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EXTRACTION DU NAPHTE ET PRODUCTION DU PETROLE EN RUSSIE ET EN AMÉRIQUE

Tableau comparatif

Extraction du Naplite en Russie

Amérique

.^^.^^.^«^. Production du pétrole en Russie " ~ ~..T Amérique

Fig. loa.

core, M. Ch.-F. Mabery, en distillant sous pression réduite de 5o millimètres les portions élevées de ces pétroles, a réussi à caractériser les termes en C*^, G^*,C**,C'% C^^, C^®, C^*, C^S C^ C^, G^^ et C^, tous corps qui bouillent à une température supérieure à â 1 6 degrés sous la pression indiquée de 5o millimètres.

On sait, d'autre part, depuis longtemps, que^ces pétroles renferment de petites quantités de carbures benzéniques, parmi lesquels on a isolé le cumène, le mésitylène, le pseudocumène, le cymène, lïsocymène, le durène et Tisodurène.

Dans ce type, on peut comprendre les pétroles du Canada, de TOhio, de Roumanie, quoiqu'il y ait certaines différences non seulement entre ce groupe d'huiles et celle de Pensylvanie, mais encore entre chacune d'elles.

Les pétroles de l'Ohio et du Canada sont, en effet, relativement riches en dérivés sulfurés qui, pour ceux du Canada, répondraient aux formules CH'^S, C^H^^S, C®H^*S, Gioflaos, C"H22S, C^^H^^S et Cm^S (Mabery et W. 0. Quayle).

Quant aux pétroles de Roumanie, ils ont été successivement étudiés par MM. Edeleanu, Filité, Saligny, Poin, etc. Ce dernier auteur y a caractérisé l'éthane, le propane, le butane, l'isopentane, l'hexane, de l'heptane à côté de grandes quantités d'heptanène, puis du pentaméthylène, du méthylpentaméthylène, du méthylhexaméthylène, du benzène, du toluène, etc. Ces pétroles renferment également plus ou moins de dérivés sulfurés, suivant les puits qui les ont fournis.

Au second type de pétrole correspondent surtout les huiles de Russie, en particulier celles de la presqu'île d'Apschéron (Rakou, Ralakhany). Ces huiles, outre des carbures benzéniques, renferment surtout des carbures cycliques saturés, appelés polyméthyléniques ou naphtènes. On a cru, pendant longtemps, qu'ils étaient uniquement formés d'hexahydrobenzène ou hexaméthylène et d'homologues supérieures de ce carbure. Mais il semble, d'après les dernières recherches d'un grand nombre de savants russes, parmi lesquels nous citerons en première ligne MM. Reilstein, Kurbatoff, MarkowinkoflF, Aschan, Zelinsky, etc., que la constitution de ces pétroles est beaucoup plus compliquée, et qu'ils renferment: i* deâ dérivés hexahydrés du benzène, C^H^^ et homologues; a^'des dérivés du pentaméthylène C*H^® et homologues. La présence de ces deux classes de carbures, qu'on comprend sous la dénomination générale de naphtènes CH^, isomériques avec les carbures éthyléniques de série grasse, n'exclue pas celle d'autres classes, comme certains représentants déjà isolés le font supposer.

Les pétroles du Caucase et de la presqu'île d'Apschéron sont composés dans la proportion de 8o à 90 p. 1 00 de ces carbures cycliques.

Les pétroles de Californie ont beaucoup d'analogie avec ceux de Rakou, quoiqu'on y ait trouvé de Yhexane. On y rencontre, en effet , du benzène, du toluène, du méta-xylène, du mésytilène , du pseudocumène , du durène, etc. , avec de l'hexaméthylène et de l'hexahydrotoluène, et les carbures polyméthyléniques de C®H*^ à C^^H*^. Mais ils s'en distinguent par la présence d'une plus notable quantité de bases répondant aux formules : C^^H^'^Az, C^^H^^Az, C^^H^^Az, C'^Hi^Az, C^^H^^Az et C^H^^Az, bases qui sont probablement des combinaisons tétrahydrogénées possédant soit un noyau tétrahydropyridique, soit un

noyau tétrahydroquinoléique. L'azote contenu dans ces pétroles et imputable aux bases varie de 0.9 à 3.89 p. 100.

Les pétroles du Texas peuvent aussi se ranger dans une certaine n^esure à côté de ceux de Russie, (juoi<{ue les carbures qui concourent à leur formation répondent à la formule générale C"H^~^ et qu'ils soient complètement saturés. Ils ne se combinent, en effet, pas au brome, de sorte qu'on ne peut les envisager ni comme des carbures acétyléniques de la série grasse, ni comme des naphténènes à un seul noyau. MM. Mabery et D. Buck émettent l'hypothèse que ces singuliers composés sont encore des carbures polyméthyléniques , mais, au lieu de renfermer un noyau, ils en contiennent deux.

On a isolé de ces pétroles les termes C*^H^, C^*H^ jusqu'au carbure C^H*®. La teneur en soufre des échantillons analysés s'est élevée k o.^li ^. loo.

