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X. DES PRIÈRES PRESCRITES POUR GAGNER LES INDULGENCES

1er, déclara qu'il était sans doute très louable de prier intérieurement aux intentions prescrites, mais qu'il fallait toujours ajouter aux invocations du cœur une prière vocale, tandis que celle-ci était suffisante à elle seule. « Injunctœ pue preces... ad fines Nobis propositos... effundendx satis erit, si vocales fuerint. Qui sola mente ad eosdem fines dévote orare voiuerit, laudandus est ; aliquam tamen etiam vocalem orationem adjungat ». (Constitution Convocatis du 2o novembre 1749, § 51 ; cf. Encyclique ad Pœnitentiarios romanos Inter prœieritos du 3 déc. 1749, § 8J).

Cette prescription particulière de Benoit XIV indiquait déjà assez clairement comment on devait résoudre la question générale qui nous occupe. On le pouvait conclure aussi d'une manièi'e fort probable du décret plus récent de la S. Congrégation, relatif aux sourdsmuets, et dont nous parlerons tout à rheure, au n^» 9 de ce paragraphe. Du reste, bien avant ces décisions positives, la même conclusion pouvait se tirer déjà de ce principe que l'Église ne prescrit pas ordinairement des actes purement intérieurs; principe généralement admiset dont s'est servi saint Alphonse de Liguori pour établir l'opinion « plus commune de son temps, mais non la seule probable », qu'on devait toujours aux prières mentales ajouter au moins quelque prière vocale pour gagner l'Indulgence du jubilé {Theol. rnor., L.Yl, n^ 538, qiixritur X'); principe dont l'Église ne s'écarte jamais dans la pratique, puisque aux mourants eux-mêmes elle demande d'invoquer de bouche le saint Nom de Jésus, l'invocation de cœur ne suffisant pas pour leur faire gagner l'Indulgence plénière, sinon dans le cas où toute prière vocale leur serait devenue impossible.

Aujourd'hui, comme nous l'avons dit, la question est résolue par la décision récente de la S. Congrégation. Chaque fois que l'on doit prier aux intentions du Souverain Pontife pour gagner une Indulgence, on satisfait à cette obligation en récitant miiquement quelques prières vocales. Que si quelqu'un veut prier intérieurement à ce but, les supplications qu'il adressera ainsi à Dieu, loin d'être proscrites, seront au contraire fort louables et contribueront par là même à l'accomplissement de l'obligation imposée; mais elles ne sufTiraient pas à elles seules et il faudra toujours y ajouter au moins quelque prière vocale.

3* La plupart des auteurs enseignent que cinq Pater et cinq Ave, ou d'autres prières de même longueur, remplissent la condition exigée de prier aux intentions du saint Père. Suarez, Tiiéodor. a Sp. S. et d'autres docteurs pensent qu'une prière même plus courte suffit encore ; car, disenl-ils, la prière enjointe pour gagner l'Indulgence ne doit pas s'estimer sur le temps qu'on y consacre, mais sur la dévotion et la ferveur avec lesquelles on la fait. Toutefois, lorsque dans l'acte de la concession de l'Indulgence il est dit qu'il faut prier pendant un certain temps {per aliquod temporis spatiwn), le P. Théodor. a Sp. S. {de

78 r* PART. — r.NSElGNKMENT CATIIOL. SUR LES INDULGENCES

Indulg. I, p. 320) estime qu'une priôre d'une certaine durée est presci'ilo. et qu'en conséquence une toute petite priôre ne suffit pas. Mais la Raccolta romaine ne signale pas dans son introduction une semblable distinction. Cependant toutes les fois que les mots « pendant un certain temps » se trouvent dans les concessions des Indulgences, nous aurons soin de l'indiquer plus tard dans la seconde partie de cet ouvrage.

La S. Congrégation des Indulgences a été interrogée à dinérentes reprises sur la question de savoir s'il suffit de dire cinq Pater et cinq Ave pour remplir la condition ordinaire de prier aux intentions du Souverain Pontife.

Tout récemment encore (13 sept. 1888), elle a été sollicitée expressément de se déclarer pour l'un ou l'autre des sentiments opposés sur cette matière. Mais la S. Congrégation se contenta de renvoyer à sa réponse antérieure du 29 mai 1841 : « Prcces reqxiisiiac in Indulgentiariim concessionibus ad implendam Siimvii Pontificis inlentionem sn7it ad uniuscujusquc fidelis libitum, nisi petuliariler assignentur » {Décret, axilh. n. 291 ad 3 ; Acta S. Sedis., XXI, 192). Par conséquent la S. Congrégation n'a pas voulu donner de décision sur le point débattu, mais laissera tous pleine liberté.

4° Quand, parmi les conditions d'une Indulgence à gagner, l'induit prescrit de visiter une église et d'y réciter certaines prières, il faut non seulement faire la visite demandée, mais prier dans l'église même aux intentions du Souverain Pontife. Si cette condition n'est pas formellement exigée, on peut faire les prières en n'importe quel endroit {Raccolta, introd., p. xxiv, 6).

t)° Il n'est pas nécessaire de réciter à genoux les prières auxquelles sont attachées des Indulgences, à moins que cette condition ne soit exprimée dans l'acte de concession (décision du 18 septembre 1862; Raccolta, p. xv).

6° On peut réciter les prières pour gagner les Indulgences, ou seul ou alternativement avec d'autres, comme on a coutume de le faire, par exemple, dans la récitation du chapelet, de l'Angelus, etc.. {Decr. auth., n. 249 ad 4).

7' Si conformément à ce que nous avons dit (n" 8, p. 72), on désire gagner plusieurs Indulgences plénières le même jour, il faut prier autant de fois aux intentions voulues par l'Eglise {Raccolta, inlroduc. p. xxv) et accomplir autant de fois les autres œuvres prescrites.

8° Ces intentions dos Souverains Pontifes, dans les prières qu'ils exigent presque toujours, sont l'exaltation de l'Eglise catholique, la propagation de la foi, l'extirpation des hérésies et

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