‹ Les industries chimiques et pharmaceutiquesChapitre 130 sur 160 · HUILES VÉGÉTALES ET ANIJIALES · texte numérisé non relu

HUILES VÉGÉTALES ET ANIJIALES

Délaissées comme agents lubrifiants et comme matières de graissage, supplantées dans l'éclairage par les différentes variétés de pétrole, les corps gras, abstraction faite de ceux qui entrent dans la consommation, ne trouvent un véritable emploi industriel que dans la savonnerie et la stéarinerie.

Sans doute, en raison de leurs qualités spéciales, certaines huiles comme celles de pieds de bœuf, de pieds de mouton trouvent encore leur application dans le graissage de quelques organes délicats de machines-outils de précision et des machines à coudre par exemple. Mais dans leur ensemble, elles sont remplacées par des huiles et des graisses minérales, dont les propriétés se prêtent mieux à cet usage et qui, d'autre part, sont d'un prix beaucoup moins élevé.

Le développement donné à la savonnerie et à la fabrication des bougies stéariques a eu pour conséquence celui dont furent l'objet les huileries. Les matières grasses produites sm* le continent sont, en effet, loin de suffire aux exigences de l'industrie actuelle. On s'est donc efforcé de tirer parti des graines et autres produits oléagineux, que la nature, dans sa fécondité, essaime sur toutes les parties du globe et sous toutes les latitudes.

Aux huiles de palme, de coco, employées dès la fin de la première moitié du siècle dernier, ont succédé les huiles de sésame, d'arachides, de coton, etc., pour ne citer que les plus importantes.

Certaines fabriques font venir graines ou fruits pour en retirer la matière grasse; d'autres maisons, pour éviter les frais de transport, établissent des huileries sur les lieux de production et extraient sur place les corps gras. Les méthodes de fabrication étant, à peu de chose près, les mêmes dans toutes les usines, à quelque nation qu'elles appartiennent, le but vers lequel doit tendre tout établissement, c'est de fabriquer le produit marchand dans les meilleures conditions économiques et au meilleur marché possible.

Parmi ces conditions, une des plus importantes est sans contredit celle qui a trait au prix de revient de la matière première. Ainsi qu'il a été dit plus haut, la majeure partie de cette matière première est d origine exotique, et, à son prix d'achat, il faut joindre ses frais de transport et aussi ses frais d'entrée, si elle est frappëe de droits de douane. Or, faire payer des droits d'entrée à des huiles de coton, de sésames, d'arachides, etc., employées par la savonnerie, sous prétexte de favoriser la culture du colza, de l'œillette, dont les huiles ne sauraient répondre aux exigences de la fabrication d'un savon marchand, nous parait une grosse erreur de la part de nos législateurs.

Dans un très éloquent discours à la Chambre des Députés, au moment de la discussion du tarif douanier, M. Charles Roux, disait à juste titre : ce Les graines oléagineuses indigènes ne se prêtent en aucune façon aux besoins de notre industrie savonnière. Les huiles de colza ne peuvent servir qu'à l'éclairage et au graissage des machines et même, pour ce dernier usage, elles ont été remplacées par les huiles de pétrole; elles donnent, en outre, un savon détestable. Sans doute, j'aimerais mieux me servir de colza naftîonal que de graisses exotiques; malheureusement, nous ne pouvons pas l'employer, il ne répond pas à nos besoins. L'œillette donne un savon tellement mou, qu'il est impossible de l'employer seule» et M. J.-Ch. Roux concluait : «Vous le voyez, Messieurs, l'œillette comme le colza sont complètement insuffisants au point de vue de la savonnerie; ces huiles ne peuvent jouer un rôle sérieux qu'au point de vue de l'alimentation et de l'éclairage.

«Vous couvririez la France de champs de colza, vous en produiriez dix fois, vingt fois plus qu'actuellement, que cela nous serait inutile, par la raison que le colza n'a pas les propriétés nécessaires pour permettre d'obtenir les qualités de savon que nous sommes obligés de fabriquer pour répondre aux besoins de la consommation, n

La savonnerie française produit annuellement environ Soamillions de kilogrammes de savon, vsdant près de i4o millions de francs. Cette production nécessite l'emploi de plus de 180 millions de kilogranmies de corps gras parmi lesquels les huiles concrètes de coprah, de palmiste, de mowrah, les huiles fluides (dites de graines) ^ de sésame, d'arachides et de coton, forment l'appoint le plus considérable.

Or, comme le montre le tableau ci-dessous , tiré d'un rapport fait devant la commission des douanes, le so décembre 1898, par M. E. Baron fils, président du syndicat des fabricants de savons de Marseille, parmi ces corps gras, ce sont les plus importants, au point de vue de la savonnerie, qui ont été imposés.

TARIF DES DROITS DE DOUANE ÉTABLIS SUR LES HUILES DE COTON, DE SESAMES, D'ARACHIDES, EMPLOYe'eS PAR LA SAVONNERIE.

Angleterre Exemples.

Belgique Exemptes. ^'

Suisse 1 franc par 100 kilogrammes.

Pays-Bas 1 fr. 10 par 100 kilogrammes au tarif convenlionueL

G». XIV. — Cl. 87. — T. II. a3

lyi-niUEiiii. \AriuMALt/

Autriche-Hongrie .... a francs par i oo kilogrammes pom* les huQes dénaturées sous le contrôle de la douane.

Allemagne S francs par loo kilogrammes pour les huiles de coton

dénaturées sous le contrôle de la douane.

États-Unis d'Amérique. Exemptes. (Art 568 du btll Dingky. — Toutes les huiles ou corps gras destinés à la savonnerie ou à rindustrie des cuirs entrent librement)

France 6 fi'ancs par loo kilogrammes en poids brut, soit sur

le poids net en tenant compte de la tare, 7 fr. ao par 100 kilogrammes.

Comparés à ceux que subissent les huiles à l'entrée des autres pays, ces droits mettent à des degrés divers notre industrie dans un état d'infériorité manifeste vis-à-vis des fabricants des autres nations, qui la concurrencent sur le marché étranger.

Par le fait de cette imposition, ie savon français est frappé d'environ 10 p. 1 00 de sa valeur.

R Les tarifs de douanes actuels sont très nuisibles à la prospérité de l'industrie française de la savonnerie, puisque, malgré notre ancienneté et notre réputation, l'exportation française se maintient péniblement aux chiffres de 1 à 1 â millions de kilogrammes dans les quatre dernières années (Algérie non comprise) alors que l'exportation de la savonnerie anglaise, notre principal concurrent qui ne date que de quelques dizaines d'années a passé de 99 millions de kilogrammes en iS^lih^'j millions de kilogrammes en 1897^^^»

FRANGE

Nous nous sommes assez étendus sur la part qui revient à la France dans les industries qui sont traitées dans ce chapitre, ainsi que sur les desiderata que comporte actuellement la situation de ces industries. Tout en ne suivant pas une progression aussi marquée que certaines industries similaires de l'étranger, on ne saurait cependant dire qu'elles périclitent si l'on s'en rapporte aux transactions qui se font avec les autres pays.

