AMMONIAQUE LIQUIDE
ARTS CHIVIIOnES ET PHARMACIE. 165
La valeur totale de la production se chiffre donc par la somme de 7 1 9,5 1 & dollars.
Pour se faire une idée du développement que cette industrie des sous-produits est uppelée à prendre, il suffit de se rappeler qu'en 1889 le nombre des fours à coke se montait a 33,669, ^^^^ qu'en 1899 ce ^^^^^^ atteint le chiffre de &7,i&s , ce qui fait une augmentation de 1 4,483. Or, c'est à peine si 7 p. 100 de ces derniers fours sont installés en vue de la récupération des sous-produits.
ALLEMAGNE
En Allemagne, on a également suivi le mouvement, et cela avec d'autant plus d'ardeur, que l'Empire dispose de gisements houillers très étendus, et qu'il était tributaire de la Grande-Bretagne pour ses benzols et autres constituants du goudron. Il n'est peut être pas sans intérêt de rappeler que l'Allemagne a vu sa production houillère augmenter dans des proportions extraordinaires depuis l'année i85o. A cette époque, elle atteignait 5 millions de tonnes, en 1870, 70 millions de tonnes; en 1899, 9^ millions de tonnes, alors que la Grande-Bretagne produisait ao5 millions ; les Etats-Unis, 1 90 millions; la France, 39 millions (sur 55 millions consonunés) ; la Belgique, 2 a millions de tonnes.
Les fours qui sont généralement employés en Allemagne sont ceux d'Otto-Hoffmann. En 1900, 1,377 ^® ^^ ^^^^ étaient installés et produisaient par chaque série de 60, 90,000 tonnes de coke. Les gaz produits servent au chauffage des chaudières et à l'éclairage. Toutefois, comme il est impossible d'employer partout, pour ce dernier usage, le gaz que fournissent les fours à récupération, et que d'autre part, celui-ci entraine à l'état de vapeurs des quantités notables de benzine, 5 p. 100 seulement de la masse totale de ce carbure étant retenus par le goudron, on a imaginé (Brunck) de faire barboter les gaz des fours dans des huiles de goudron de densité moyenne qui retiennent prescfue la totalité des vapeurs de benzol. Cette pratique a permis à l'Allemagne de produire sur place environ 3 0,0 00 tonnes de benzol, c'est-à-dire 90 p. 100 de la quantité qu'elle consomme annuellement, et le jour où tous les fours à coke seront convertis ou remplacés par des fours à récupération, sa production pourra atteindre 80,000 tonnes de benzols.
Cette source de carbures est de la plus haute importance pour l'Allemagne, car étant donné l'extension qu'a prise dans ce pays l'industrie des matières colorantes et autres produits organiques qui ont pour base les carbures aromatiques, les conditions de \iladité de ces industries en seront augmentées, ainsi que leur chance de succès sm* le marché du monde. Comme nous l'avons déjà fait remarquer, le prix du coke, matière première indispensable pour la métallurgie du fer, sera allégé par le fait de la valeur qu'atteindront les sous-produits, ce qui permettra, d'autre part, à la métallurgie allemande, rien que parce qu'elle possède de vastes usines de produits organiques, non seulement d'éviter l'importation de fers étrangers, mais encore d'aller offrir les produits de sa métallurgie dans les pays avoisinants.
BeiUEols et autres carbures extraits du goudron de houille. — De tous les sousproduits provenant de la distillation de la houille , les carbures aromatiques sont incontestablement ceux c[ui présentent, pour le chimiste, le plus d'intérêt grâce aux nombreuses applications dont ils sont l'objet. Depuis que le procédé Solvay pour la préparation de la soude règne en mattre dans la grande industrie, l'ammoniaque est, sans doute, également devenu un prodmt de première nécessité, puisqu'au début l'introduction des fours à récupération dans les cokeries avait pour principal but de pourvoir régulièrement en anunoniaque les usines à soude. Ce n'est donc qu'incidemment et parce qu'il fallait se procurer de l'ammoniaque à un taux rémunérateur, que la production des benzols , de l'anthracène et de la naphtaline a augmenté. Mais, en dépassant momentanément les besoins de l'industrie , celte production intensive a eu pour effet d'abaisser notablement le prix de ces carbures. Les cours des benzols ont notamment subi les fluctuations suivantes de i88q à 1901 :
En i88â, entre âso et 5oo francs les 100 kilogrammes; en i885, entre 63 fr. 5o et 119 fr. 5o; en 1890, entre laB et i56 francs; en 1892, entre 5o et 76 francs; en 1896, entre 63 fr. 5o et i5o francs; et, en moyenne : en 1897, à 80 francs; en 1898, à 3i fr. â5; en 1899 et 1900, à d5 francs, et en 1901 à 3i fr. â5.