Les pétroles du Japon, étudiés par MM. Charles-F. Habery et S. Takano, renferment du soufre et de l'azote en quantités variables avec l'origine et semblent se rapprocher de ceux de la Californie. Ils sont plus riches en homologues du benzène que les naphtes de Pensylvanie et sont composés de carbures polyméthyléniques depuis l'hexaméthylène jusqu'au dodékanaphtène C^^H^. Les portions plus élevées paraissent être constituées par des carbures C"H**~* et C"H^"* et des paraffines.

Les pétroles de Galicie semblent tenir le milieu entre les pétroles de Russie et ceux de Pensylvanie. Ils contiennent, eji effet, de notables quantités de carbures saturés de la série aliphatique et des carbures polyméthyléniques.

Ce léger aperçu des recherches dont les huiles minérales ont été l'objet montre que la chimie des produits qui les composent est loin d'être terminée. Les difficultés que présente la séparation par distillation fractionnée de chacun des composants, l'incertitude dans laquelle on se trouve sur la préexistence des corps qu'on a isolés à de hautes températures, la constitution spéciale que présentent certains termes élevés dans les séries, font voir qu'on est encore loin d'être fixé sur la nature pré/;ise des carbures dont sont constitués beaucoup de pétroles.

Il en est naturellement de même quand on aborde la question des origines des huiles minérales. Les hypothèses de MM. Berthelot, Mendeleef, etc., plus ou moins renouvelées de nos jours, celles de MM. Engler et Hofer, Ochsenius, Zaloziecki ont toutes quelque chose de fondé et reposent chacune sur des données expérimentales. Eu égard aux différences qui ont été établies dans la constitution de certains pétroles, il est probable que ces produits sont dus, non pas à une unique et même réaction, mais à des processus qui peuvent avoir pour base des combinaisons minérales (carbures métalliques) ou des matières d'origine organique (plantes, cadavres d'animaux).

Désulfuration des pétroles. — Nous avons vu (pie beaucoup de pétroles sont plus ou moins riches en soufre, lequel, sous la forme de composés sulfurés, leur communique une odeur désagréable. La teneur en soufre des pétroles de l'Ohio, par exemple, peut aller jusqu'à o.5 p. 1 00 ; aussi, ces produits, outre l'odeur désagréable qu'ils possèdent ,

présentent le grand inconvénient de donner a la combustion des quantités appréciables d acide sulfureux.

Aux Etats-Uni^, on s'est attaché à éliminer ce soufre en chauffant ces pétroles dans des appareils spéciaux, soit à l'état liquide, soit à l'état de vapeurs, avec de l'oxydé de cuivre bien divisé et mélangé avec de l'oxyde de fer. Pour que la désulfuration se produise, il est nécessaire de brasser la matière pendant toute la durée de l'opération. Le sulfure de cuivre provenant de ce traitement est ensuite grillé dans des fours à étage, et rentre de nouveau dans la fabrication.

L'usure à laquelle sont exposés les appareils où se font ces opérations, fait supposer que la désulfiu*ation ne se produit pas, en réalité, entre l'oxyde de cuivre et les composés sulfurés du pétrole, mais bien entre ces derniers et du cuivre réduit provenant de l'action du fer des appareils sur l'oxyde de cuivre.

Quoi qu'il en soit, le procédé que nous venons de décrire sommairement est employé à la raffinerie de Withing (Illinois), aux Etats-Unis, et est dû à M. Hermann Frasch. Il permet de réduire la teneur en soufre deo.5ào.o8p. loo.

D'autres procédés ont été préconisés pour opérer cette désulfuration. C'est ainsi qu'on emploie soit l'acide sulfurique concentré ordinaire ou ftunant, soit le même acide additionné de 0.5 à 1 p. 1 00 d'acide azotique. Ces méthodes de désulfuration réussissent en général fort bien et sont en partie utilisées dans la pratique.

Outre les dérivés sulftirés de la série aliphatique dont il a été question à propos des pétroles du Canada et de l'Ohio, ces carbures semblent encore contenir des dérivés thiophéniques. Or, nous avons jadis montré que ces composés sulfurés peuvent facilement être éliminés des benzols^^^ commerciaux au moyen du chlorure d'aluminium. La méthode s'applique également à la désulAiration des essences de pétrole, de la ligroine et du pétrole lui-même. Il suffit d'abandonner ces carbures avec i à o.5 p. loo de chlorure d'aluminium, d'agiter de temps à autre, de décanter au bout de quelques jours et de distiller le produit en l'absence de toute humidité. Un dernier lavage à la soude, pour enlever l'acide chlorhydrique qui aurait pu se former, permet d'obtenir un produit absolument exempt de cette odeur si désagréable qu'exhalent les pétroles souillés de dérivés sulfurés.

Résidus provenant de la distillation des pétroles. — Ces résidus atteignent des proportions considérables, suivant la nature de l'huile minérale mise en œuvre. C'est ainsi que les naphtes de l'Ohio, après leur traitement en vue de l'extraction des essences, des huiles lampantes, laissent un résidu qui atteint environ la moitié du produit primitif. Il en est de même des naphtes de Russie, dont le résidu porte le nom de mazout.