Les chiffres qui suivent montrent d'une façon aussi nette que possible, que les exportations concernant les différents articles inscrits dans le tableau, à part quelques fluctuations de peu d'importance, suivent une marche manifestement ascendante.

11 y aurait lieu naturellement de faire figurer dans le même tableau les transactions qui se font sur les huiles. Nous n'avons pas cru devoir donner ces chiffres, le nombre de ces huiles étant trop considérable et les importations dépassant de beaucoup les exportations, comme il fallait d'ailleurs s'y attendre. Les huiles et autres graisses ne .sont d'ailleurs point des produits de fabrication proprements dits, comme les savons, bougies et glycérines.

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M. Arnàvon (^Honoré) ^ rue Fûrt-Notre-Dame, 10-12, et rue Sainte, 68-70 ,

à Marseille.

La maison Arnavon a été fondée", vers la fin du siècle dernier, par Honoré Arnavon, qui faisait le commerce avec la Martinique et exploita deux savonneries. Ses successeurs lurent : Honoré-Pascal Arnavon, qui acheta, en 1808, les deux la Neuve et la Vieille; Honoré-Mathieu Arnavon, qui réalisa, dans rinstallation industrielle comme dans Tindustrie elle-même, les premiers progrès sérieux; Honoré-Louis Arnavon qui vient de mourir, il y a quelques mois, laissant à son fils et associé, André- Honoré Arnavon, la continuation de Taffaire. Cette maison a donc près d'un siècle d'existence.

Installations. — Les usines s'étendent aujourd'hui sur un espace de &,5oo mètres carrés entièrement couverts en bâtiments de deux étages sur caves.

i& chaudières, d'une capacité totale de lioo mètres cubes, servent à la cuisson du savon.

3 a jeux de mises et 30 trempages servent à la confection des savons marbrés bleus pâles et vifs.

3 jeux de mises pouvant contenir 1,900 pains de ao kilogrammes, servent à la confection des savons blancs de ménage.

3 jeux de mises, de la même contenance sont destinés aux savons d'indusirie. La vapeur est produite par 5 générateurs de hk mètres carrés chacun de surface de chauffe.

Une machine de &o chevaux actionne : & monte-pains, 18 pompes, a batteuses, a ventilateur, a caustificateurs.

Une machine spéciale actionne les monte-pâte, 3 chenailliers.

Personnel. — Le personnel de la maison se compose de : 1 ingénieui^chimiste, 6 employés pour la caisse et les écritures, 1 contremaître, a sous-contremaîtres, 1 contremaître pour la parAimerie, 1 mécanicien-chef, a mécaniciens, 3 chauffeurs, 1 chaudronnier, 80 à 100 ouvriers.

Production. — La maison Anarvon fabrique :

Pour l'industrie ;

Le savon blanc, dit mpirieur, à Thuile d'olive lampante.

Le savon blanc, dit extra, à Thuile d'olive.

Le savon blanc, ^i première qu(Jité , à l'huile d olive avec un mâange d'huile d'arachide.

Le savon vert, à l'huile extraite par le sulfure de carbone.

Le savon à l'huile de palme.

Le savon â l'huile de coprahs, mélangé d'huile d'arachide.

Pour le ménage :

Le savon bleu pâle, de Marseille, à croûte blanche.

Le savon bleu vif, de Marseille, à croûte rouge.

Les savons bleus pâles et bleus vifs , recuits , destinés à l'exportation.

Le savon blanc extra Le Panache, garanti 7a p. 100.

Les savons blancs mousseux Le Phare et Notre-Dame-de- Délivrance.

Le savon rouge, fabriqué avec les huiles basses de coton, dit V Acajou.

Pour la toilette :

Des savons, composés avec des huiles de choix et livrés en pains, en barres ou en cartons, avec les étiquettes les plus ayantes et les plus riches, dont certains, les marques Tartarin, savon des voyageurs et des touristes, et V Adonis, ont acquis une réputation universelle.

Pour la vigne :

Le savon dit Savon Lavergne qui a pour but de traiter les maladies cryptogamiques en fixant le sulfate de cuivre ou autres antiseptiques sur les feuilles des végétaux.

Un laboratoire de chimie, annexe à l^établissement a pour mission d'analyser tous les corps gras et alcalis entrant dans la composition du savon, comme tous les produits fabriqués sortant des usines.

Dans un tableau fisiisant suite à sa notice, la maison Arnavon donne un certain nombre de constantes physiques, densitë, chaleur dégagée par Taddition d'acide suUurique, degré de solidiGcation des acides gras, densité des acides gras à + 3o degrés, etc. , des principales huiles et graisses qu'elle emploie dans ses usines.

Outre ses différents savons et glycérines , la maison Arnavon a exposé des échantillons des nouveaux corps gras qu die met en œuvre.

La production annuelle aurait été, dans ces cinq dernières années de 8,000,000 à 8,5oo,ooo kilogrammes de savon. La maison exporte ses produits en Italie, Suisse, Belgique, Allemagne, Suède, Danemark, Autriche, Russie, Angleterre, Amérique, Chine, Japon, et s'occupe en ce moment de gagner la dieolMe de l'Amérique du Sud.

Fondations ouvrières. — Comme fondations ouvrières , la maison Honoré Arnavon fait soigner à ses frais, par son docteur qui est attaché k l'établissement, tout son personnel. Elle fournit gratuitement les remèdes.

^e a été la première à installer des fourneaux économiques.

M. Baron [Emile) fils, boulevard Romieu, 5, à Marseille.

Cette maison , fondée en 186 5, a pris une part des plus actives et des plus brillantes dans la vieille lutte qui s'était engagée entre les savons unicoiores et les marbrés. Elle a, en effet, constamment eu pour but de montrer trque le savon blanc cuit est supérieur k tous les autres savons, non seulement par la qualité mais aussi qu'il revient meilleur marché qu'aucun autre similaire». Les événements lui ont pleinement donné raison.

Ses savons, à la marque La Tulipe, sont garantis savons cuits fabriqués sur la base de 60 p. 100 d'huile et 7 p. 100 d'dcali.

Ses savons rectifiés surfins, à la marque Coquelicot, sont à la base de 70 p. 100 d'huile et 7 p. 100 d'alcali.

Ses usines se composent de 3 bâtiments parallèles et contigus qui ont ensemble 3,aoo mètres carrés, plus un bâtiment de 90 mètres de long sur 10 mètres de large pour opérer la déglycérination des huiles.

Le premier bâtiment est affecté : au dépôt r!e la chaux et de la soude; à la préparation des lessives, qui se fait dans 66 réservoirs en tôle d'une contenance totale de a 90,000 litres; outre ces réservoirs M. Baron a récenunent installé un caustificateur et 9 grands cylindres de 5 mètres de haut, permettant un lavage complet des boues de chaux ayant servi à cette caustification.

