LA SOCIÉTÉ D'ART ET D'INDUSTRIE DE LA LOIRE
centralisera, à l'usage des industriels et des négociants, tous les documents français et étrangers intéressant l'industrie, le commerce d'exportation, toutes les informations adressées aux ministères des affaires étrangères et du commerce par les agents consulaires, par les chambres françaises de commerce à l'étranger, etc. ; et un bureau de consultations industrielles où les sociétaires trouveront la correction gratuite de plans, modèles, dessins et |)rojets et des conseils pour le perfectionnement des métiers.
La société aura son siège central à Saint-Etienne, où sera installé le Musée-Bibliothèque et d'où rayonnera son action sur toute la région. Elle se subdivisera en succursales, installées dans tous les centres de population. Ces succursales, constituées par les sociétaires inscrits dans leur ressort, ont pour but de défendre les intérêts locaux, de favoriser la propagande en faveur de l'institution dans des milieux familiaux et de centraliser les demandes de livi'es et de modèles du Musée-Bibliothèque.
La société groupera, comme éléments constitutifs, les munici[ialités, les syndicats ouvriers, les associations artistiques, les écoles primaires et secondaires, les écoles professionnelles et les écoles d'art de la région, les patrons, les chefs d'industrie, les ouvriers et les apprentis en nombre illimité.
Le 3o octobre 1888, l'association se constituait à la Chambre de commerce, sous la présidence de M. de Montgolfier, président de la chambre. Cent adhésions étaient immédiatement recueillies, produisant une somme de 5,000 fr., à laquelle venait s'ajouter une subvention de même chiffre votée par le conseil municipal. Pour témoigner de la vitalité de l'institution et provoquer un mouvement public en sa faveur, une Exposition spéciale de la soierie fut organisée, en février et mars de l'année suivante, dans le Palais des arts mis tout entier à la disposition de la société par la municipalité. Cette exposition avait pour but de donner en réduction, mais d'une manière complète et exacte, la représentation du futur musée. Les ministères de l'instruction publique, du commerce et des colonies, les musées des arts décoratifs de Paris, de Lyon, de Rome, de Saint-Pétersbourg, de Moscou et de l^udapest, participèrent, par des collections considérables d'œuvres d'art, à l'œuvre entreprise sous le patronage du ( iouvernement. Le succès de l'exposition fut tel que, le lendemain de sa clôture, le conseil municipal, sur les pétitions de la Chambre de commerce, des Chambres syndicales patronales et ouvrières de toutes les industries, votait à l'unanimité l'organisation immédiate, aux frais de la ville, d'un Musée municipal d'art et d'industrie, dont l'organisation m'était confiée exclusivement, d'après mes plans et progrannnes d'installation et de fonctionnement, o\ ([ui (Mail inauguré solen-
nellenient le 3 mai 1890. L'objectif principal de l'Association d'art et d'industrie de la Loire étant atteint, la plupart de ses membres fondateurs ayant été appelés par la municipalité à faire partie du conseil d'administration du musée composé de délégués du Conseil municipal, de la Chambre de commerce, du Tribunal de commerce, du Conseil des prud'hommes, des (]liaiiil)res syndicales patronales et ouvrières de toutes les industries d'art, on crui, dcîvoir dissoudre l'association. Ce fut une faute. Elle seule pouvait, pai- son action incessante de propagande extérieure, par la représentation collective de tous les intérêts des corporations industrielles, assurer le développement incessant du musée, lui faire rendre tout ce qu'on en devait espérer, et réaliser en outre les créalions diverses d'enseignement populaire (jiii auraient gravité autour du l-*alais des arts, complément logique et nécessaire de l'institution, mettant en œuvre ses éléments de progrès. C'<"st ainsi, par l'adjonction d'associations pm'ssantes de chefs d'ateliers, <r()uviiei's, d'artistes, d'industriels et de négociants, que les musées « (le Vienne, de Berlin, de Munich, de Dusseldorlf, de Harlem, de Nuremberg, etc., ont conquis une si grande influence, et rendent tant de services aux industries de ces villes et des régions dont elles sont les métropoles. Sans aucun doute, par exemple, cette association aurait reconstitué l'enseignement professionnel du soir, qui fonctionnait admirablement à Saint-Etienne avant la guerre, et qui, depuis vingt-cinq ans, à l'opinion Les cours générale, fait vivement défaut. La Bourse du travail épuise son maigre Bourse'du^travaii. budgct à orgauiscr des cours dont l'enseignement, malgré le dévouement de ceux (pii le donnent et la bonne volonté de ceux qui le reçoivent, reste à peu près st(Mile, parce qu'il manque d'une base scientilique sérieuse. J'avais rèv*' de l'onder là une grande école du soir et du dimanclie, semblable à celle (jui funclioniu' si bien à Charleroi, et qui comptait, en 1888, 860 élèves de tous âges et de tous métiers, et parmi lesquels il n'y avait pas moins de 100 mineurs. Les professeurs y sont des artistes et des savants. Au moment de mon en([uèt(% le cours dominical d'exploitation de la houihe était fait par un ing('ni(;ur en chef des mines de la province du Mainaut. L'école possède des collections Leclmiques, des bibliothèques d'art et de science, des cabinets (le physi(|ue et de chimie, des laboratoires ; et ce n'est point l'Elat et la