‹ Les Indurations Plastiques Des Corps CaverneuxChapitre 10 sur 18 · chapitre, signale la disparition complète d’une indura · texte numérisé non relu

chapitre, signale la disparition complète d’une indura

tion survenue chez un homme jeune diabétique, mais

nous avons dit que dans cette observation l’origine diabétique du nodus était très discutable et qu'il s'agissait plutôt, selon nous, d’un noyau de cavernite traumatique.

Ainsi donc, dès lé diagnostic fait, le malade sera soumis au traitement de sa diathèse, et, à l'administration

interne d’iodure de potassium on pourra ajouter l’ap-

ÉAS plication locale de pommades à l’iodure de potassium

ou à l’iodure de plomb.

Mais peut-on espérer agir directement contre la production du tissu fibreux ?

On a beaucoup préconisé dans ce but, au cours de

ces dernières années, la thiosinamine.

Dans un certain nombre des observations inédites que nous publions, cette méthode thérapeutique a été employée, nous pouvons le dire, sans grand succès.

Tantôt ces injections ont été faites, intramusculaires, à la dose de 1 centimètre cube de thiosinamine à 40 °/, et répétées tous les deux jours par séries de dix.

Tantôt l'injection a été faite localement en plein nodus, et répétée tous les quatre jours. Cette méthode qui a l'avantage de porter directement au niveau du point malade le liquide fibrolysant, n’est pas dans ce cas exempte de grandcs difficultés, car il est à peu près impossible de faire pénétrer le liquide dans la masse de ce tissu fibreux inextensible ; la douleur provoquée par l'injection est très vive et n’est pas compensée par le résuliat définitif, puisque après ce mode de traitement on ne constata qu'une seule fois une très légère amélioration chez un homme d’uné cinquantaine d’an-

nées.

De même dans les cas traités par injection intramusculaire de thiosinamine, nous ne relevons qu’une seule amélioration très sensible qui ne s’est manifestée que

tardivement.

L'électrothérapie a été tentée dans plusieurs de nos

Rà

observations, suivant divers procédés : ionisation et électrolyse circulaire. |

Lavenant eut plusieurs fois recours à l’ionisalion ou électrolyse médicamenteuse selon la méthode de Leduc. On sait quel est le principe de cette méthode, c’est de faire pénétrer dans l'organisme certains médicaments appropriés, grâce à l’électrolyse, par application de ce principe que sous l'influence de l'électricité les dissolutions médicamenteuses se décomposent en deux ou plusieurs parties appelées ions. Mais l'introduction médicamenteuse par l’électrolyse n’a pas toujours lieu dans le même sens ; elle varie à propos de chaque substance employée, mais il suffit de se rappeler que le métal se dirige toujours vers le pôle négatif, tandis que le radical acide se porte vers le pôle positif.

Or dans le traitement qui nous occupe, les ions àemployer sont les ions iode et chlore ; c’est-à-dire qu'on utilisera des solutions de chlorure de sodium et d'iodure de potassium ou de sodium. La solution employée sera donc placée au pôle négatif et au niveau du point où l’on veut agir.

On entourera donc la verge d’une plaque d’étain souple recouverte de plusieurs épaisseurs d’ouate hydrophile bien imbibée de la solution choisie ; cette plaque sera reliée au pôle négatif, tandis que la plaque indiftérente reliée au pôle positif sera placée sur une région voisine quelconque, sur da cuisse par exemple, mais comme il y à intérêt à ce que la pénétration médicamenteuse soit rapide, il faut employer une assez forte

intensité de courant galvanique, jusqu'à 25 à 50 milli-

ampères pendant une durée de quinze à vingt minutes, en augmentant le courant d’une façon très lente et très progressive.

Quels ont été les résultats de l’ionisation ? Dans un seul cas d’origine probablement traumatique la nodosité fibreuse disparut après quelques séances, mais dans tous les cas ainsi traités, l’action sur la douleur fut très manifeste et les malades qui se plaignaient de souffrir pendant les érections se trouvèrent très soulagés après une ou plusieurs séances d’ionisation. .

Le second procédé employé a été l’électrolyse circulaire ou méthode de Newmann.

Cette méthode n’a été appliquée que dans deux cas. Dans l’un qui nous a été communiqué par le D° Bazy l’insuccès a été complet. Dans le second cas, que nous devons à l’obligeance du D° Le Fur, le succès fut rapide, complet et définitif. (La technique de cette méthode est exposée longuement dans l'observation in extenso n° 26.)

Telles sont les différentes méthodes non sanglantes qui ont été préconisées pour le traitement des indurations plastiques des corps caverneux.Si elles ont donné quelques succès, elles sont néanmoins très infidèles, ce sont des traitements de fortune sur lesquels il ne faut pas trop compter, mais qu’il faudra tenter néanmoins avant de recourir à l'intervention chirurgicale, qui n’est d'ailleurs souvent ni acceptée ni même possible.