Le deuxième bâtiment est occupé par 3 générateurs de AS chevaux- vapeur, soit une puissance totale de i35 chevaux; par une machine à vapeur de la force de 19 chevaux; par 8 pompes actionnées par la machine; par 1 petit moteiu* à vapeur de k chevaux actionnant une dynamo pour l'éclairage; par 6 chenailliers servant à la concentration des lessives giycérineuses; par 8 chaudières d'une capacité totale de 9^0,000 litres servant à la cuisson des savons; par une puissante pompe servant au coulage des savons , etc.

Le troisième bâtiment contient les mises de coulage ayant ensemble 600 mètres de superficie et permettant de couler 90,000 pains, soit /io,ooo kilogrammes de savon; des étuves servant de séchoirs pour les savons à frapper; une coupeuse servant à diviser les pains en morceaux pour être moulés; k presses servant à mouler les morceaux; des magasins servant de dépôt pour le savon fabriqué et les caisses d'emballage, etc. Le bâtiment spécial affecté à la déglycérination des huiles' par

un procëdë de la maison comprend en outre : ù aulociaves, 6 bacs à décantation des acides gras, A bacs à décantation des eaux glycërineuses, a chenaiUiers en cuivre, i pompe à lessive, i réservoir de glycérine pure de saponification et i filtre-presse.

La maison s'est adjoint un chimiste destiné à suivre la fabrication et faire les analyses des matières premières et des produits fabriqués. Elle produit annuellement 8,000,000 de kilogrammes de savon et i5o,ooo kilogrammes de glycérine à 80 p. 100. Ses débouchés sont, outre la France : la Suisse, la Belgique, la Hollande, TÉgypte*, les États-Unis, TAn^eterre, Tltalie. Personnel: 100 ouvriers environ.

MM. Carrièrb frères, à Bourg-la-Reine (Seine).

Créée d*abord par M. Charles Carrière en i8Âa, qui s'associa plus tard son frère, cette maison réunissait, en 187&, à son établissement Tancienne Manufacture royale d'AnUmy, fondée en i643 par M. Trujon, et transférée à Bourg-la-Reine en i858; cest le siège actuel de la maison. Ils s'adjoignirent alors conmie associé M. Paul Carrière, devenu depuis, par la retraite successsive de son frère et de son oncle, seul propriétaire et directeur actud de la manufacture.

L'usine opère le blanchiment de la cire dans les meilleures conditions , sur une surface de deux hectares environ, en usant pour son nibannage et pour sa manutention, d'un outillage des plus ingénieux , qui permet de blanchir, d'avril à octobre, i,soo kilogrammes de cire par jour*

Elle prépare et façonne les cires pour cierges, pour fleurs, pour moulages et modelages, pour anpreintes, pour enduits de conducteurs électriques, pour apprêts d'étofies et de papiers, etc. Elle prépare pour les mêmes emplois, les paraflines, cires végétales et minérales, procède au paraffinage mécanique des papiers, et arrive à une production de 5oo kilogranmies par jour. Elle manufacture la stéarine et l'emploie à la fabrication des cierges et des bougies de luxe. C'est à cette maison que revient, dès 1878 , l'initiative de la fabrication des bougies en couleur.

La fabrication des bougies filées en tous genres, allumes , rats de cave, veilleuses ou mèches tirées pour fabricants de veilleuses à l'huile, a pris un développement exceptionnel. Par ses institutions philanthropiques créées en faveur de ses employés et ouvriers, la maison peut assurer à l'ouvrier, en cas de maladie, sa paye entière jusqu'à sa guérison, et aux ouvriers une rente de 3oo francs par an. La caisse de retraite est constituée uniquement par les prélèvements que la maison fait sur ses bénéfices annuek, sans versement des ouvriers. Celte caisse, instituée en i883, possède un patrimoine placé en titres sur l'État et en valeurs du Crédit foncier.

M. Chaillbt (^Henri-Adgdstb) , rue Chaligny, qo, à Paris. Cette maison s'est faite une spécialité de divers produits et de savons pour détacher les étofles.

M. Chbvàlibr [Eugène), rue de la Fédération, 84, à Montreuil (Seine).

Fondée en 1868, cette maison a été achetée en 188a par M. Chevalier. Elle s'occupe de la fabrication et a exposé du savon bronze en barres, du savon à base de sable, du savon anglais, du savon au goudron de Norvège, etc. Les marques sont : le Vainqueur, le Brésilien, le Haut-Nil,

ARTS CfflMIQUES ET PHARMACIE. 359

M. CvsjNBEECRE, quai de Clichy, aoo, à Clichy (Seine).

Outre les difiS^rentes variétés de savons durs et de savons mous, cette maison saponifie les corps gras en vue de la fabrication des bougies stéariqnes dites Bougies de CUehy.

MM. Dbbadibrfrèrbs, rue de la Monnaie, i5, à Paris.

Cette maison fut fondée en 187a par M. Jolivet, 16, puis en 1880, i5, rue de la Monnaie. En 1886, M. Jolivet se rendit acquéreur de la maison Marcelle, nie de Sèvres, 16, et créa rue de Mademoisdle, 66, une usine avec tous les perfectionnements d'outillage moderne.

En 1894, M. Maurice Debadier, qui depuis quelques années était le collaborateur de M. Jolivet, prit la direction des affaires et s*as80cia plus tard son frère.

La maison s'occupe spécialement de la fabrication des cierges et bougies de cire à Tusage des églises et communautés rdigieuses, ainsi que les cierges et bougies de cire jaune et de couleurs variées pour lustres et appliques artistiques.

Elle prépare des cires pour impressions d'étoffes, et lustrage des toiles; die manufacture ]a stéarine pour cierges et bougies, fabrique les filées, etc.

MM. Enjolras {0.) bt C-, à Saint-Fons (Rhône). Cette maison exposait des savons blancs et des glycérines.

M. Eydovx [Félii), rue d*Eguison, quartier Mempenti, à Marseille (Bouches-du-Rhône).

Celte maison connue sous le nom de Savonnerie de la rt Vierge rt^ a été créée par M. Félix Eydoux en 1868, et occupe une surface de 6,000 mètres carrés.

5 générateurs, d'une production totale de 6^0 cbevaux-vapeur, assurent la marche de l'usine.

La production annuelle atteint 12,700,000 kilogrammes de savon, dont 4,6oo,ooo exportés dans toutes les parties du monde.

La (juantité d'huiles saponifiées en 1899 a été de 8,980,000 kilognunmes. Les giycérines obtenues ont été de 980,000 kilogrammes de glycérines de lessive à 80 p. 100 et de 180,000 kilogrammes de glycérines de saponification.

Cette usine occupe journellement i3i ouvriers, lesquels sous l'inspiration du chef de la maison, ont fondé une société en participation d'épargne afin de se constituer un petit capital de réserve.

La caisse de cette société est alimentée par des versements fixes et semainiers et, pour engager ses ouvriers à faire partie de cette société, le chef de la maison fait chaque semaine un versement à leur profit.

An bout de chaque période de cinq années , le total des sommes versées par les ouvriers , augmentées de celles versées par M. Eydoux et des intérêts capitalisés, est distribué aux ouvriers et une nouvelle société est formée dans les mêmes conditions.

Une participation aux bénéfices est attribuée aux employés.

