vertu à donner son superflu aux pauvres, dit un auteur judicieux, il y en a beaucoup à leur donner de son nécessaire. Ensuite elle nous assure la protection spéciale des justes dont nous aurons adouci les peines ou hâté l'heure de la délivrance. Une fois entrés dans la gloire, ils se feront auprès de Dieu nos plus fidèles intercesseurs. Nous ne les connaissons peut-être pas ; mais ils nous connaissent, et ne nous oublieront jamais. Enfin, ils ne seront pas seuls à s'intéresser en notre faveur. Notre-Seigneur lui-même, dont notre dévotion envers les morts procure et avance immensément la gloire et les intérêts, les aidera à nous payer la dette de reconnaissance qu'ils ont contractées envers nous ^.

i. « Ouamvis ergo haec oblatio ex sui quantitate sufficiat ad satisfacienduin pro omni pœn.i, tamen fit satisfactoria illis, pro quibus ofTerlur, vel etiam oITerentibus, secundum quantitatem suœ devotionis et non pro tota pœna » (3. Thom , Sum. Tlieol., p. III, q. 79, art. 5).

2. « Scif-ndum, quod tria debeant nos inovere ad facienda»; eleemosynas pro mortuis. Primo, pœnarum quas patiuntur acerbitas. Libenter enim facit)nl homines eleemosynas leprosis et his qui patiuntur magnas pœnas et infirmitates; minor autem pœna pur.catorii est major omnibus pœnis prœsentis vitœ, sicut dicit Augustnus. Sf'cundo, magna eorum nécessitas : qiiando enim vident homines valde mendicos, libenter faciunt eis eleemosynas ; illi autem, qui sunt in purgatorio, sunt in maxima paupertate. quia nihil possunt mereri, cum non sint in statu merendi. Tertio.... nostra utilitas: cum enim oramus pro illis, qui sunt in purgatorio, eleemosynas facimus ; quando liberantur et sunt in patria, libenter orantpro nobis » (S. Tho.m., Serm. 1, de mortuis. édit. dô

4y r^ FAUT. — E.\SEli;\EMF,NT C.VTHOI-. SUR LES INDULGENCES

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