Une partie de ces résidus est traitée en vue de la préparation des huiles à graisser, des paraffines et des vaselines. Mais la majeure partie (les deux tiers environ à Bakou) est employée telle quelle, comme combustible, pour le chauffage des chaudières et des locomotives, et même pour la métallurgie.

0) Hallbr et MiciiRL, Bull. Soc. chim. [3], t. XV, p. 890 ot io65.

On a fait, et on fait encore, diverses tentatives pour soumettre ces résidus à ia distillation dans un courant de vapeur d'eau surchauffée , ou à une simple destruction pj l'ogênée, de façon à scinder les carbures condensés en des carbures utilisables pour l'éclairage.

Un des procédés les plus anciens est celui qu'on appelle Cracking-dvftillation et qui a été appliqpié en Amérique. Ce procédé permet d'obtenir avec les résidus :

Huile lampante 60 p. i oo

Huiles lourdes 20

Coke 10

Gaz et pertes 10

Un autre dispositif de chaudières, dû à Popelka, est employé en Autriche-Hongrie (^t ^••Q Roumanie. Suivant les statisticpies fournies, il donnerait encore de meilleurs résultats que celui que nous venons d'exposer.

Un procédé qui n'a pas eu la sanction pratique, mais dont dérive dans une certaine

mesure le procédé de distillation de Ragosin, est celui qui est dA à Aleksejeff. H repose

sur la substitution à la vapeur d'eau surchauffée , de carbures légers et sur la pyrogénation

des vapeurs dans des récipients spéciaux, de façon à scinder les carbures lourds en car-

Aores pétroliques. Ce procédé , tout en donnant de bons résultats , a paru trop coûteux

comparativement aux anciens qui étaient en usage.

Gomme nous le disions plus haut, celui de Ragosin, qui a été breveté en 1897, procède dans une certaine mesure de la méthode d'Aleksejeff. Le dispositif employé iiflR?re cependant de celui de ce dernier praticien , et consiste en deux chaudières superposées et inclinées dans un sens inverse, conununiquant entre elles au moyen de conduits ^t avec un récipient à huile brute. Ce récipient alimente la chaudière inférieure de façon ^ue le niveau y reste constant; les vapeurs de carbures légers sont également introduites , ^** moyen d'un conduit spécial, dans cette chaudière et entraînent peu à peu dans la ^istillaition les carbures lourds dans la chaudière supérieure, où ils subissent la réaction Pyrogénée. Les produits, gaz et vapeurs, résultant de ce dédoublement sont séparés, conclei:isés et soumis à une rectification ultérieure. Les parties lourdes retournent, d'autre P^*^ 3 à la chaudière inférieure par une conduite aménagée à la partie la plus déclive de ^ •^tà^.udière supérieure.

■■-•c^ç^ résultats obtenus seraient les suivants : 100 parties de résidus auraient fourni :

Pétrole de dédoublemenl 6s.oo p. 100

Paraffiue 30.00

Résidu -asplial te 18.00

^^^^s premiers essais en grand ont été effectués, en 1898, dans une raffinerie d(î

^--«^s produits obtenus dans cette distillation destructive des résidus de pétrole ont ét«'

. ^i^s par divers auteiu's, notamment par MM. Engler et H. Griming, qui ont, en par-

^^■-i^r, élucidé la composition des huiles que fournit le «cracking-processT^. Les auteurs

ont d'abord soumis ces huiles à une série de fractionnements et ont recueilli les différentes portions distillant de 67 à 35o degrés. Chacune de ces portions a été traitée successivement par de l'acide sulfurique ordinaire dans la proportion de 3 volumes d'acide par 1 volume d'huile, puis par de l'acide à 5 p. 100 d'anhydride pour enlever les carbures oléfiniques et les séparer des paraffines et des naphtènes. Les portions isolées ont ensuite été soumises à des distillations fractionnées, et les carbures ont enfin été caractérisés par leurs constantes physiques ou par la préparation de quelques dérivés.

De l'ensemble de ces recherches, il résulte que ces produits de décomposition renferment :

i"* Des carbures oléfiniques depuis l'hexylène jusqu'au décylène;

9** Des carbures saturés CH'-^**"^ depuis l'hexane jusqu'au décane;

3° Des naphtènes C"H^ depuis l'hexanaphtène jusqu'au undécanaphtène;

4° Des carbures aromatiques parmi lesquels on a caractérisé le benzène, le toluène, l'ortho et le métaxylène, le mésitylène, le pseudocumène.

Quant aux carbures plus condensés qu'on obtient par la distillation destructive , ils ont fait l'objet dune étude spéciale de la part de MM. Zaloziecki et L. Gans, qui leur donnent le nom de pétrocènes. D'après ces savants, les pétrocènes sont des carbures solides, à points de fusion très élevés, de la formule générale C^H^""^**, qui existent dans les derniers résidus de la distillation des pétroles, et qui se forment quand on pousse cette distillation jusqu'au point où il ne reste plus que du coke dans les appareils.