M. Favssemagnb [François)^ avenue de Saxe, 3 16, à Lyon (Rhône).

Fondée en i85i par M. Faussemagne père, cette maison dirigée actueliement par M. F. Faussemagne fils, débata par la fabrication des huiles et des graisses industrielles pour machines, engrenages et voilnres, à laquelle M. Faussemagne joignit plus tard la fabrication des savons, de mastic pour joints de vapeur, d'enduit conservateur paur courroies, de grdisse antirouille, d'huiles de pieds de bœuf raflinées , etc.

Elle produit annuellement :

95o,ooo kilogrammes d'builes vitales neutralisées. 5200,000 kilogrammes de valvoline.

750,000 kilogrammes d'huiles minérales diverses. 3o,ooo kilogrammes dhuiies solubles (sidforicinate alcalin). 90,000 kilogrammes de gelée de vaseline.

3oo,ooo kilogrammes de graisses résineuses.

100,000 kilogrammes de graisses consistantes. 5oo,ooo kilogrammes de savon mou à base d'oléine et de polasse. 9 5o,ooo kilogrammes de savon concret à base d'oléine pour épicerie. 100,000 kilogrammes de savon à l'oléine pour l'industrie de la soie.

5o,ooo kilogrammes de savon blanc à base de coco, ou de savon jaune à base d'huile de palme, etc.

MM. FovRNiER (^L.'Félij) et C". Société des bo^igiea de l'Etoile, anciennes stéarineries A. de Milly et Frédéric Foumier. — Société en commandite par actions; capital 8, 5 00,0 00 francs. Usines à Paris et à Marseille. ( Bouches-du-Rhône) , chemin de Saint-Joseph, i4i.

Outre les produits, savons, bougies stéariques, acide oléique, glycérine, qu'elle a exposés, cette Société a organisé , à la Classe 87, une exposition oiii les visiteurs ont pu suivre les opérations les plus intéressantes de la fabrication de la bougie , depuis la coulée jusqu'à la mise en paquets.

Sa fondation, due à M. Adolphe de Milly, date de i83i. Le succès des produits obtenus dans son usine de Paris engagea le fondateur à créer une seconde usine à Marseille, en collaboration avec M. Frédéric Fournier.

Ce sont ces deux usines , qu'exploite aujourd'hui la Société des bougies de l'Étoile , sous la raison sociale L.-Félix Fournier et C*'.

La matière première, suifs et huiles de palme, en arrivant, est fondue et refoulée par des pompes dans des réservoirs en tôle, qui contiennent chacun près de 3oo,ooo kilogrammes et qui peuvent renfermer 6 millions de kilogranunes de matières premières.

Huit autoclaves , d'une contenance de &,ooo à 5,ooo kilogrammes, permettent de saponifier jusqu'à 130,000 kilogrammes de matière grasse par jour.

La glycérine , un des produits de la saponification , est recueillie et purifiée. La Société en produit annuellement a miUions de kilogrammes.

Les acides gras, second produit de la saponiBcation, après avoir été traités par l'acide suUîirique, opération qui a pour effet d'augmenter la proportion d'acide solide, sont lavés et distillés dans i5 alambics qui distillent chacun 1,000 kilogrammes à l'heure.

L'acide distillé, encore liquide, est introduit dans des mouleaux qui sont au nombre de 80,000 et, après avoir pris la consistance solide, il est soumis à une pression à froid dans 70 presses, et puis à une pression h chaud dans /i6 presses. On obtient ainsi la majeure partie de l'acide stéarique.

Ponr retirer Tacide stëarique que retient forcement Tacide olëique liquide qu on sëpare, on soumet ce liquide à l'action du froid dans des glacières artiGcielles , et le produit est de nouveau presse. L*acide olëique ainsi obtenu sert à la fabrication du savon, ou à Tensimage des laines.

La production de Tolëine sMlève à 8 ou 9 millions de kilogranunes.

La stëarine (acide stëarique) refondue est ensuite coulëe dans 55 machines servant à la mouler et à la transformer en bougies. Cetle opëration se fait par 3oo ouvriers dans un vaste hall, brillamment ëciairë, qui couvre une superficie de près de 5, 000 mètres carres.

La machine à couler est de forme circulaire et son invention , qui ne date que de cinq ans , est due à la maison qui Ta brevetëe. E31e est fort ingënieuse, et les 55 machines que renferme la coulerie peuvent produire à peu près autant que 750 appareils du système communément employë.

La bougie coulëe est ensuite rognëe au moyen de machines dont chacune, desservie par deux ouvrières, peut couper, lustrer et marquer 8,000 bougies à Theure.

Le pliage se fait dans un atdier qui occupe i5o ouvrières. Les ëtuis sont fabriques à Tusine où le papier et le carton arrivent à Tëtat brut. On ne fabrique pas moins de ^5o,ooo kilogrammes de papier couche par an , avec la matière brute.

Les magasins gënëraux couvrent une superficie de 3,000 mètres carres.

La chaufferie contient 90 gënërateurs Beileville, dune force totale de 6,000 chevaux. Les machines motrices sont au nombre de six et d'une force totale de 1,3 00 chevaux.

La maison consonune annuellement go,ooo kilogrammes de mèche qu'elle fabrique elle-même.

Un mëtier à tisser fabrique les scourtins en crin ou en poils de chèvre , qui servent à confectionner les serviettes dans lesquelles se pressent les acides gras. Le travail des presses emploie i3,ooo serviettes dans Tannëe.

-A l'usine sont annexes des ateliers de rëparation de toute nature : chaudronnerie, fonderie, ferblanterie, menuiserie, ateliers de mëcanique, etc.

Les futailles ayant servi à apporter les matières premières sont nettoyëes , révisées , pour être mises en vente ou pour servir à l'expédition de l'acide olëique. i5o,ooo fûts de toutes dimensions passent entre les mains des tonneliers.

On fabrique, d'autre part, bon an mal an, 700,000 à 800,000 caisses d'emballage par jour, qui sont ajustées et clouées par des ouvrières qui arrivent à monter individudlement lao à i3o caisses par jour.

Un laboratoire, parfaitement organisé, est destiné à analyser les matières premières, à les suivre dans les différents stades quelles traversent jusqu'au produit final, h étudier les procédés nouveaux et à faire des recherches d'ordre chimique.

Ija consommation de la France en bougies est de 56 millions de paquets.

La maison Fournier en livre : pour la consommation française , a 1 millions de paquets ; pour l'exportation , 1 5 millions de paquets.

Production : en glycérine, q,5oo,ooo kilogrammes; en oléine (acide olëique), 9 millions de kilogrammes.

La maison consomme , d'autre part , annuellement :

Matières premières a8,ooo,ooo kiiogr.

Charbon 69,800 tonnes.

Mèches 90,000 kiiogr.

Caisses et caissettes d^emballage 800,000

Papier d'emballage i,5oo,ooo kiiogr.

H existe dans Tusine Fournier un groupe important d'œiivres philanthropiques : Fourneau économique, rattaché à une Société coopérative de consommation ; service d'assistance médicale gratuit; secours au malade, proportionné h la durée du service et à l'élat de la famille ; groupe scolaire composé d'une crèche, d'une salle d'asile, d'une école de garçons et de filles, etc.

