‹ Les Indulgences, leur nature et leur usageChapitre 52 sur 396 · X. TEMPS UTILE POUR GAGNER LES INDULGENCES · texte numérisé non relu

X. TEMPS UTILE POUR GAGNER LES INDULGENCES

des schismes, la conversion des pécheurs, la paix et la concorde entre les princes chrétiens, et les autres besoins de la chrétienté.

Il n'est pas nécessaire, pour gagner l'Indulgence, de repasser dans sa mé'iioirc toutes ces fins particulières ; il suffit de penser qu'on va prier à l'intenlioii du Chef de l'Église (Décr. du 12 juil. 1847; Decr. autli., n. 344 ad 3).

9° Eu faveur dos sourds-muets, qui ne peuvent pas réciter les prières prescrites, la S. Congrégation des Indulgences a porté un décret, le 10 février 18u2, confirmé par Pie IX, le 15 mars de la même année. D'après ce décret : 1° Il suffit aux sourdsmuets, quand la visite d'une église est prescrite, de faire cette visite dévotement en élevant vers Dieu leur esprit et leur cœur. 2° Il leur suffît encore lorsque des prières publiques sont prescrites, de prier d'esprit et de cœur, pourvu toutefois qu'ils se trouvent réunis aux autres fidèles dans le môme lieu. 3° S'il s'agit de prières privées, les confesseurs peuvent les commuer pour eux en d'autres pratiques de piété rendues sensibles en quelque manière [Raccolta, p. xvi).

§ 7. — Le temps de V Indulgence.

Les œuvres prescrites dont il a été question — visite, prières, etc., doivent être accomplies généralement dans un espace de temps déterminé, appelé temps de VIndulgence. Ce temps est marqué dans les actes de concession *. [Decr. aiUh.,n. 291, ad 4). Nous devons faire sur ce sujet les observations suivantes : 1. Le temps d'une Indulgence accordée pour un jour désigné va de minuit à minuit (décision du 12janv. 1878) à moins que l'acte de concession ne marque formellement une autre délimitation. Cependant, quand l'Indulgence est donnée pour une fête, le Saint-Père accorde d'ordinaire qu'on puisse déjà la veille dès les premières vêpres accomplir les œuvres prescrites pour gagner l'Indulgence 2. On ne doit pas commencer cependant « avant

1. Toutefois, comme nous J'avons vu, la confession et la communion peuvent toujours se faire un juur jlus tôt (v. plus haut, § 4, n. 2, p. 70).

2. Cette concession que l'Irdulgence commence avec les premières vêpres, n'est presque jamais accordée pour les 5-imples dimanches de l'année, à moins qu'on ne le demande expressément, ou qu'une fête ne tombe le dimanche ou n'y soit légitimement transférée. D'ailleurs même quand l'Indulgence est accordée pour une fête, il ne s'en suit pas qu'on puisse U gagner dès les premières vêpres ; il faut que ce privilège soit ex-

riieure où se récilenl luibliqucmcnl les vêpres suivant la coutume » {RaccoUa, p. xxii).

Le P. Théodor. a Sp. S. fait ici l'observation suivante {de IndulQ., II, 74) : « Si dans l'église à laquelle est accordée une Indulgence pour une léte, les vêpres étaient omises ou cliantées plus tard que de coutume, le temps de l'Indulgence ne serait pas pour cela dilîéré ; les fidèles pourraient toujours la gagner à partir de l'heure où d'ordinaire on récite vêpres dans cette église. Telle est l'opinion de presque tous les auteurs... Le, temps des premières lèpres commence donc... à l'heure à laquelle^ d'après l'usage généralement accepté et approuté par l'Église, on peut réciter les vêpres au chœur », c'est-àdire, dans nos contrées, vers deu.x heures de l'après-midi. — Martinucci. dans son Manuale ecclesiasticorum, dit en général : Qux quidem Indulgentix non inc'ipiunt pro die sequenti, 7nsi in primis vesperis more ordinario, i. e.Jiora circitcr secunda pomeridiana i». Mais dans le Carême (excepté les dimanches), le temps des « premières vêpres» commence déjà avant midi, à l'heure où l'on dit vêpres au chœur, c'est-à-dire, après la dernière messe, vers 10 ou il heures du matin (P. Théodor. a Sp. S., l. c, p. 73).

2. Le temps de l'Indulgence pour les fêtes dure d'ordinaire jusqu'au coucher du soleil, et même jusqu'à la fin du crépuscule : car, dit la Raccolta (p. xxii), « les mots usque ad occorsum solis signifient le crépuscule ». C'est aussi ce que déclarait déjà le pape Benoît XIV dans sa bulle du jubilé du 5 mai 1749 : usque ad integrum ipsius... diei vespertinum crepusculum. Ceux donc qui ne trouvent de moment libre qu'au soir, peuvent, sans difficulté, faire la visite prescrite, aussi longtemps qu'il fait jour et même encore pendant le crépuscule.

primé expressément dans l'acte de concession, autrement le temps do l'Indi;!gence (il faut touiours excepter la confession et la communion) r.o commeiico qu'à minuit. Cette règle a été de nouveau coniirmée p.ir une réponse de la S. Con!::ro2;ation du 16 juillet iSS7, approuvée par \n Saint-Père : c Die 12 januarii 187S re.-oluni:,i fuit a .S. C.onf;reg. Induli^entiarura et SS. Heliquiai uni quoii. iiisi aliud expre-^se habontur in iadultif-i huiuigenlia) lucrandœ incipiant, non n 'j^riuiin vesf^cris, «ed a me.iiu '.locl'^ o.d liirdiam nocteni. Jam vero quauitur, an hoc ila stricte intclligeruiiau veuiat, ul non incipiant nisi a medin ad vxedinon noctem etiain iUœ Indulgenli.-c lucramiœ in festis, si in earum conce-^sionibu.- non addatiir clausuLi (t yritnis vesperi.<9 Respond. Slandiim terinihiaCO'iicc.<;sionis (Acta S. Sdlis, XX, 6o, ad iV, Cfr. Raccolta, p. xxn^.

1. C'est ainsi, par exeiiiple. qu'à Rome même, les PP. Conventuels, dans leur église des Douzc-ApoU-es. récitont les vêpres au chceur, le 1" août, à 2 lieuros après midi : par conséquont, ou peut conunencerà la même heure les viï.tes do l'éj^lise pour jj'agnc-r ITnJulgence de la Portioncule.

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