Les pétrocènes se dissolvent dans l'acide sulfurique concentré , fournissent en liqueur chloroformique des picrates et se prêtent facilement à l'hydrogénation. Leur oxydation au moyen de l'acide chromique ne donnent lieu ni à la formation de quinones , ni à celle d'acides aromaticpes, mais aboutit à une destruction complète des molécules.

Suivant M. Zaloziecki, les pétrocènes dérivent probablement aussi de la classe des carbures polyméthyléniques ou des naphténènes, par l'union éventuelle de plusieurs noyaux pentaméthyléniques entre eux ou avec des chaînes tétra ou hexaméthyléniques.

Utilisation des sous-produits. — Dans le cours des traitements des différentes fractions des huiles minérsdes par les agents étrangers, comme l'acide sulfurique et les alcalis, on obtient, par neutralisation des liqueurs acides ou alcalines, des déchets qui. dans certaines usines, atteignent des volumes considérables. Dans les seules raffineries du centre de Bakou, ces déchets s'élèvent par an à près de 5oo tonnes pour le traitement acide et à 3 00 tonnes pour le traitement alcalin.

Pour les déchets acides, on n'a réussi jusqu'ici qu'à en retirer l'acide minéral, ce qui, en raison de l'énorme quantité, parait encore être rémunérateur.

Quant ajux déchets provenant des traitements alcalins, on en a proposé l'utilisation comme agent d'imprégnation de traverses.de chemin de fer. Un autre point de vue tend à les faire accepter sous forme d'acides libres en remplacement de l'oléine dans la fabrication des savons. Leur odeur désagréable et pénétrante paraît cependant s'opposer à un emploi sérieux de ce côté. Mais des essais ont montré que ces acides naphténiques, pré-

cipités de leurs dissolutions alcalines et séchés, peuvent être distillés dans le vide en fournissant des produits tout à fait incolores, à odeur relativement faible, produits permettant d'obtenir des savons sodiques plus ou moins consistants, presque blancs. Les objets lavés avec ces savons purs présentent cependant toujours une légère odeur, mais excessivement désagréable , et il n'est pas possible de les en débarrasser.

L'aperçu sommaire que nous venons de donner de l'industrie pétrolifère dans les diverses parties du monde , les nombreux composés qu'on a extraits des huiles minérales , les caractères différentiels, basés sur un arrangement différent des éléments constituants, qui nous permettent de distinguer les pétroles les uns des autres, font de cette industrie et des produits qu'elle élabore, un des sujets les plus intéressants qui peuvent se présenter à l'activité et à la curiosité d'un chercheur. Si, en effet, l'étude des pétroles de Pensylvanie n'a rien de bien captivant, il n'en est pas de même de celle des naphtes de Russie, du Texas et du Japon, qui renferment des carbures polyméthyléniques à chaîne fermée. La chimie de ces corps est à peine ébauchée et déjà on entrevoit les relations qu'ils peuvent avoir avec des molécules bien connus de tout le monde, celles qui sont élaborées par les plantes odorantes et qui constituent nos parfums. Les quelques exemples signalés dans la littérature chimique, d'alcools, de cétones, d'éthers dérivés des naphtènes, nous font espérer qu'un jour ou l'autre nous trouverons dans ces carbures une matière première inépuisable pour édifier des synthèses de produits odorants et de pariiuns se rapprochant de ceux qu'élabore la nature.

Sans vouloir prétendre donner toute la littératiu'e concernant les pétroles, nous allons néanmoins indiquer sommairement traités et articles récents qui permettent de se faire une idée de l'état actuel de l'industrie pétrolifère.

Signalons, en premier lieu : Die Erdôle, de M. Engler; «Die destruktive destillation in der Erdôlindustrie n dans Sammlung chemischer und cliemisch, technischer Vartràge, du professeur Âhrens, t. V, fasc. 6; Le pétrole, de M. Riche;

Des articles sur l'utilisation des déchets de l'industrie des huiles minérales, de MM. A. Wischin, Zettsehrift, Jiir angewandte Chemie, t. XIII, 1900, p. 607; un autre de M. Ulzer dans le même journal, p. 1 978 ; un autre sur le pétrole et la chimie des naphtènes dans le Moniteur scientifique du docteur Quesneville (année 1901, p. 44o); de 31. Schell, compte rendu du Congrès sur l'industrie des pétroles tenu à Paris, du 16 au ù8 août et relaté dans Chemiker Zeitung , 1900, p. 9a d; les comptes rendus annuels sur Ja même industrie dans le même journal et, en particulier, celui de 1901, p. 486; enSuy \xue série d'articles insérés dans Chem. Revus fur Harz und Oel-Industrie et dans bs recueils de chimie pure comme dans ceux de chimie appUquée.

FRANCE

* ^^Vites les industries qui font l'objet de ce chapitre se trouvent largement représen-

^*x France, et si la matière première nécessaire à l'une d'elles nous vient de l'étranger,

^ ^^^înesde rectification, nos raffineries, qui ont pour mission de présenter- les divers

constituants du pétrole sous une forme pratique à la consommation, ne le cèdent en rien, comme installation et production, aux établissements les mieux outillés du continent.

