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V. DI ET TRIPHÉNYLMÉTHANE

Cette série comprend lune des premières en date et en importance des matières colorantes artificielles, la fuchsine, et c'est une de celles qui se sont le plus rapidement développées dans les premières années de l'industrie qui nous occupe ; les colorants de cette série présentent en général un éclat extrêmement vif et un pouvoir colorant considérable, bien fait .pour attirer l'attention des chercheurs et qui justifient pleinement le succès qui accueillit l'apparition sur le marché des premiers d'entre eux. On sait que leur constitution chimique a fait l'objet d'un grand nombre de travaux et que la discussion est loin d'être close, puisque actuellement chacune des trois hypothèses de Rosenstiehl, Fischer et Nietzki ont encore de nombreux partisans; quoi qu'il en soit, on sait de façon certaine qu'à chaque colorant correspond un corps incolore qui en dérive par réduction (dérivé leuco) et que chaque leucodérivé oxydé engendre une base, un carbinol qui, en se combinant avec un acide fournit un colorant. Ces leuco sont formés de

deux ou plus souvent trois noyaux phényl (ou naphtyi) soudés à un même carbone (carbone central) et ayant en para de cette soudure des atomes d azote substitués; les colorants correspondants sont verts ou vert bleuâtre, s'il y a deux azotes, bleus ou violets s'il y en a trois.

La fuchsine a été découverte en iSSg par l'oxydation de ce qu'on appelait alors l'aniline et qui était formée de phénylamine et de ses homologues (Verguin); les procédés de préparation des colorants du triphénylméthane se sont depuis multipliés et perfectionnés et on compte actuellement :

i"* Oxydation des aminés ou les variantes qui consistent à réaliser systématiquement quelques-unes des réactions transitaires qu'on suppose avoir lieu dans le cours de cette oxydation (oxydation parles composés arsenicaux ou nitrodérivés aromatiques);

q"" Condensation des aldéhydes aromatiques avec les aminés (q molécules), ce qui donne toujours des leuco qu'il faut oxyder ;

Il V

3* Condensation des hydrols aromatiques (ex. Q^yC = 9 aminés tertiaires) avec une molécule d'aminé aromatique : obtention de leucos;

li'' Condensation de cétones aromatiques (aminés et COCl^) avec une molécule d'aminé aromatique : obtention directe du colorant.

Parmi ces colorants, il faut accorder une mention spéciale à ceux qui sont solides aux alcalis et dont la recherche a été la cause principale de la plupart dos travaux faits dans cette série pendant ces dernières années : le premier en date est le bleu patenté Meister et Lucius ( i888); la cause de sa résistance aux alcalis a été découverte par M. Suais et par M. Sandmeyer séparément ; elle réside dans la présence d'un groupe SO^H en ortho du carbone central.

En 1889, la série qui nous occupe comprenait un grand nombre de représentants, parmi lesquels les plus importants étaient les verts malachite et brillant, verts sulfo, bleu patenté, le vert solide bleuâtre, les fuchsines, les violets Hofmann, les violets de Paris, le violet cristallisé, les bleus de diphénylamine, bleu Victoria, bleu nuit, les violets acides, les violets alcalins, les bleus Nicholson, les bleus pour soie et pour coton et le vert méthyle.

Parmi les procédés nouveaux et les produits découverts depuis 1889, nous citerons :

L*oblen(ion de la parafucbfdne (en G**) par Toxydation du diamidodipbénylinélhane (aniline et formaldéhyde) en présence d'aniline. (D.R.P. 61 1&6 [Meister, Lodus].)

Obtention de facbsine en C* par le même procédé, rorthoiaidine remplaçant Taniline. (Rrevel fr. 903769.)

L'oblention du violet cristallisé (violet hexamétylé), en traitant la dimétbylaniline par les éthers formiques des alcools à poids moléculaire âevé (exemple formine de la glycérine). (Saint- Denis.)

Vert au chrome. Condensation d*hydrol avec aride benzoîque. (Brevet fr. so383o. [Bayer].)

Bleu glarier. Beazaldéhyde dichlorée (i.3.5) suramines tertiaires. (D.R.P. 71870. [Ind. chim., h Bâie).]

Ericoglaucine. Benzaldéhyde sulfonée sur éthylbenzylaniline salfonée. (Geigy.)

Gyanol. Benzaldéhyde m. hydroxylëe sur a mol. de moaométhylorthotoluidiae et disulfonation

en & et 6 de la leuco forinëe (procédé identique à celui qui donne ie bleu patenté, sauf en ce

qui concerne Famine employée). (D.R.P. 787 17. [Casselia].) Bleu cyanine. Oxydation du bleu patenté. (Brevet fr. siSaSi. [MeislerLucius].) Vert pour laine S. Cétone de dimélhyl (tétraméthyldiamidobenzophénone) + j3 naphtol et

sulfonation.