II est aussi employa dans ]a parfumerie pour colorer et parfumer certains savons : les savons au miel principalement.

Blanc. Ce savon est fait avec la môme huile Lagvs que le précédent, mais décolorée.

Outre que la décoloration rend l'emploi de ce savon de palme beaucoup plus facile pour les parfumeurs à cause de sa couleur, elle a pour résultat d*augmenter considérablement fodeur de violette que possède le savon de palme jaune.

Savon blanc spécial pour parfumeurs. — Ce produit est fabriqué exclusivement avec du corps de ioni/* comestible , et le travail de la saponification est conduit de telle sorte que le savon fini doit être parfaitement neutre et ne plus contenir de matières non saponifiées qui favoriseraient le rancissement

Seule une coction parfaite et méthodique peut donner ce résultat.

Ce produit est livré aux parfumeurs qui le travaillent, le colorent et le parfument.

Savons marbrés : Savon de V Ouest (rouge, bleu); Le Cercle (bleu pâle à manteau). — Ce sont des savons mousseux destina au blanchissage du linge; ils sont faits avec : i** des huiles liquides : coton, arachide, sésame ; a"* des huiles concrètes : coprah, palmiste, huile de palme ; 3** des suifs.

Savons blancs (7a, 65 et 60 p. 100). — Ces savons sont fabriqués sur une très vaste échelle.

Ils comprennent trois qualités : 1" qualité, dite 7a p. 100 ; a* qualité, dite 65 p. 100 ; 3* qualité, dite 60 p. 100.

Ces savons ont une caractéristique pour le consommateur : ils moussent beaucoup.

Cette propriété est due à leur composition, à peu près invariable du reste : huiles liquides : olive, coton, sésame, arachide ; huiles concrètes : coprah ou palmiste.

Glycérine. — Dans le double but d'obtenir des acides gras moins colorés que ceux qu on obtient par les autres procédés , et de trouver un moyen plus pratique d'extraction de la glycérine des produits de la saponification, la maison Michaud opère, depuis 188a , par un procédé breveté lui appartenant et qui consiste dans l'emploi de la poudre de zinc. La saponification se fait en vase clos, sons une pression de 10 kilogrammes, en présence de Teau , avec un poids de zinc égal au dixième environ de la quantité de chaux employée dans l'industrie stéarique dans les mêmes conditions. On obtient une séparation complète des acides gras de la glycérine, et celle-ci est en outre plus belle, plus claire que la glycérine brute produite par l'industrie stéarique.

Au moyen de quatre autoclaves dont la capacité totale est de 19,000 litres, l'usine peut extraire (le 8 à 9 p. 100 de glycérine et obtient une production annuelle déplus de a3o,ooo kilogranmies.

Participation du personnel dans les affaires.

Outre l'assurance contre les accidents du travail et Tassistance gratuite du médecin et du pharmacien en cas de maladie, la maison a institué une participation du personnel dans les affaires, qui consiste à prélever une certaine somme sur chaque tonne de savon sortant de l'usine et à en répartir le montant, tous les six mois, entre tous les membres du personnel, employés et ouvriers, qui ont au moins un an de présence à l'époque de l'inventaire.

#"* veuve MoRBL {^Charles) y chemin de Saint-Just, ia , à Marseille.

Maison fondée en 1860 par M. Charles Morel, qui fut un des protagonistes du savon blanc. Elle possède deux usines érigées aux portes de Marseille, entre le village de Saint-Just et le quartier des Chartreux, au lieu dit la Terre-Noire. Ces usines occupent une superficie de 18,000 mètres carrés et sont aménagées de telle façon que les opérations s'y suivent dans un oixlre méthodique et régulier.

Les savonneries Charies Morel ne fabriquent que les savons durs à base de soude.

L^installation comprend : i* un bâtiment destine à la préparation des lessives qu'on obtient par caustification de la soude Leblanc brute ; a*" des corps de bâtiment renfermant 6 autoclaves en cuivre où se fait Tautodavation des huiles et la séparation de la glycérine ; 3** un atelier pour Tempàtage et le relargage des savons, renfermant a3 chaudrons représentant chacun une contenance de 3o,ooo kilogranunes de savon , deux pompes rotatives à double aspiration pour le refoulement de la pAte de savon dans les mises, un alelier de séchage, de moulage et d'étuvage occupant une surface totale de D,&oo mètres carrés. i8 bouilleurs d'une puissance de goo chevaux-vapeur, 6 machines horizontales, assurent le service des pompes, des étuves, des malaxeurs, des coupeuses, mouleuses, etc., complètent l'ensemble du machinisme de Tusine.

Les tuyaux qui conduisent , le long des murs des usines , la vapeur destinée à assurer le chauffage des chaudières et le fonctionnement des pompes et des machines , représentent une longueur de 1 5 kilomètres.

Les usines, qui ne produisaient, en i86o, que loo tonnes de savon par an, ont vu leur production augmenter successivement et atteindre, en 1899, i& millions de kilogrammes de savon et 1 million de kilogrammes de glycérine de pure saponification.

Elles consomment par an : 1 millions de kilogranunes d'huiles ; 7 milUons de kilogrammes <le soude; 800,000 kilogrammes de sel; 6 millions de kilogrammes de charbon.

Les deux marques de la maison portent les noms de La Bonne Mère et Le Sacré-Cœur.

MM. Oràngb et C", rue de Flandre, 28, à Paris. Usine et fondoir à Pantin (Seine).

Maison fondée par M. Thiebout. Elle s'occupe de la fabrication des huiles animales de pieds de bœuf, de pieds de mouton, de panne de cheval, etc., et de celle des huiles médicinales d'amandes douces, de faine, de ricin et d'olive. Elle importe, en outre, directement les huiles de foie de morue de Norvège, les huiles de baleine, de phoque , les huiles concrètes de coco, de palme, etc.

Elle fond enGn les suifs de bœuf et de mouton , et fabrique les vaselines.

M. Paris [Charles), rue Claude, 3o, à Alfort (Seine). Cette maison a exposé une collection de bougies de couleur et des veilleuses de nuit.

M. Paul (/.-fi.), avenue d*Arenc, 196 , à Marseille.

M. J.-B. Paul, qui s'intitule également «run des plus ardents propagateurs du savon blanc n a fondé son usine en 18O&, à l'effet de prendre part à la lutte du blanc mousseux contre le bleu. Après avoir successivement édifié deux usines, qui furent reconnues insuffisantes, il en construisit une dernière, kFerà cheval, en 1897, située avenue d'Arenc, 196. La surface bâtie mesure 3, 000 mètres carrés. Les bâtiments comprennent un atelier de fabrication dans lequel s'alignent sous les caisses à lessiver et sous les tuyautages chargés de les servir, six énormes chaudrons à cuire d'une contenance de Ao,ooo kilogrammes chacun, d'une salle des mises, d'une salle de machines à frapper, d'une superficie d'environ 3ao mètres, d'un atelier d'emballage et d'expédition, et d'un magasin d'huile où peuvent être logés 35o,ooo kilogrammes d'huile.