Mais si nous ne possédons pas de sources de pétrole, on n'en exploite pas moins, dans certaines régions du pays, notamment dans les départements de Saône-et-Loiro (Autun) et de l'Allier, des gisements de schiste bituminetLC,

Ces schistes sont distillés dans des cornues semblables à celles qu'on emploie en Ecosse, où cette industrie est assez développée pour fournir comme produit secondaire jusqu'à iio,ooo tonnes de sulfate d'ammoniaque par an, et on obtient ainsi divers produits parmi lesquels nous citerons des- huiles lampantes, des huiles lourdes, différentes variétés de paraffine et du sulfate d'anunoniaque.

Cette industrie, qui date du commencement de la seconde moitié du xix* siècle, no doit son maintien qu'à la prime de 5 fr. 5o que lui octroie le gouvernement par loo kilogrammes d'huile de schiste produits. La production totale atteint, en France, environ 5 millions de kilogrammes.

Cette industrie était représentée à l'exposition de la Classe 63 par la Société lyonnaise DES schistes bitumeux, qui, outre les produits qu'elle fabrique, a montré des pétrifications qui ne laissent aucun doute sur l'origine animale de ces schistes , ce qui d'ailleurs ressort également de la grande quantité d'ammoniaque que fournissent ces matières lors de la distillation.

L'industrie de la carbonisation du bois qui date, en France, d'environ 8o ans, était à une certaine époque en pleine floraison et si, actuellement, les vingt-deux distilleries de bois, qui sont disséminées sur tout le territoire, souffi*ent d'une maladie de langueur, cela tient ni à un défaut de fabrication, ni à la qualité des produits qui est, d'uixe façon générale, de premier ordre, mais à un ensemble de causes parmi lesquelles il faut placer en première ligne la cherté de la matière première, le bois; en second lieu, la menace d'un manque de débouchés et aussi certaines mesurés fiscales à l'égard d'un des produits de la distillation.

Cette industrie est extrêmement importante et par les milliers d'ouvriers qu'elle intéresse directement ou indirectement dans des régions forestières parfois les plus reculées du sol, et par sa production qui s'élève de 5o,ooo à 55,ooo tonnes de produits finis, et enfin par la valeur de ces produits qui dépasse i5 millions de francs par an.

Connue nous l'avons déjà fait remarquer, les importations d'acide acétique, sous forme d'acétate de chaux, qui nous viennent des États-Unis, diminuent singulièrement les bénéfices du fait de la fabrication de cet article.

Quant au méthylène, il serait menacé et cela d'une façon tout à fait injuste, si loii en croit les doléances des distillateurs de bois.

La quantité de méthylène qu'on ajoute actuellement à l'alcool destiné aux usages industriels pour les dénaturer et les rendre impropres à la consommation de bouche est de 10 p. i oo. Outre le méthylène on introduit encore o,5 p. lOO de benzine.

R L'Administration de la Régie, d'accord en cela avec les spécialistes et les administrations fiscales des autres pays (Angleterre, Belgique, Hollande), estime qu'il faut, pour sauvegarder les intérêts du trésor et empêcher la fraude, introduire au moins cette quantité de lo p. loo de méthylène. Avec une dose moindre, elle craint de voir des négociants, peu scrupuleux, frauder en mélangeant simplement un hectolitre d'alcool dénaturé à un hectolitre d'alcool bon goût. Ainsi délayé, le méthylène ne pourrait plus servir de « témoin n et il deviendrait impossible de démontrer que les quantités dont on constaterait la présence ont réellement pour origine le méthylène ayant servi à la dénaturation : les fraudeurs pourraient prétendre avoir mis, par inadvertence, leur alcool dans des récipients ayant contenu du méthylène.

«Avec la dose massive de lo p. loo il en est autrement; il faudrait ajouter trop d'alcool bon goût pour ce noyer?) le méthylène, et Fopération ne laisserait plus un bénéfice suffisant pour tenter les fraudeurs.

«Au point de vue de l'hygiène, la dose massive a aussi cet immense avantage qu'il est impossible de masquer le goût désagréable du méthylène avec des essences et de vendre de l'alcool dénaturé conmie boissons, sous forme de cassis, de bitter, etc. . . Il n'en serait plus de même avec des doses de a à 5 p. loo.

R On demande la réduction de la dose de méthylène pour réduire le prix de revient de l'alcool dénaturé, dit-on. On affirme, sans examen attentif de la question, qu'il suffira de diminuer le coût du dénaturant pour voir augmenter la consommation de l'alcool dénaturé, en France comme en Allemagne.

