XI. ATTRIBUTIONS DE LA S. C. DES INDULGENCES
grande partie. Lorsque, en 1681, ce prélat fut élevé au cardinalat, on ne nomma point de nouveau secrétaire à sa place. Par suite, les travaux commencés restèrent interrompus pendant un temps considérable, et ne furent repris que lorsque Clément XI, en 1710, eut reconstitué la Congrégation. A cette époque, le même Pape donna ordre de recueillir avec soin, de coordonner et de conserver dans les archives de la Congrégation tout ce qui avait été traité et décidé dans les temps anciens et nouveaux relativement aux Indulgences et aux reliques des saints.
« Depuis Cément XI.. tous les actes se trouvent dans ces archives. 11 en ressort que la Congrégation tenait alors ses sessions une ou deux fois par mois, dans le palais apostolique, pour répondre aux questions et aux doutes qui lui étaient proposés et pour délibérer et décider s'il fallait accorder ou non les demandes d'Indulgences ou d'autres faveurs semblables. Quand il s'agissait de cas importanis, le secrétaire en référait au Pape dans une audience particulière. Presque toutes les questions étaient alors examinées et décidées dan>i la session même ; et. après en avoir référé, en cas de besoin, au Souverain Pontife et avoir obtenu sa sanction, le préfet et le secrétaire faisaient l'expédition des actes tant au nom de la Congrégation que ex audientia SSmi. Cependant tous les induits proprements dits étaient donnés en ce temps-là en forme de bref et rédigés par la Secrétairerie des Brefs, d'après le rescrit de laCongrégation.
« Depuis Clément XIII, les sessions devinrent moins fréquentes. Vraisemblablement les véritables doutes qui devaient être résolus par la discussion, étaient devenus plus rares, et trouvaient déjà leur solution dans une pratique antérieure. D'un autre côté cependant, les demandes d'indulls augmentèrent en nombre ; ces dernières, munies de l'avis d'un consulteur. étaient toujours portées à l'audience du Souverain Pontife ; et ainsi l'on vit se multiplier ces audiences du secrétaire, tandis que les sessions devinrent plus rares » (Bangen, l. c.).
La Congrégation se compose Ju cardinal préfet, et d'un nombre de cardinaux déterminé par le Pape (on en compte vingt-neuf aujourd'hui), d'un nombre à peu près égal de consulteurs, du secrétaire, qui est prélat, et de son substitut. Parmi ces consulleurs se trouvent, non seulement Mgr le sacriste, le secrétaire de la Congrégation des Fûtes, le promoteur de la foi et le préfet des cérérnonies, mais encore un certain nombre de prêtres distingués, tant séculiers que réguliers. Un des plus célèbres consulteurs fut le P. Théodore du Saint- Esprit, de l'ordre des Carmes déchaussés, très connu par son
88 I" r.VRT. — ENSEIGNEMENT CATIIOL. Sl'R LES INDULGENCE
ouvrage classique de Indulgenliis^ qu'il dédia au pape Benoît XIV, alors heureusement régnant.
2° Attributions de la S. Congrégation. — D'après la pratique actuelle^ les questions ou matières dont s'occupe la S. Congrégation des Indulgences sont de quatre sortes: il y en a qui doivent être soumises à l'audience que le Souverain Pontife accorde une fois par mois, le mois d'octobre excepté, au secrétaire de la S. Congrégation; d'autres doivent être proposées aux sessions solennelles ; le cardinal-préfet et le secrétaire en règlent un certain nombre en dehors des sessions, et d'autres enfin sont décidées par la Secrétairerie toute seule.
a) — Dans Vaudience, le Saint-Père accorde des Indulgences pour la fêle titulaire d'une église, pour le dernier jour d'une mission, pour la clôture des stations del'Avent et du Carême, les Indulgences des stations de Rome, de la Portioncule, de l'autel privilégié, et d'autres faveurs semblables. Les suppliques dans lesquelles on demande ces faveurs, sont examinées avec soin à la Secrétairerie ; on marque brièvement ce qui peut être allégué pourri contre la concession, et on le propose au cardinal-préfet. Dans le cas où celui-ci donne son consentement, la supplique est portée à l'audience par le secrétaire. Les faveurs ainsi accordées sont transmises ordinairement au pétitionnaire par un rescrit signé du cardinal préfet et du secrétaire.
5) — Dans les sessions solennelles ou générales de la Congrégation, on résout les doutes et les difficultés plus sérieuses relativement aux Indulgences et aux reliques des saints, on proscrit les abus qui ont pu s'introduire, et en général on traite de ce qui est nécessaire pour que, selon le vœu du concile de Trente, tout ce qui touche aux Indulgences et aux saintes reliques se fasse partout dans l'Église avec piété, sainteté et intégrité- : pie, sancle et incorrupte. Un ou plusieurs consulleurs doivent donner par écrit leur avis motivé (votum) sur les matières qui sont proposées dans les sessions de la S. Congrégation. L'évêque du diocèse ou le procureur général de l'ordre qui ont fait une demande, sont priés, en cas de besoin, de donner de plus amples explications. Les votes des consulteurs, les rapports des évêques et des procureurs généraux et tous les documents nécessaires sont imprimés et distribués à tous les consulteurs. Dans une réunion de ces derniers présidtie par le secrétaire [Congregatio prœparatorià), cha-