La maison s'applique à fabriquer du savon à 79 p. 100 d'huile et alcali. Elle en produirait huit millions de kilogrammes par au.

MM. Pbrré et fils, à Elbœuf (Seine-Inférieure).

Cette maison, foodëe en iSSs, s'occupe de la fabrication des savons, des acides oiâque et stéarique et de la glyceVine. Elle emploie, à cet effet, des matières premières qui viennent presque en totalité de la Chine, des deux Amériques et d'Australie. Sa consommation atteint 1 5,ooo à 18,000 kilogrammes par jour.

Pour la préparation de ses savons dont la production se chiffire par i,5oo tonnes par an, die emploie Toléine de pure saponiBcation et de Thuile de palme.

Elle exporte son acide stéarique en partie dans les deux Amériques et en Australie, son adde oléique en Angleterre et en Belgique et la glycérine presque totalement aux États-Unis.

M. RucH (^Alphonsb)^ route de Flandre, 171, à Aubervilliers (Seine), et rue des Archives, 63, à Paris.

Fondée en 1860 par M. Ruch père, qui s'associa son fils^ M. Alphonse Ruch, en 1878, cette maison fît d'abord des matières colorantes à Pantin. En i8g5, Tnsine fut cédée à M. Edmond Ruch, et M. Alphonse Ruch fonda à Aubervillers un établissement pour Texploitation de ses brevets relatifs à la fabrication de la ^ycérine. Cette usine occupe une superficie de 3, 000 mètres carrés de terrain. La maison a exposé des glycérines brûles, raffinées, des sulfo-oléates, des glycérophosphates, des huiles solubies, etc.

M. Roux [Charlbs) fils, Canàplb (Cit.), successeur, rue Sainte, Si , à Marseille (Bouches-du-Rhône).

La maison Charles Roux fu.8, actuellement Charies Roux fils, Canaple (Gh.) successeur, a été fondée, en 1838, par M. Charies Roux, père de Tun des membres de la raison sociale actuelle. Successivement agrandi, rétablissement comporte aujourd'hui trois usines communiquant entre dles. Chacune d'elles a en quelque sorte sa spécialité.

Dans la première , Le Poulkariez, se fabrique spécialement le savon marbré bleu pâle et bleu vif, dont la production annuelle est de 3,5oo,ooo kilogrammes.

Dans la seconde désignée Le Puits, se prépare du savon blanc à base d'huile d'olive (Daumas d'Alleon); die en fournit par an 5oo,ooo kilogrammes. C'est également dans cette usine que se fabrique le savon de pulpes, marque les Lutteurs, dont la production annuelle est de 800 tonnes.

La troisième , appelée la GavoUe, est destinée à faire les savons blancs en pains , barres et morceaux frappés (savon blanc 60 p. 100, marque la Cornue, et savon blanc extra 73 p. 100, marque la Girafe), et livre annuellement 3,5oo,ooo kilogrammes, soit une production totale de 8,3oo,ooo kilogrammes de savon, à laquelle il convient d'ajouter i5o,ooo kilogrammes de glycérine.

Comme on le voit, tout en continuant à fabriquer le savon marbré bleu pale et bleu vif, qui reste toujours une spécialité de la maison , et qui a fait sa juste réputation , M. Canaple a su diriger tous ses efforts sur la fabrication du savon blanc pour industrie, et du savon unicolore pour ménage, au point de donner, dans sa maison , une extension considérable à ces deux importantes branches de l'industrie savon nière.

Les corps gras employés sont les huiles d'olives de Provence, d'Italie , de la Grèce, d'Asie-Mineure, d'Algérie, de Tunisie; les corps gras extraits des pulpes d'olives au moyen du sulfure de cai*bone; les huiles d'arachides qui facilitent le durcissement des savons, celles des sésames bigarrés et brunis, obtenues , pour les deux tiers , par pression à chaud ; les huiles de noix de coco et de palmiste.

La maison fiiit, en partie, elle-même sa soude caustique en partant de la soude Leblanc ou de la soude à Tammoniaque. Les colorants employés pour fiiire les savons marbres sont le suifiite de fer et le coloothar.

Cbimiste lui-même, M. Charies Roux a constanunent tenu sa maison à la hauteur des progrès de la science, el son successeur, M. Canaple , s*e8t fait un devoir de continuer les traditions de rétablissement et de s adjoindre un chimiste versé dans Tart de la savonnerie et ayant une parEaite connaissance des corps gras.

Société anonyme de satonneme marseillaise, chemin du Rouet, 90, à Marseille.

Cette Société a été formée, en 1899, par la fusion des quatre savonneries appartenant à : 1* Mes^ sieurs Tempier et fils; a' MM. Richaud et Dubois; 3* MM. Sape et G*'; &*M. A. Rérard.

Les articles fabriqués ne difi^rent en rien de ceux de la plupart des savonneries maneSSiises. La maison n exposé divers échantillons de savons unicolores et marbrés, ainn que les sous-produits ordinaires.

Société anonyme de la stéarine de Dijon, à Dijon (Côle-d'Or).

Cette Société a été fondée, en 1893, et s*occupe de la £Bd>rication des bougies stéariques, de Tacide oléique et de la glycérine.

Son chiffre d*affaires qu'elle accuse être de 3,898,000 francs par an, a plus que triplé depuis

Société marseillaise des glycérines distillées, rue de Piqpus, 1, à Marseille (Bouches-du-Rhône).

Fondée, en 1897, P^ ^^' ^^* Diemer et Marc Poupardin, qui étaient associés, depuis 1876, pour Texploitation d'un commerce de graines oléagineuses, d'une huilerie et d'une savonnerie, cette distillerie devint le corollaire naturel de ces différentes industries.

L'usine exploitée par la Société est située cliemin de Sainte- Marthe. Elle s'occupe de Textraction de la glycérine contenue dans les eaux provenant des savonneries. Ces eaux, fortement chargées de matières étrangères sont d'abord débarrassées des impivetés nuisibles à la distillation , par une série de traitements chimiques et mécaniques. Le liquide ainsi purifié et ne contenant plus en dissolution qu'un certain pourcentage de chlorure de sodium, est ensuite concentré dans des évaporateurs à effets multiples exécutés d'après les plans de M. Paché , directeur technique de l'usine. Cette concentration se fait dans le vide, et au fur et à mesure que le sel cristallise, il &st éliminé. La lessive concentrée est ensuite filtrée, puis distillée dans le vide à l'aide d'appareils appropriés qu'on évite de chauffer à feu nu. Le produit distillé est concentré au degré nécessaire et décoloré au moyen d'un noir spécial.

Actuellement i,5oo kilogrammes de produits bruts sont mis en fabrication journellement et produisent environ 3,5oo kilogrammes de glycérine distillée.

La Société est seule en Europe, sauf en Angleterre, qui soit arrivée à produire de la glycérine chimiquement pure avec les lessives de savonnerie.

Son exposition ne comportait que des glycérines.

