XI. ATTRIBUTION? DK LA S. C. DES INDULGENCES
cun d'eux expose sa manière de voir sur la décision à prendre. Le secrétaire rédige un rapport sommaire de la session des consulteurs, le fait imprimer et l'envoie avec les différents avis et autres documents à tous les cardinaux qui font partie de la Congrégation. Ces derniers se réunissent peu après en session solennelle. Leurs décisions et réponses sont ordinairement communiquées au Siiinl-Père et approuvées par lui ; nuis, lors même que celui-ci ne donnerait pas son approbation expresse, ou que le rapport ne lui aurait pas élé présenté, les décisions ou décrets de la Congrégation n'en ont pas moins pleine vigueur, dès qu'elles portent la signature du cardinal préfet et du secrétaire. Dans le cas seulement où une décision porte la clause : facto verbum ciim S'Swo, ou une autre semblable, il faut de toute nécessité présenter un rapport au Saint-Père et obtenir son approbation.
Les décrets ditïèrent des rescrits. Le rescrit suppose une supplique et en est comme la ré])onse : il accorde, spécifie ou refuse les faveurs demandées. Le décret ne suppose pas de supplique ; c'est une ordojmaacL', un jugement, une loi. Cependant, dans la pratique, comme les décrets sont le plus souvent provoqués par les demandes failcs, ou des doutes proposés aux Congrégations romaines, ces deux mots sont quelquefois employés l'un pour l'autre, même par la Congrégation des Indulgences. On donne notamment le nom de décrets aux simples réponses, lorsqu'elles renferment des règles, des décisions ou des concessions générales, et qui sont le plus souvent publiées sous le titre Urbi)> et Orbift; tandis que les rescrits proprement dits ont une importance plus restreinte et plus locale. Ces derniers toutefois ont souvent aussi un certain intérêt général, en ce sens qu'ils montrent l'esprit et l'application pratique des décrets. Les concessions accordées par rescrits à des particuliers ou par décrets à tous les fidèles sont nommées induits ou concessions.
c). — Par l'organe du cardinal -préfet et du secrétaire qui prennent l'avis d'un ou de plusieurs consulteurs, la S. Congrégation des Indulgences, sans se réunir en session générale, résoud les doutes et les difficultés de moindre importance ; clleaccorde, en vertu de pouvoirs spéciaux que lui a conférés le Souverain F*onlife, la faculté de bénir les chapelets, les crucifix, les médailles, etc., et d'y attacher non seulement les Indulgences apostoliques, mais aussi celles de sainte Brigitte; elle prolonge la durée des Indulgences antérieurement accordées, et donne la faveur d'une Indulgence plénière à l'heure de la mort ; enfin, elle corrige les fautes qui se sont glissées dans l'érection des
yU l'" PART. — F.NSEIGNLMENT CATII. SUR LES INDULGENCES
confréries, des chemins de croix, etc., et dispense super lege distantix.
d) — La Secrétairerie toute seule donne des explications et des décisions, signées par le secrétaire ou par son substitut, quand on propose des doutes et des difficultés qui, dans des cas identiques ou semblables ont déjà été résolus, soit par la Congrégation des Indulgences, soit par une autre commission du Saint-Siège, ou bien qui doivent se résoudre d'après des principes connus d'ailleurs. Ces explications et décisions de la Secrétairerie n'ont pas, il est vrai, l'autorité de la S. Congrégation elle-même; maiselles ne sont pas cependant de médiocre importance, parce qu'elles sont données par des hommes très compétents, et qu'elles nous font connaître la manière de voir de la S. Congrégation.
3° Ouvrages publiés par la S. Congrégation. — Terminons par quelques remarques sur les Recueils officiels qui ont été publiés dans ces derniers temps par la Congrégation des Indulgences.
a) — Le premier est intilulé : BaccoUa di orazioni e pie opère fjcr le quali sono stale concesse dai Somni Pontefici le SS. Indulgenze ; Roma, tipografia poliglolla délia S. C. di Propaganda Fede, 1886. Il est écrit en italien et contient « toutes les prières et bonnes œuvres que le Saint-Siège a enrichies d'indulgences jusqu'à nos jours », avec l'indication exacte des Souverains Pontifes qui les ont acordées, et des conditions requises pour les gagner. Dans le principe (de 1807 à 1877) ce Recueil n'était guère que le travail personnel d'unconsulteur, et plus tard d'un substitut de la Congrégation^ ; et, bien que celle-ci l'cûl reconnu
1. Télesthore galli, clmnoine de Siiinle-Marie in Cosmedin à Ro;! e elcoiisulleur de la S. Congrégalion des Indulgences, publia pour la première fuis la RaccoUa en 1807 .C'était un prêtre distingué par sa piété et plein de zèle, qui propagea en Italie diirérentes, pratiques pieuses. Il avait une dévotion toute spéciale aux âmes du purgatoire, et leur appliqua par l'acte héroïque de charité, tous les sulïrages qu'on ferait pour lui après sa mur! (-J- 17 levr. 1845). Poussé par sa dévotion favorite, il ordonna dans son testament qu'on gravât sur sa pierre lumulaire une inscription dau'^ laquelle, du fond môme de sa tombe pour ainsi dire, il exhortait encore les fidèles à prier pour les àires du purgatoire. — A chaque nouvelle édition delà A'accoJta, qui fut souvent réimprimée, le pieux chanoine avait eu soin de placertoujoursen tète de son livre une louchante dédicace à ses chères âmes encore détenues dans le lieu d'expiation (/iacco/fa de PRi.NziVAi.Li.lo'édit. Rome, 1855, p. v). On a toutlieude croire que la concession qui, quelques années plus tard, autorisa les lidèlei à api liquer aux âmes du purgatoire toutes les Indulgences renfermées dans la RaccoUa, fut la récompense du zèle cl des prières de son premier auteur. — Aprcsla mortde Galli, Aloy^e Printivalli, tubslitutde la S. Congréga-