. Nous ne citerons que pour mémoire la méthode qui consiste à provoquer dans les corps caverneux du côté sain une induration cicatricielle compensatrice, parles

— 54 = caustiques ou le thermocautère. On risquerait fort de dépasser le but poursuivi et de transformer simplement la direction de la déviation.

De même le redressement forcé de la verge est un procédé brutal qui ne remédierait en rien à l’infirmité génitale des malades.

Reste seule à envisager l’hypothèse de l'intervention sanglante. En 1885 celle-ci paraissait impraticable à M. Tuffier et nous citerons textuellement ce qu'il dit à ce sujet : | |

« Quant à l’extirpation de ces nodosités elle nous paraît impraticable vu les dangers d’hémorragie et les accidents inflammatoires si graves dans les régions vasculaires. D'ailleurs le malade ne retirerait, ce nous semble, aucun bénéfice de cette exlirpation. La large brèche opératoire ne pourrait le combler qu'aux dépens d’un tissu inodulaire c’est-à-dire d’un tissu rétractile et inextensible. On remplacerait ainsi la nodosité spontanée par une nodosité cicatricielle et la guérison, au point de vue fonctionnel, serait pire que le mal. Enfin une dernière considération viendrait arrèter la main du chirurgien. Nous avons vu dans quelle énorme proportion les malades atteints de nodus étaient diabétiques ; or la gravité des opérations chez les glycosuriques est trop connue pour qu'on se hasarde dans une opération de ce genre. » (Tuffier, loc. cit.) Mais ces conclusions formulées il y a vingt-cinq ans sont loin d’être inattaquables aujourd’hui.

Les dangers d’hémorragie et les accidents inflamma-

toires ne sont plus à redouter lorsque l’on opère sous’

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le couvert d’une rigoureuse asepsie et qu’on pratique une hémostase très soignée. De même chez les glycosuriques les interventions chirurgicales n’ont plus, grâce aux méthodes nouvelles, la gravité qu’elles avaient autrefois et le diabète ne contre-indique plus formellement l’usage du bistouri. En outre, nous avons montré au cours de cette étude, que les indurations plastiques des corps caverneux se rencontraient très fréquemment en dehors de tout diabète, puisque nous n’avons pu recueillir une seule observation nouvelle de nodus fibreux chez un glycosurique.

L'intervention chirurgicale n’est donc plus aujourd’hui formellement contre-indiquée et M. Tuffier luimême nous a communiqué oralement le cas d’un officier assez jeune qu’il opéra il y a quelques années avec succès.

Mais il convient de se demander, si à la suite de l’extirpation d’une nodosité, n’apparaîtra pas comme le craignait M. Tuffier une nodosité nouvelle d’origine cicatricielle et si le remède ne sera pas ainsi pire que le mal. |

Sachs en 1902 déconseillait formellement l’intervention, car après extirpation du nodus il avait vu apparaître des cicatrices hypertrophiques désagréables et fort gènantes pour le coït. Cette opinion vient d’être à nouveau défendue il y a quelque mois par Fritz Callomon qui observa des récidives rapides dans la plupart des six cas qu'il opéra.

Mais à côté de ces insuccès il nous faut signaler un certain nombre de résultats opératoires plus heureux.

. Galewski et Heubener en 1902 ont conseillé l’opération, disant que la cicatrice hypertrophique n’est pas constante et lorsqu'elle existe elle n’a jamais le volume de l’induration primitive et n’empèche pas le coit.

D’autres chirurgiens sont intervenus avec succès entre autres MM. Marion, Bilhaut, Lavenant, Tuffier et dans . ces différents cas, après ablation de la petite tumeur fibreuse la déviation fut plus ou moins parfaitement corrigée et l'érection fut possible sans aucune souffrance.

La technique opératoire est fort Simple :

On incise sur la face dorsale de la verge, soit sur la ligne médiane, soit un peu en dehors d'elle pour éviter la blessure de la veine dorsale superficielle.

Juste au-dessus et parallèlément à l’induration, on circonscrit le noyau en taillant dans l’albuginée et dans le corps caverneux, en dehors du nodus. Le plus souvent on enlève une partie de la cloison qui forme la base du coin fibreux (cas de Marion, cas de Bilhaut, cas de Lavenant).

L'hémostase se fait très facilement par compression, suivie de réunion des bords de l’albuginée par quelques points de fin catgut. La peau est suturée sans drainage, avec deux crins ou agrafes. Le pansement doit être très légèrement compressif. e

La réunion se fait en général par première intention, sans adhérences, Cependant dans un Cas, Whitacre vit la cicatrice devenir adhérente au corps caverneux. Il pratiqua, pour y remédier, une seconde intervention ; mettant à nu par une incision transversale sur le pubis

la racine de la verge, il luxa en dehors, les COrps caver-

PER A Ge « De

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