Société de stéàrinerie et savonnerie de Lyon, chemin de Gerland, 60, à Lyon.

Cette Sociëlë, fondée en 1895, au capital de deux millions de francs, résulte de la fusion de cinq stéarineries existantes à Lyon et dont la fondation remontait à 1 887-1 8A0.

Elle fabrique la stéarine dans deux usines, appliquant dans Tune la saponification calcaire, et dans l'autre, la distillation des corps gras. Elle s'occupe, en outre, du blanchiment de la cire et de la fabrication des cierges en cire, des divers savons blancs, marbrés, des savons industriels à Toléine, des savons résineux , de la glycérine. Son matériel comprend des générateurs d'une force totale de 1 ,600 chevaux, de plusieurs machines à vapeur d'une force totale de 3oo chevaux, de 7 appareils h saponifier (système Droux), de 3 appareils à distiller, de 36 presses hydrauliques, de 170 machines à couler de 3 machines à glace pour le refroidissement des oléines, de 91 filtres-presses et d'une installation complète pour l'extraction des corps gras par le sulfure de carbone. Tous les ateliers sont éclairés h l'électricité.

Les matières premières qu'elle emploie comprennent : 6,5oo,ooo kilogrammes de matières grasses (suifs et huiles de palmes) utilisées pour la stéarinerie et i,qoo,ooo kilogrammes de matières premières destinées à la savonnerie.

Ses rendements moyens sont, pour la saponification : 5o à 5s p. 100 d'acide sléarique, 43 p. 100 à 45 p. 100 d'acide oléique et 10 p. 100 de glycérine à 98 degrés; pour la distillation après saponification et acidification : 60 à 69 p. 100 d'acide stéarique, 39 à 3& p. 100 d'acide oléique et 8 p. 1 00 de glycérine.

Sa production annuelle s'élève à 5,ooo,ooo de paquets de bougies, i,5oo tonnes d'acide stéanque, 5, 800 tonnes d'acide oléique, 700 tonnes de glycérine et 1,600 tonnes de savons. Une partie de sa production est écoulée en Algérie, en Italie, en Suisse et dans les Balkans. Son personnel se compose de 5oo ouvriers et ouvrières.

Les produits exposés étaient de très belle qualité et comportaient des acides stéariques et oléique de saponification et de distillation , des bougies stéariques , des glycérines , des savons divers , des cierges en st^rine el en cire blanche et des bougies de couleur.

Syndicat des Fabricants de savons de Marseille, place de la Bourse, 1, à Marseille.

Ce syndicat comprenant tous les fabricants de savon de Marseille , dont la plupart ont leur propre exposition , ne pouvait exposer que des produits qui figurent déjà dans d'autres vitrines. Les échantillons de savons divers et des sous-produits étaient naturellement des spécimens de choix.

MM. Talvande frères et Douadlt, à Nantes (Loire-Inférieure). Capital social : 3,4 00,000 francs entièrement versés.

Cet établissement a été créé, en 1877, par ses propriétaires actuels, sous la dénomination de5avomerie marseillaise de F Abbaye.

n comprend aujourd'hui :

1** Une fabrique de savons de tous genres, produisant environ 5oo,ooo kilogrammes de savons par mois ;

ARTS CfflMIQUES ET PHARMACIE. 369

9* Une frbrique d*liuile de coprah, composée de 97 presses marseillaises triturant environ 3o,ooo kilograifimes d^amandes de coprah par vingt-quatre heures, soit 9,000,000 de kilogrammes par an , représentant une production en huiles de 6,000,000 de kilogrammes, et en tourteaux de 3,000,000 de kilogrammes par an:

3* Une fabrique d*huiles de coton, composée de deux séries de presses comprenant chacune & presses anglo^américaines triturant ensemble &o,ooo kilogrammes de graines par vingt-quati^ heures, représentant une production en huiles de 9,000,000 de kilogrammes et en tourteaux de 10,000,000 de kilogrammes par an ;

A* Une fabrique de glycérine, composée de à autoclaves, produisant 3oo,ooo kilogrammes de glycéîne de saponification par an;

5* Un atelier comprenant, d'une part, le matériel nécessaire à la caustification de 96,000 litres de lessives de carbonate de soude par vingt-quatre heures et à leur évaporation dans le vide; d'autre part, les appareils nécessaires à Textraction et à la concentration dans le vide de la ^ycérine contenue dans les lessives provenant de la saponification des matières non dég^ycerinées ;

6*" Plusieurs magasins pouvant abriter 8,000 à 10,000 tonnes de graines oléagineuses, 800 à 1,000 tonnes d'huiles et autres corps gras, /lo,ooo à 5o,ooo kilogrammes de glycérine, 1,000 à 1,900 tonnes de tourteaux, 700 à 800 tonnes de savons.

Le terrain occupé par rétablissement a une superficie de 99,000 mètres carrés.

Une des façades de rétablissement donne sur la Loire, où des estacades éclairées à Télectricité permettent le déchargement de steamers portant de 3,ooo à A, 000 tonnes.

Gomme dans toutes les usines bien comprises, un laboratoire de chimie ou se font les essais de toute nature , est annexé à rétablissement.

La production totale, au 1*' janvier 1900, a été évaluée à 9,335,ooo francs, ce qui représente, en comprenant les entrées et les sorties, un mouvement d'affaires, dépassant 18,000,000 de francs.

Le personnel attaché aux usines comprend, en marche normale, 190 hommes et &o femmes.

iW. TovRÀSSB {^Féux)^ 1 1, rue de la République, à Marseille.

La savonnerie Sainte-Anne a été fondée, en 1887, à Sainte-Anne, banlieue de Marseille, par MM. L. Fouquet et G** , qui l'ont cédée à M. Félix Tourassb , en 1 899.

Située sur un emplacement de 10,000 mètres carrés, cette usine comporte tout le perfectionnement moderne de l'industrie de la savonnerie, et peut produire annudiement 6,000 tonnes de savons, 95o tonnes environ de glycérine de lessive à 80 degrés.

Son savon la Mouche , renfermerait 70 p. 1 00 d'huile et d'alcali. La vente de ce produit qui n'était que de 1,000,000 de kilogrammes en 1891, a dépassé 3,ooo,ooo de kilogrammes en 1899.

MM. Troubàt bt C% à Montluçon (Allier).

Gette maison, dont les usines sont établies à la Groix Blanche, près Monduçon, a environ trente ans d'existence. Elle s'occupe principalement de mettre en valeur la cire de l'abeille , la blanchit et la transforme en cierges, encaustiques, cirages et pÂtes à polir les cuivres. Son exposition fort élégante, comprenait des échantillons divei*s de la plupart des produits qu'elle fabrique. Dans le but de iavoriserle développement de l'apiculture, elle a publié, pendant plusieurs années la Revue apicole et eoknwde, journal mensuel illustré.

Gb. XIV. — Cl. 87. — T. IL 2/1

IMPniMKlUB RATIONALZ.

