TARARE
Mon voyage à Tarare a été court. Je n'y ai point trouvé, auprès du président de Tunique institution à laquelle je pouvais m'adresser pour obtenir des renseignements précis, la Chambre de commerce, l'accueil ([ue paraissaient devoir assurer le caractère et le but de cette étude.
Dans une ville qui est le centre d'une industrie d'art importante, la l)roderie sur tissus de coton, de laine et de soie, il n'existe qu'une très modeste institution d'enseignement artistique : une Ecole nmnicipale de dessin. Celle école, déjà ancienne — elle remonte à 1857 — a été réorganisée eli 1887, au point de vue de l'art décoratif, sur l'iniliative de l'administration des beaux-arts, qui, depuis cette époque, ajoute, chaque année, à titre d'encouragement, une somme de i,5oo fr. au budget de 3,5oo îv. voté par la municipalité. 72 élèves suivent les cours au nombre de 3: cours de dessin linéaire, 27 élèves; cours de dessin ornemental, l\o élèves; cours d'art décoratif, 5 élèves. Les résultats de l'enseignement qui y est donné sont excellents. Malheureusement, l'institution se trouve dans la situation la plus critique, la plus défavorable à son développement; et, j'ai pu me rendre compte qu'il n'a rien moins fallu de la part de ceux qui l'administrent et la dirigent qu'un dévouement profond et une foi inaltérable poiu' la maintenir et lui faire produire quelque chose. Elle a à lutter douloureusement contre l'hostilité du plus grand nombre des chefs d'ateliers. Et, pom'tant, me dit-on, l'industrie souffre, dans sa production artistique, d'une pénurie de (( piquem's » et de dessinateurs ; pour cette raison, la conciu'rence étrangère ne rencontre point toujours, sur le marché intérieur, rol)struction que lui présenterait constamment une fabrique mieux outillée siu' ce point. 11 semble qu'ici la passion sociale soit arrivée à un état si aigu qu'elle remporte sur les intérêts.