Pour dénaturer un hectolitre d'alcool, on doit y ajouter lo litres de méthylène et un demi-litre de benzine. Cela étant, la majoration par hectolitre d'alcool sera, en tenant compte des divers cours :

Coût d'un hectolitre d'alcool. ... a8' oo 3o' oo 3a^ 76 35' 00 ko' 00 45' 00

10 litres méthylène 10 5o 10 5o 10 5o 10 5o 10 5o 10 5o

i/s litre benzine à 4o fr. Thectol. o ao o ao o ao o ao o ao o ao

Total pour un mëlaDge de

110 litres i/a 38 70 4o 70 43 45 45 70 5o 70 55 70

Soit par hectolitre 35 oa 36 83 39 3a 4i 35 45 87 5o 4o

Soit, par hectolitre, une majoration de 7 oa 6 83 6 63 6 35 5 87 5 4o

Si, par un moyen quelconque, on réduisait cette augmentation à 4 00 4 00 4 00 4 00 4 00 4 00

11 y aurait une réduction de . . « 3 oa a 83 a 63 a 35 1 87 1 4o

«Soît, en moyenne, environ 3 fr. 5o par hectolitre

«En France, on ne dénature guère, actuellement, avec le méthylène que 1 4 0,000 à 1 5 0,0 00 hectolitres par an. La réduction de 2 fr. 5o demandée représenterait donc 35o,oooà 875,000 francs, alors cpie le prix de l'alcool à dénaturer a varié souvent, Gb. XIV. — Cl. 87. — T. n. la

IMPBIIIKKII RATIOXiLlIi

d'une année à l'autre, de âo francs par hectolitre, soit de plus de 3 millions de francs sur le total. Ces variations du prix de l'alcool ont une tout autre importance que le coât soi-disant trop élevé de la dénaturation.

(t Au surplus, ces frais de dénaturation dont on parle tant n'auront aucune influence sur la vente de l'alcool dénatiu*é à partir du i" janvier 1902.

«En effet, à partir du 1" janvier 1909, l'Administration de la Régie, en vertu de l'article 69 de la loi de finances et de la circulaire N"* &65, du 6 novembre 19019 remboursera les frais de dénaturation à raison de 9 francs par hectolitre d'alcool pur dénaturé, soit donc 8 fr. 10 par hectolitre d'alcool à 90 degrés.

(c Gomme nous avons montré que les frais de dénaturation , dus à l'emploi du méthylène, varient de 5 fr. 4o à 7 fr. 02 suivant le prix de l'alcool, il en résulte qu'à partir du 1" janvier 1909, le coût du dénaturant, en France, sera absolument nul (^\ »

Eu égard à l'étendue des intérêts engagés dans cette industrie, nous avons tenu à exposer impartialement les arguments qu'elle invoque en faveur de son existence. Jusqu'à présent on ne connaît pratiquement pas de meilleur dénaturant qui puisse empêcher absolument la fraude, mais rien ne prouve qu'on n'en trouvera pas. Celui préconisé par M. Buisine, l'huile d'acétone de suint, qu'on pourrait obtenir en quantité illimitée et qui ne reviendrait qu'à 9 fr. 5o le litre, mériterait d'être mis à l'essai, car il suffirait d'en ajouter un pour cent pour rendre l'alcool inconsommable.

L'Administration des finances, en dégrevant les alcools du droit de dénaturation, comme elle vient de le faire, se trouvant lésée, cherchera sans aucun doute un autre dénaturant, quoique la véritable solution pour l'industrie et aussi pour le fisc ne réside pas dans l'efficacité plus ou moins grande du dénaturant qu'on trouvera. Gomme en Allemagne, oîi la législation est beaucoup plus large et beaucoup plus favorable à l'industrie, elle réside uniquement dans l'application ferme et résolue de la loi contre la fraude. Dans l'empire allemand le fraudeur encourt une amende énorme, hors de proportion avec le bénéfice à espérer, sans compter qu'en cas de récidive l'autorisation de dénaturation est impitoyablement refusée. Mais, en Allemagne, le Gouvernement est absolument indépendant du Parlement et peut appliquer la loi pénale dans toute sa rigueur.

Les considérations générales que nous avons développées au début de ce chapitre sur rindustrie du goudron de houille, ainsi que sur celle des produits résineux , nous dispensent d'entrer dans de plus longs détails.

Grâce à l'établissement des fours à récupération des sous-produits, aux lieu et place des anciens fours à coke, la France pourra s'affranchir peu à peu de la Grande-Bretagne en ce qui concerne les carbures et les sels ammoniacaux. Elle produira chez elle, avec sa propre houille, l'appoint de benzine nécessaire à la consommation de ses usines de produits chimiques et à celle, qui ne manquera pas de devenir très importante, des appareils d'éclairage et de force motrice.

Brockuro publiée par le syndicat des distillaleurs de bois.

Quant aux produits de la diètxUation de» résineux, leur qualité ne peut que s améliorer, maintenant que les industriels de toute la région des Landes s'inspirent des recherches et des conseils que leur prodigue le savant laborieux et désintéressé qui a pris leur cause en main. Monsieur Vèzes, professeur à la Faculté des sciences de Bordeaux, est actuellement, en France, l'homme le plus compétent en matière d'industrie des résineux et ses études consciencieuses ne manqueront pas de donner une impulsion féconde à cette industrie, si pouvoirs publics, départements, communes et particuliers continuent à encourager ses efforts et à subventionner le laboratoire et le service qu'il a organisés.

MM. Brigonnet et N avilie, rue du Landy, i5, à la Plaine Saint-Denis (Seine).