M. Yaissier [Victor) 9 a , rue de Mouvaux, à Roubaix (Nord).

Fondée en 1869, par M. Antoine Vaissibr. sous le nom de Savonnerie des Nations, cette maison fut cédée, en 1878 , par le père à ses trois fils qui lexploilèrent sous le titre de Savonnerie Vaissier Jrères. En i883, die choisit le titre de Savonnerie du Congo, et devint, en 1888, la propriété exclusive de M. Victor Vaissier.

Les articles fabriqués sont des savons de ménage aromatisés aux amandes , des savons parfumés pour la toilette et tous les produits qui constituent ce que Ton appelle la parfumerie proprement dite.

Les matières premières employées sont les mêmes que celles de toutes les savonneries. II semble cependant qu'on fasse surtout usage du suif de bœuf.

La maison possède deux usines , dont Tune est affectée à la fabrication du savon , et Tautre à sa mise en valeur.

La première comprend : 4 générateurs pour le chauffage des cuves à savon; & chaudières en tôle, d'une capacité de 10,000 litres chacune, destinées k recevoir, fondre et épurer les corps gras avant leur transformation en savon; 6 cuves en fer battu, chauffées à la vapeur, contenant chacune 90,000 litres, servant à la cuisson du savon ; des bacs pour la caustification du carbonate, des mises, des pompes-étuves automatiques produisant chacune 5,ooo kilogrammes de savon sec par jour,

Dans une autre partie de Tusine, se fabriquent les savons k froid, avec un matériel spécial.

Le broyage du savon s'effectue dans un second établissement, au moyen de 6 broyeuses à quatre cylindres en granit. Broyé, parfumé et coloré, il passe au pelotage dans une salle comprenant 6 peloteuses boudineuses, qui compriment la pâte en une masse solide très serrée. Cette salle contient, en outre, 9 peloteuses de très grand modèle, pouvant peloter chacune 6,000 kilogranunes de savon par jour. Les boudins obtenus passent ensuite à la salle des frappeurs, oii fonctionnent i5 presses à bras et 3 presses 6 vapeiu* destinées k mouler et à marquer le savon.

En outre, dans une autre salle, travaillent 3 mouleurs et 3 tamiseuses à vapeur, pour pulvériser et tamiser le savon en poudre.

Deux puissants générateurs donnent la force motrice à une machine de i5o chevaux, qui actionne les appareils que nous venons d'énnmérer, ainsi qu'une dynamo et des ventilateurs.

La production quotidienne en savon de toilette serait de 100,000 pains, et la parfumerie débiterait 60,000 articles par jour.

Les usines occupent &00 ouvriers et ouvrières, et la maison possède, en outre, i5 employés de bureau et 90 représentants voyageurs.

M. V. Vaissier a des maisons de vente à Paris, Lyon, Alger, Tunis, Londres, Bruxelles, Constantinople, Copenhague, Johannesburg, Buenos- Ayres, etc. Tout le monde connaît d'ailleurs la publicité intensive dont le savon du Congo est l'objet.

ALLEMAGNE

De ce que les industries de la savonnerie et de la stéarinerie n'ont pas exposé dans la collectivité allemande de la Classe 87, il ne faudrait pas en conclure qu elles ne sont pas florissantes. En Allemagne ces industries ne figurent d'ailleurs point sous la rubrique générale : « Industrie chimique, d Seules la margarine et la glycérine sont rangées parmi les produits fabriqués par cette industrie.

La glycérine est traitée dans 7 fabriques qui produisent de 8,000 à 10,000 tonnes par an. La matière première , glycérine brute, vient en partie de l'étranger qui en 1 898

en a importe S^oUli tonnes et en 1899, 9,o3& tonnes. Le produit purifié est exporté, ^,390 tonnes d'une valeur de 5,697,000 francs, en 1898, et 9,736 tonnes en 1899. Or, on estime que la consonunation annuelle de ce produit oscille entre 60,000 et 80,000 tonnes.

La margarine est Tobjet d'une fabrication très étendue en Allemagne. Dès 1896, il n'y avait pas moins de 83 établissements occupant i,555 ouvriers, qui produisaient cette denrée. En 1898 on estimait la production totale à 11, 360, 000 francs. Pour cette fabrication il a fallu importer 3 1,999 ^^^^^^ d'oléomargarine brute; on a en outre tiré de l'étranger 537 tonnes de produit fabriqué pour couvrir les besoins. L'exportation n'a atteint que 397 tonnes pendant la même année.

AUTRICHE

Nous lisons dans la brochure concernant l'exposition autrichienne du Groupe XIV, Classe 87 : ce Jusqu'en 1813 la fabrication du savon et des chandelles fit partie d'une corporation routinière, et ce ne fut qu'en i83i que l'invention de la saponification calcaire de De Milly en permit l'exploitation en grand. Gustave de Milly installa à Vienne , en 1837, une fabrique de bougies; celle-ci fut transformée plus tard en une société par actions. La bougie supplanta bientôt le cierge si coûteux.

En 18&0, 13 savonneries se coalisèrent en formant la première association savonnière de l'Autriche, qui, sous le nom de fabriques de bougies «Apollow, devint rapidement une des plus grandes entreprises dans ce genre. L'emploi de l'acide stéarique solide, de la paraffine et de la cérésine rendit possible une plus grande extension de l'industrie des bougies, qui naturellement réagit favorablement sur la production du savon. La statistique officielle de l'industrie de l'année 1890 compte en tout, pour la savonnerie, 91 & entreprises dont &3 sont comptées comme entreprises industrielles manufacturières; elles emploient 53 machines à vapeur avec 563 chevaux, ainsi que 1,363 ouvriers et 83o ouvrières, w

M, Pamperl [Charles) fils, à Kalgenfurt.

Ancienne maison Hatheyer (Paal). A exposé des savons, de la margarine et des produits analogues.

MM. Sarg{F.'A,) fils et C', à Liesing, près Vienne.

Fabrique de bougien, de glycérine, de cérésine. C'est à Charles Sarg, chef de cette maison en 1867, que serait due la première observation qui ait ét^ faite de la propriété que possède la glycérine de cristalliser. De la glycérine concentrée , conservée dans des barriques et exposée an icoià de Thiver, s'était solidifiée et avait cristallise. Il poursuivit cette observation et chercha les conditions les meilleures dans lesquelles s'opère cette cristallisation. En 1871, il fut à même de produire en grand (5oo quintaux) de glycérine cristallisée.

Ce serait aussi à Sarg que reviendrait le mérite d'avoir le premier introduit la glycérine dans la fabrication du savon.

M. Waqbmann (Gust.)^ à Vienne, Magdaienenstrasse, 16, et à Trieste. (Usines à Vienne et à Trieste.)

Cette maison a expose différentes variétés de cérésine : blanche, blonde, jaune, ainsi qae des bougies de cér&ine. EUe se sert, pour la fabrication de tous ces produits, de rozokérite de Galîcie.

Fàbriqvb autrichienne de savons fxApoLLoy>j à Vienne, ApoUogasse, 6.

On a vu plus haut Torigine de cette puissante maison qui a exposé de très beaux spécimeus de bougies stéariques et de savons de sa fabrication.

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