Bleu cétone. Cétone de dimétbyl + méthyldiphénylamine. (Meister Lucius.) Bleu alpine. Hydrol de tétraméthyldiamidodiphénylméthane monosulfoné + éthyibenzylaniline

sulfonée. (Geigy.) Bleu Helvétie. Oxydation du diphénylsulfodiamidodiphénylméthane en présence d*une molécule

de monosulfodiphénylamine. (D.R.P. 78092. [Geigy].) Bleu Victoria nouveau B. Gétone de dimélhyl + monoéthyl a naphtylamine. (Bayer.) Bleu de Chrome. Hydrol + acide a oxynaphtoïque; ce colorant doit à la présence des groupes

CO*H et OH en ortho la propriété de teindre les mordants. (D.R.P. 58483. [Bayer].) Bleus pour laine N, R et bleus turquoise G et qB. Bleu acide àB, Tétraéthyldiphénylnaphtyl carbinol disulfoné. Violet acide 6B. p. Diméthylamidobenzaldéhyde + 3 mol. éthylbenzylanilinesulfonée. (Aktien.

Ges.) Violet acide 6BN. Célone de dimétyl + m. éthoxyphényi p. tolylaminesulfonée. (Brevet fr.

214571. [ Muller-Badische ].) Violets acides 3BN et 4BN. Dérivés sulfonés de p. rosaniline alcoylée et benzylée. (Badische.) Violet formyle S4B. Oxydation de Tacide diéthyldibenzyldîaminodiphénylméthane disulfonique

en présence de dimétylaniline. (D.R.P. 62839. [Casselia, Geigy-Bayer).] Violet éthylé. Tétraéthyldiamidodiphénylmélhane (diéthylaniline + formaldéhyde) oxydé en

présence de diéthylaniline et de sulfale de cuivre. Violet acide loB. Hydrol + éthylbenzylsulfoaniline m. sulfoné. (Bayer.) Violet chrome. Hydrol+ 1 molécule d'acide salicylique. (D.R.P. 58483. [Bayer],) Violet au chrome. Formaldéhyde + 3 molécules d acide salicylique. (D.R.P. 49970. [Geigy].)

Ces deux derniers colorants destinés à la teinture des fibres mordancées aux sels métalliques.

VL PYRONINES. (RHODAMINES.)

Sous ce nom, nous rangerons les colorants dérivés du di ou triphénylméthane, mais dans lesquels deux des noyaux aromatiques auront entre eux, outre la liaison commune par le carbone central, une autre liaison par l'intermédiaire d'un atome d'oxygène; à cette liaison supplémentaire, ces colorants doivent sans doute la fluorescence parfois magnifique de leurs solutions, et l'éclat singulier qu'ils communiquent aux fibres par teinture. Ces colorants correspondent au schéma suivant :

H - G - (H ou noyau aromatique).

avec des groupes substituants tels que OH ou AzH^ alcoylés, phénylés ou non, placés dans les deux positions 4.

Ils peuvent être considérés comme dérivant du produit d'anhydrisation du diphénylméthane diorthohydroxyié.

Cette série peut être divisée en deux groupes principaux :

i"" FluorescéineSf si les groupes substituants en U sont phénoliques;

â** Rhodamînes si les groupes substituants en U sont amidés, avec un groupe mixte, terme de passage entre ces deux, mais qui ne contient pas de représentants intéressants au point de vue pratique.

En 1889, les pyronines comprenaient de nombreux colorants de chacun de ces deux groupes tels que la (iuoréscine et ses dérivés, éosine, primerose, lutécicnnc, érytbrosine, phloxine, cyanosine, rose bengale,et les corps les plus complexes comme la galléine et les céruléines, puis les rhodamiries marques B et 0; rhodamine S (succinéine), violamines B et R.

11 faut ajouter à ces colorants quelques dérivés nouveaux du diphénylméthane ;

Les pyronines G et B. Condensation des dimëlhyl ou diéthylmétamidophénols avec forcnaldë-

hyde, anhydrisalion et oxydation de la leuco formée. (Brevet fr. aooAoï. [Leonhardt].) Rouge d'acridine. Oxydotion plus avancée des pyronines. (D.R.P. 65a8s. [Leonhardt].) Cyclamine. Tëtrabromothiofluorescéine. (D.R.P, Sa 139. [Monnet].)

En 1889, on connaissait surtout les colorants pyroniques dérivés du triphénylméthane, et on les avait obtenus en condensant avec l'anhydride phtalique soit a molécules de résorcine, soit a molécules de dialcoyl m. amidophénols (rhodamines). A ces procédés il faut ajouter celui qui permet de passer d une série à l'autre et qui consiste à faire agir PCI* sur la fluorescéine , ce qui donne un dérivé dichloré qui, soumis à l'action d'une aminé grasse secondaire donne une rhodamine (D.R.P. 48867 [Meister Lucius]); et le procédé découvert par Bindschedler qui permet d'obtenir des rhodamines mixtes en condensant vers 100 degrés une molécule de m. amidophénol alcoylé avec une molécule d'anhydride phtalique (D.R.P. SBgSi); le corps intermédiaire ainsi formé réagit à volonté sur un m. amidophénol, ou un métadiphénol en donnant des rhodamines mixtes ou des fluorescéines-rhodamines (rhodols).

Les schémas suivants permettent de suivre ces deux réactions :

ô \C-(OH)

Chlorure de flaorescéine. Il

Fluoreseéiae > Rhodamine.

Ofl»Az(CH*)»

C(OH)\^jj

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