Celte maison, fondée en i8aa, a été la première en France (i858) à fabriquer industriellement de faniline, puis en 1860, du chlorure de benzyle, de ralcool benzyiique, de Taldéhyde et de Tacide beozoïque de synthèse. Sa fabrication 8*est également étendue à la préparation de la benzine cristallisabie, du toluène, des xylènes, des toluidines et de leurs sels, des nitrobenzine , nitroluènes et nitronaphtalines.

La distillation sous pression réduite de Taniline, des méthylauilines et du chlorure de benzyle lui a permis d^obtenir, en 1873, tous ces corps, en évitant le chauffage à feu nu et, par suite, toute rësiniGcation.

En 1878, utilisant la découverte de M. Camille Vincent, die a monté la fabrication du chlorure de méthyle par dëcomposition du chlorhydrate de triméth^mine. Celte nouvelle source de chlorure de méth^e lui a permis de pinnluire , dans un état de grande pureté , la mono et la diméthylamine très employée dans Tindustrie des matières colorantes.

Depuis 1888, elle fabrique égsiemeni, sous le nom d'exalgine, la méthylacétanilide , antipyréthique analogue à TacétanSide.

Outre ces divers produits, la maison s'occupe encore de la fabrication des nitrate, sulfate et chlorhydrate d'ammoniaque, du chlorure de baryum, de sidfate, carbonate et résinate de manganèse, des chlorures, bromures de méth^e et d'éthyle, du chloroforme, des essences de Wintergreen artificielle, de Mirbane, de Niobé, de TacétanUide, du noir animal, etc.

Sa production de vapeur est de i5o chevaux; elle possède six moteura d'une force totale de 55 chevaux et occupe 70 ouvriers.

Elle accuse comme chiffre d affaires annuel 1 million à i,â 00,000 francs.

Compagnie parisienne des asphaltes, rue d'Hauteville , 96, à Paris.

Cette Compagnie, prenant la suite de la Société française des asphdtes, fut fondée en 1879 et ne s'occupait alors que de travaux d'asphaltes.

L'année suivante elle entreprit la distillation des goudrons de gaz et créa, k cet effet, deux usines spéciales à Pantin et à Montargis (1891).

Ces deux établissements distiUent actuellement environ iâ,ooo tonnes de goudrons, et des instdlations nouvellement faites permettent de porter ce chiffre à ao,ooo tonnes. Les productions de celte distillation sont :

Le Brai, employé principalement pour la fabrication des agglomérés de houille.

L'Huik lourde ou Créosote, employée en grand pour le créosotage des traverses de chemins de fer.

La Naphudine. — La fabrication de la naphtaline blanche raffinée, qui n*existait pas en France, a été introduite dans les usines de la Compagnie en 1893, et elle en produit actuellement 900 tonnes par an. Cette fabrication peut présenter quelque avenir si le procédé de préparation de findigo de la Société badoise se maintient ; aussi la Compagnie est-elle en mesure de doubler sa production.

L'Anlhracène et les benzols, dont Tusage est bien connu.

L'exposition de la Société comprenait : du goudron brut et du goudron épuré ; différentes variétés de brai sec, gros et demi gros; des benzines, des anthracènes brutes et purifiés; des huiles de créosote, huiles d'anthracène lourdes et légères; naphtaline brute, blanche en poudre, en cristaux, sublimée; naphtaline pour dénaturation des sels, pour engrais, pour traitement de ta vigne; acide phénîque ; noir de fumée; peintures à base de goudron ; vernis incolore, etc.

MM. Constant (L.) et C'% rue de Neuilly, 1 1, à Clichy (Seine).

Fondée en 187a, cette maison s'occupe de diverses ûibrications qui n'ont aucun rapport entre elles. Son exposition comprenait surtout des huiles et des graisses industrielles pour le graissage; du tartrifage Constant pour la désincrutation des chaudières ; de Tinsecticide Constant, spécifique contre les chenilles, les pucerons et en général tous les parasites qui compromettent les récoltes agricoles.

MM. Desmarais frères, rue des Mathurins, ia, Paris.

Maison dont la fabrication se rapproche de celle de MM. Deutsch, de MM. Feuaille et Despeaiix et, en général, de toutes les maisons qui distUlent et épurent le prétrole brut.

Son exposition comprenait des essences et huiles de pétrole, de la paraffine, etc.

Compagnie parisienne d'éclairage et de chauffage par le gaz.

Cette Compagnie a été formée à la fin de i855 , par la réunion des usines appartenant aux diverses sociétés suivantes qui alimentaient alors l'éclairage de Paiis :

Compagnie anglaise, Maubt Wilson, Trudaine, 1819 (ancienne usine royale); Ternes, 189 1.

Compagnie française , Padwels fils aîné. Poissonnière, 1820.

Compagnie parisienne , Ddbochet, Pauwels et C", Ivry, i836.

Compagnie française , Vaugirard, i835.

ùm^agnie de Belleville, Daure et C^ Payn et C'*, i835.

Compagnie Lacarrière , Pauwels père, Grand Prieuré, i83C.

La Compagnie actuelle ne possède pas moins de neuf usines situées : à la Viilette , à Saint-Mandé , ^fort, Ivry, Vaugirard, Boulogne, Passy, Clichy et Landy. Son histoire, ainsi que celle des sociétés qui l'ont précédée, est intimement liée au développement et au progrès qu'a subi, au cours du siècle, la fabrication du gaz et le traitement des sous-produits.

