XV. INDULGENCES FAUSSES
Les souverains pontifes, unissant leurs efforts à ceux des ;onciles généraux, n'ont jamais cessé, jusqu'à nos jours, par le noyen des Congrégations romaines, leurs organes, de signaler i l'attention des évèques cet objet important de leur vi- ^•ilance pastorale (voyez p. 101). Dans ce but, Clément IX, itablit en 1669, la S. Congrégation des Indulgences, qui est )rincipalement chargée d'abolir les abus et de proscrire les Inlulgences fausses et apocryphes, etc.. (p. 86). Déjà avant cette poque, d'autres Congrégations romaines, en particulier celle de 'Inquisition, avaient stigmatisé publiquement comme fausses oute une série d'Indulgences suspectes (ïheod. a Spir.S.,II, 247) [ue la Congrégation des Indulgences a depuis lors condamnées le nouveau avec beaucoup d'autres. Les Décréta authentica [u'elle publia officiellement dans ces derniers temps, contienlent, sous la dénomination de « Indulgentife afjocryphee », une 'ingtaine de décrets par lesquels un grand nombre de fausses ndulgences et de faux sommaires sont frappés de condamnaion.
Beaucoup de ces Indulgences condamnées portent déjà le caactère de leur fausseté dans leur singularité même ou dans leurs )romesses exagérées ; d'autres sont des imitations plus ou noins habiles de véritables concessions d'Indulgences. Parmi elles qui ont été condamnées dans les siècles derniers, citons es suivantes :
Sont fausses et défendues les Indulgences que Jean II et Sixte IV luraient attachées à la prière « Precor te, piissime Domine ». — Les ndulgences des croix de Caravaque, dont l'origine vient d'Espagne, ;oncédées, dit-on, par S. Pie V. — Les Indulgences que le pape Eu- ;ène III aurait accordées, à l'instance de saint Bernard, à ceux qui lisent trois Pater et trois Ave en Thonneur de la plaie de l'épaule de 'Jotre-Seigneur Jésus-Christ. — Les raille ans d'Indulgences concédés I ceux qui portent la mesure de la plaie du côté de Notre-Seigneur fésus-Christ ou la mesure de sa taille. — Les Indulgences de dix nille jours ou années que Léon X et Alexandre VII ont, dit-on, ittachées à un petit chapelet nommé Couronne des vertus de Marie. - Les Indulgences que Sixte V, Urbain VIII, Innocent X, Alexan- Ire VII et Clément IX auraient attachées aux croix et aux chapelets ails à Jérusalem ou à Bethléem i. — Les Indulgences qu'on attribue
envoie les évèques, pour la distinction des vraies et des fausses Indulgenes, à l'ouvrage de Benoît XIV de Synodo diœcesana ; en cas de doute, ils loivent s'adresser à la Congrégation elle-même (Ûecr. auth., n. 371). i. Les vraies Indulgences pour les chapelets ou les croix delaTerre sainte leront indiquées plus loin (part. II, sect. III).
aux grains, chapelets et croix de Louise de rAscension, religieuse Clarisse espagnole. — Les Indulgences que quelques papes auraient allachées, à la demandi' du grami-diic de Toscane, au chapelet de la passion de Nôtre-Seigneur. — Lt;s Indulgences de l'oraison trouvée, dit-on, dans lescpulcrede Notn^-Scigneur, d'après les révélations qu'eneurcnt sainte IJiigilte, sainte Mechtilde et sainte Élisaheth. — Les Indulgences qu'on dit avoir été accordées à ceux qui, pendant le Carême, visitent l'église de l'ordre des Franciscains, et à ceux qui portent le cordon de saint François ■!. — Sont pareillement fausses les Indulgences qui délivreraient par jour, par semaine, par an, deux, trois, cinq âmes du purgatoire, et plus encore ; celles accordées par Clément VIII à coux qui portent sur eux l'image du saint suaire ou qui récitent la prière de l'Église pour la fête du linceul de iNotre-Seigneur (0 Dieu qui... 2) ; celles attachées aux quinze oraisons que .Notre-Seigneur aurait révélées à sainte Brigitte, reine de Suède. Rien n'est plus absurde et plus contraire aux principes de la foi que les promesses faites à quiconque récitera ces oraisons pendant un an. — Les Indulgences de l'alliance sous la protection de Marie Auxiliatricc (Mari;r auxiliatricis], dite « Alliance spirituelle des vivants avec les morts ». Toutes les associations de ce titre et leurs sommaires d'Indulgences sont condamnés, comme aussi les confréries des Esclaves de Marie, avec leurs insignes (chaînes que l'on porte au bras ou au cou). — Les billets d'Indulgences qui préservent du tonnerre. — Les Indulgences accordées à tous ceux qui payent une certaine somme d'argent (Cfr. Théodore a Sp. S., Il, p. 247 et seq., et Décret, auth., n. 48, 78, 93,; 106, etc.).
Notons à cette occasion que le concile de Trente (sess. XXI, cap. ix) a complètement aboli le nom et l'office des anciens que' leurs, qui se sont rendus coupables de tant d'abus en publiant les Indulgences ; il a également annulé tous les privilèges qui pouvaient s'y rapporter. H statua en outre que dorénavant toutes les Indulgences seraient accordées gratuitement : nulla prorsus mercede accepta. En conséquence, le pape Fie IV, en 1562, publia le décret Decet Romanum Pontificem, en vertu duquel toutes les concessions d'Indulgences devaient être srraluites 3 ; et S. Pie V, en Lo67, révoqua, dans sa bulle Etsi Do-
1. Nous parlerons dans le cours de cet ouvrap:e des Indulgences vraies attachées à l'archiconfrérie du cordon de ?aint François (part. Il, sect. I\').
2. Cette prière, à laquelle sont encore attachées d'autres promesses superstitieuses, est une de ces prières à fausses Indulgences qui se propageDt encore très l'réquemment de nos jours.
3. On n'agit pas contrairement à ce décret, en exigennî de ceu.x qui sollicitent des grâces de ce trenre une taxe pour l'expédition des documents. Cette taxe sert en partie à couvrir les (Vais d ; bureau de la clian •elleri»>, t^t en partie à payer rai,'ent qui est char;.'é de porter les suppli ]ues à leurs destinations, d en poursuivre le succès et d'aller che:cher les réponsda.