X. DISPOSITIONS NÉCESSAIRES. — ÉTAT DE GRACE
certaine, il vaut mieux, dans la pratique, s'en tenir au sentiment contraire, qui est le plus sûr.
L'évêque de Saint-Flour proposa à la S. Congrégation des Indulgences la question suivante : Celui qui est en état de péché mortel peut-il gagner au moins pour les àmes du purgatoire les Indulgences pour lesquelles la communion n'est pas prescrite '! Le 22 février 1847, il reçut la réponse: « Consulat probatos auctores ». La S. Congrégation n'a donc rien voulu décider ; l'affirmative et la négative sont soutenues par des auteurs fort estimés.
Relativement aux Indulgences pour lesquelles ni la confession, ni la communion, ni la contrition parfaite, ne sont preso'iies, l'opinion plus large peut être d'une grande utilité. Elle permet d'encourager celui qui est en état de péché mortel à essayer du moins de gagner des Indulgences pour les àmes du purgatoire. Qu'il tâche de faire un acte de contrition parfaite ; si cet acte ne lui réussissait pas. il peut espérer cependant de faire par les Indulgences quoique bien aux àmes du purgatoire et obtenir ainsi plus facilement pour luimême la grâce de la conversion. Cette opinion, toutefois comme nous avons dit, n'est pas certaine.
Lors donc que nous voulons gagner une Indulgence pour les morts, purifions auparavant notre âme, réconcilions-nous avec Dieu par une bonne confession, excitons du moins dans nos cœurs un vrai regret de nos fautes, et promettons au Seigneur de recourir au plus tôt au sacrement de la réconciliation. Notre charité pour nos frères deviendra ainsi le principe de notre propre sanctification.
Comme d'ailleurs la plupart des Indulgences plénières exigent, comme conditions indispensables, la confession et la communion, il est évident que pour les gagner il faut être en état de grâce. Dans la concession des Indulgences partielles, la confession n'est pas ordinairement requise ; mais on a coutume d'y ajouter cette clause .• corde sallem conlrito, c'est-à-dire qu'il faut avoir au moins le cœur contrit, ou, pour parler plus juste, un cœur réconcilié avec Dieu. Ces paroles, d'après une déclaration de la S. Congrégation des Indulgences, n'expriment pas autre chose que l'état de grâce où doit être celui qui veut gagner une Indulgence même partielle. Celui donc qui est déjà en cet heureux état n'a pas besoin de faire un acte de contrition; celui qui n'y est pas, doit nécessairement se réconcilier d'abord avec Dieu, au moins par un acte de contrition parfaite (Décret, auth., n. 427).
68 r^ PART. — ENSEIGNEMENT CATIIOL. SUR LES INDULGENCES
S 3. — L'accomplissement des œuvres prescrites en général.
Ces œuvres, commandées par les bulles ou brefs d'Indulgences, il faut les accomplir personnellement * et intégralement, au temps marqué, et sans doute aussi avec piété et en esprit de pénitence ; car des œuvres accomplies sans dévotion, sans recueillement, par vanité peut-être, ne répondraient guère aux intentions qu'a eues le Souverain Pontife en accordant l'Indulgence (voy. le décr. du 21 mars 1820; Decr. auth., n. 2b0).
Gomme ici tout dépend de la volonté du dispensateur, l'omission volontaire ou involontaire de quelqu'une des conditions exigées, ou môme Timpûssibilité de la remplir, ou l'ignorance, empêchent lapplication de l'Indulgence. Dans la nouvelle édilion de la Raccolia, p. xiii, il est dit : « Si, par ignorance, par négligence, par impossibilité ou pour quelque motif que ce soit, quelqu'un omet, en totalité ou en grande partie, une œuvre prescrite ou une des conditions déterminées de temps, de lieu, etc., il ne participera pas à l'Indulgence, à moins que l'œuvre qu'il n'accomplit pas n'ait été légitimement commuée pour lui en une autre » (voy. S. Liguori, lib. VI, tract. 4, n. 534). Toutefois une omission très légère relativement aux œuvres ordonnées n'empêcherait pas de gagner l'Indulgence ; comme, par exemple, l'omission par distraction ou négligence d'un ou de deux Ave Maria dans la récitation du rosaire. Car, suivant la maxime des théologiens, parum pro nihilo rcputalur ; mais le parum doit s'entendre toujours relativement à ce qui est exigé.
Lorsque plusieurs bonnes œuvres sont prescrites, on est ordinairement libre de les accomplir dans Vordre que l'on veut, pourvu que la dernière, comme nous l'avons dit, soit faite en état de grâce. Car la formule qui accompagne généralement la concession des Indulgences plénières : ceux qui, vraiment pénitents, s'étant confessés et ayant reçu la sainte communion, visitent une éylisc, etc., ne veut pas dire que la visite de l'église, les prières pour le Pape et ainsi du reste, doivent se faire néceseairemcnl après la confession et la communion. Nous en avons
1. C'est-à-dire qu'on ne penl pas l'^s faire faire par un autre, sauf peut-èlr» |uand il s'agit de l'aumône exigée d'urJinaire pour l'Indulgence du jubilé.