‹ Les Indulgences, leur nature et leur usageChapitre 68 sur 396 · XV. INDULGENCES FAUSSES · texte numérisé non relu

XV. INDULGENCES FAUSSES

minici gregis, toutes celles pour lesquelles il fallait payer quelque chose, ou qui accordaient le droit de recueillir des aumônes : pro quibus consequendis manus sunt porrigendie adjutrices, et qiœ qwcsluandi facultatem quomodolibet continent. Dans une autre bulle de l'année 1570, Quam plénum, le même Pape ordonna aux évoques de détruire tous les brefs d'Indulgences pour lesquels il fallait donner une rétribution pécuniaire, et déclara nuls tous les documents et toutes les concessions de ce genre (P. Tiieod. a Sp. S., I, 103, et seqq.)

Revenons à notre sujet. Dans ces derniers temps, ont été décla rées fausses et apocryplies les Indulgences suivantes: 1° Celles des Litanies de Notre-Dame de pitié. On a dit que Pie VII les avait composées durant sa captivité, et qu'il avait attaché à leur récitation une Indulgence plénière à gagner tous les vendredis. Ces litanies imprimées s'étaient déjà n^pandues dans la ville de Naples et aiU leurs en 1821. On demanda au Souverain Pontife s'il en était vraiment l'auteur, et Pie Vil répondit : Je n'ai songé 7ii à les composer nia leur appliquer des InduUiences. Il lit écrire en conséquence à l'archevêque de Naples, aiin que celui-ci interdit ces litanies dans son diocèse.

2o Apocryphe aussi est rindulgence de deux cents jours que le même Pie Vil aurait accordée pour chaque lettre d'une prière à la sainte Vierge, en vers français : Que ta pureté soit bénie, etc..

3" Sont de même controuvées les faveurs que Ton dit être attachées aux exemplaii es d'une lettre que la sainte Vierge aurait écrite aux liabitanls de Messine, et dont l'original se conserverait dans cette ville.

4° Sont également apocryphes les Indulgences de ce?'fains crwcifix qu"on a cherché à répandre en France et ailleurs. Sur une feuille imprimée à ce sujet on lit : « Par faculté spéciale obtenue le 1" juin 1804, de Notre Saint-Père le pape Pie VII, confirmée par unrescrit en date du 1H novembre 1805, et renouvelée encore par Notre Saint-Père Pie IX le 15 novembre 1832, sont attachées à ce crucifix les Indulgences suivantes... ». Puis on énumère une série d'Indulgences plénières et partielles, celles des stations de Rome et du Chernin de la croix, etc. On ajoute que ces Indulgences seraient valables aussi pour ceux à qui le propriétaire du crucifix juge à propos de le léguer, de le doiiner ou de le prêter, etc. La S. Congrégation (14 avril 1856) a déclaré toutes ces Indulgences apocryphes (Decr. auth., n. 248 et 376).

5° Est pareillement apocryphe l'Indulgence de mille quatre-vingts jours que Pie IX aurait attachée à une médaille qui représente la

Toutes ces démarche^, vu le grand nombre de suppliques qui arrivent de tuus les pays, occasionnent beaucoup de déplacements et de frais. Aussi quiconque a vu la chose de près, pour peu qu'il en juge équitablement, ne l'ouvera pas celte taxe trop forte.

110 r« PART. — ENSEIGNEMENT CATHOL. Srm LES INDULGENCES

sainte Vierge tenant sur ses genoux le corps de son divin Fils descendu de la croix L'inscription gravée sur le revers de la médaille porte qu il faut, pour gagner cette Indulgence, réciter un ^ce jjana en présence de celte image (Derr. auth., n 370)

00 Lnlin, sont apocrypi.es les Indulgences des chapelets de la bienheureuse Jeanne de Valois, telles qu'on les trouve dans un livre qui a paru en 1878 à ïeschen (Silésie), et qui a pour titre : r Ordre de la paix, ou Trois Dévotions en l'honneur de la très sainte Vierne. Ce livre a été prohibé par un décret de la S. Congrégation des In-

Sî??''^"»^-^^-^^''^-^^?- Les Indulgences vraies at'tachées à ces cùapelets sont indiquées dans ce même décret {Decr. auth., n. 448).

Ajoutons, en terminant ce paragraphe, quelques règles générales pour discerner les Indulgences fausses des vraies.

1° Lorsqu'il s'agit d'Indulgences attachées à des prières que ious^es/idt'^es du monde entier peuvent gagner, il faut prendre pour guide et pour règle la nouvelle Raccolta romaine Voyez plus haut (p. 90) ce que nous avons dit de la valeur et du contenu de ce recueil i. Comme nous l'avons déjà observé nous nous en tenons exactement à la Raccolta dans le présent ouvrage. Relativement à d'autres prières qui n'y sont pas contenues, elle s'exprime elle-même dans son introduction, p. XXIX, de la manière suivante : « On trouve sur des feuilles volantes, dans de petits livres, etc., beaucoup de prières et d'œuvres pies enrichies d'Indulgences, qui auraient été accordées dit-on, par divers papes, el, que tous les fidèles pourraient gagner. Cependant elles ne sont pas consignées dans ce Recueil parce que lesdites Indulgences n'ont aucune valeur, tes actes sur lesquels repose la concession n'ayant pas été déposés à la becrétairerie des Indulgences » (Voyez plus haut, p. 101).

2^ Lorsque des Indulgences ne sont accordées que pour tels diocèses, tels pays, telles confréries, telles églises., etc., en particulier, on ne doit les regarder comme authentiques que lorsqu'elles sont approuvées par la S. Congrégation des Indul^-ences ou par l'évêque du diocèse respectif, comme nous l'aîons explique longuement plus haut (p. 104), ou bien lorsqu'elles se trouvent dans des livres dont ladite Congrégation a reconnu l'authenticité ou qu'elle a approuvés. —Que des Indulgences ou des catalogues d'Indulgences aient été imprimés à

1. La traduction authentique française de la Baccolta est intitulée: Re^

Page 1