Cette baisse des cours a eu d'abord pour conséquence de décourager toutes les tentatives faites pour trouver d'autres sources de carbures aromatiques, notanunent celles qui consistaient à transformer les résidus de pétrole de Bakou en ces carbures. Elle a, de plus, eu pour effet de chercher de nouveau^ emplois pour les benzols, et les essais effectués récemment semblent démontrer que , mélangée à son volume d'alcool , la benzine convient parfaitement pour l'éclairage et pour les différents moteurs dans lesquels on faisait jusqu'à présent usage d'essence de pétrole.
Mais, comme nous allons le voir, sous le nom de benzols on entend des mélanges en
proportions variables de benzène C^H^, de toluène C^H^CH', de xylènes C®H^\^/^U3, de
cumènes C^H^(CH*)^, etc. Or, parmi ces carbures, le toluène possède actuellement une valeur plus grande que le benzène et pourrait encore augmenter de prix, si les essais tentés pour le transformer économiquement en aldéhyde orthonitrobenzoïque et partant en indigo, étaient couronnés de succès.
On voit donc, en résumé, que cette surproduction de benzols ne sera que momentanée et que l'industrie européenne trouvera facilement à les utiliser, ce qui lui permettra de diminuer, dans une certaine mesure , le tribut qu'elle paye aux pays étrangers qui lui fournissent du pétrole.
Dans les transactions commerciales, on comprend sous le nom de benzols à 90, 5o, 3 ^*^ ou p. 1 00 des mélanges de carbures dans lesquels le fractionnement accuse respectivement 90, 60, 3o p. 100 de produits passant au-dessous de 100 degrés, sous la pression ordinaire. La marque p. 100 doit renfermer 90 p. 1 00 de carbures distillant
('î La marque 3o a (olaicment disparu du commerce.
de 100 à 130 degrés et est, par conséquent, principalement constituée par du.toluène.
Ces marques furent introduites dans le commerce par l'Angleterre qui, jusque dans les années i88o-i88a, détenait en quelque sorte le monopole de la production des benzols, gr&ce à ses nombreuses usines à gaz et à ses distilleries de goudron.
D'après une longue série d'observations dues à MM. Kraemer et Spilker, ces produits renferment en réalité :
BB1I20I.8 k 90 . à 5o p. 100
Eau 0.060 H u
Paraffine 0.100 o,35 o.5o
Sulfure de carbone 0.686 0.89 t
Corps se combinant au brome , dont le thiophène. i.aoa i.a3 0.8a
Benzène 80.92a 45. 87 i3.5/i
Toluène i4.85o 4o.3a 78.43
Xylène 2.180 ia.44 11.69
Cette composition répond à celle des produits commerciaux obtenus dans des distillations normales. Mais, comme le fait observer M. Frank ^^^ dans un article très judicieux sur les benzols industriels, d'autres mélanges que ceux qu'on obtient industriellement peuvent répondre aux conditions sommaires imposées par la marque. C'est ainsi, par exemple, que le benzol marquant 90 peut être constitué par lés quatre compositions suivantes :
1" 82 p. 100 de benzène et 18 p. leo de toluène; 2° 93 p. 100 de benzène et 7.8 p. 100 de xylène; 3** 90 p. 100 de benzène et 5 p. 100 de toluène + 5 p. 100 de xylène; 4" 84 p. 100 de benzène-}- 1 3 p. 1 00 de toluène + 3 p. 100 de xylène, qui, toutes trois, donnent au fractionnement 90 p. 100 de produits passant au-dessous de 100 degrés. Or, étant donné que le toluène a une plus grande valeur que le benzène et le xylène, l'acheteur risque d'être lésé en se bornant à accepter, sans vérification ultérieure de la nature et de la quantité des carbures passant au-dessus de 80 degrés, point d'ébullition de la benzine, un benzol marquant simplement 90.
Parmi les mélanges que nous venons de signaler, seule la composition du numéro k répond à celle du produit que la distillation normde des carbures four^^it habituellement.