D'origine française, puisqu'elle est due au malhem^eux LeboD, l'industrie du gaz a bénéficié amplement de l'intérêt que lui portaient à ses débuts les hommes de science , époque où savants et industriels se prêtaient un mutud appui et où cette défiance réciproque, qui a cours de nos jours, n'avait pas encore fait son apparition.

L'industrie du gaz n'est, en effet, pas seulement intéressante par elle-même, mais elle l'est encore et, certes, à un degré beaucoup plus élevé, par la mise en œuvre et le triage judicieux des sousproduits qui sont les compagnons obligés et inévitables de la production du gaz.

ARTS CfflMIQUES ET PHARMACIE. 181

Or, c'est surtout à cette dernière tAche et à Tatilisation de ces produits secondaires que la sagacité des savants, secondes par des hommes verses dans la pratique, a dû s^attacher. C'est à cette alliance, sans cesse renouvdée, de Télëment scientifique avec le personnd technique que sont dus les perfectionnements successifs réalisés dans le domaine de la fabrication économique des multiples produits, quon retire actuellement de ce que Ton considérait, au début de f industrie gazière, comme des matières réâduaires encombrantes.

Le mouvement scientifique provoqué par la mise à la portée des savants d'abord, des industriels ensuite, de composés jadis pour ainsi dire inaccessibles, a été considérable. 11 a eu sa répercussion sur un grand nombre d'industries, dont les unes lui doivent leur création, tandis que d'autres lui sont redevables de nombreux perfectionnements.

La Compagnie parisienne d'éclairage a contribué dans une notable mesure à l'ensemble des progrès réalisés dans cet ordre d'idées, grâce aux judicieux conseils de savants comme Dumas, Pelouze, Henri- Saint-Claire DeviHe, Troost, Audoin, etc.

Outre le gaz, dont les pouvoirs éclairants et calorifiques doivent être maintenus dans des limites stipulées par un cahier des charges, et cela malgré les fluctuations de composition des charbons naturels employés à sa £BJ)rication, la Compagnie s'est donc efforcée de retirer le meilleur parti des masses d'épuration ainsi que des goudrons.

11 ne saurait être question, dans ce rapport, de la succession des opérations que nécessitent la fabrication du gaz et l'extraction des divers produits secondaires qui prennent naissance dans cette fabrication. Nous nous bornerons à signaler ces produits, en même temps que leurs quantités, de fiiçon que le lecteur paisse se faire une idée du développement grandiose qu'a pris l'industrie gazière et ses bbrications connexes, depuis l'époque de la constitution de la Compagnie.

Pour la consommation du gaz, nuit et jour, pour le nombre graduel d'abonnés, la longueur des canalisations, le nombre des lanternes de Tédairage public, ainsi que pour les résultats financiers obtenus, nous renvoyons aux tableaux suivants qui sont suffisamment âoquents pour se passer de tout commentaire.

Outre le gaz, la Compagnie produit environ 55,ooo tonnes de goudron et i4o,ooo mètres cubes d'eau ammoniacale.

Ces goudrons, qui étaient distillés à l'origine dans des conditions fort défectueuses, dans deux petites usines, le sont actuellement dans un vaste établissement, muni d'appareils perfectionnés et rdié aux chemins de fer du Nord, de TEst et de la Ceinture, ainsi qu'au cand avec quai de débai*qnement spécial, grue à vapeur, etc.

Cette distillation produit : i* des huiles Itères, parmi lesquelles il faut citer le benzol (mâange de benzine et de toluène), qui sert en partie à enrichir le gaz provenant de certaines houilles pauvres. Une autre partie de la benzine est livrée aux fabricants de caoutchouc et aux usines de rectification , où l'on sépare par fi*actionnement la benzine de ses homologues supérieurs : toluène, xylènes, etc.;

a^'^^Des huiles lourdes, dont la manipulation se fait aussi bien que celle des huiles légères par pression d'eau , h l'aide d'appareds bien connus actuellement, mais dont la Compagnie a introduit Tusage dans ses ateliers vers i86o. Ces huiles lourdes, emmagasinées dans des réservoirs en t61e installés sur murs et placés au-dessus de cuvettes étanches , sont livrés aux Compagnies de chemins de fer ;

3** Du hrai, très apprécié pour la production des briquettes. Ce brai est obtenu dans des conditions de r^larité spéciales, ce qui présente des difficultés assez sérieuses depuis qu'on en retire ïanihraeène.

La fabrication de ce carbure, matière si importante et qui forme la base de toute une série de colorants très solides aux divers agents atmosphériques et chimiques, et dont l'alizarine est en quelque sorte le type, a été instdlée dans les ateliers de la Compagnie après de nombreux essais exécutés en 1869-1870. Le produit est livré, depuis nombre d'années, à une richesse dépassant notablement 5o p. 100, et cela par l'emploi de procédés spéciaux, mais sans benzine ou autres dissolvants coûteux et d'un emploi parfois gênant et dangereux.

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