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sède le plus grand nombre possible de membres, afin d'avoir de grandes ressources et beaucoup d'influence, la communication de ces renseignements et de ces documents d'études est exclusivement réservée aux associés, (jui, en outre, ont le droit, pour s'éviter des déplacements onéreux, de se les faire envoyer à domicile.
Depuis longtemps, il est (juestion de la création, au Puy, d'une école professionnelle spéciale de la dentelle. Aujourd'hui, après vingt ans de pétitions et réclamations, la municipalité a organisé, dans une école de dessin, un cours, (jul aboutit surtout à faire exempter du service militaire de trois ans, au liire d'ouvriers d'art, quelques fils de fabricants et de négociants étrangers même le plus souvent à l'industrie de la dentelle. Ce cours modeste coûte annuellement, à la municipalité, i,5oo fr., plus l'amortissement d'une installation des plus sommaires dans les greniers du tribunal de commerce. L'association, au moyen de son capital de fondation, crée immédiatement une véritable école de la dentelle, sur les bases d'un enseignement technique et artistique complet, avec succursales à Graponne et à Ambert. En outre — comme il a été fait dans les Pays Scandinaves, — on fait venir dans cette école les jeunes dentellières, qui paraissent les mieux douées, pour apprendre les procédés nouveaux, pour étudier les modèles intéressants; élèves qui s'en iront ensuite enseigner elles-mêmes dans les villages ce ([u'clles auront appris. Là encore, l'association doit faire preuve, pour les mêmes raisons que ci-dessus, d'un esprit essentiellement pratique. Aucun fabricant ne peut faire admettre dans l'école im fils ou un parent s'il ne fait partie de l'association ; et les parents des élèves, en dehors de la profession, doivent prendre l'engagement, en échange de la gratuité de l'enseignement, de ne les faire entrer, à la sortie de l'école, (jue chez les associés.
En pi'éscnce des avantages exclusifs de l'association, — agence de renseignements, musée d'échantillons et de modèles, école professionnelle et artistique, — tout fabricant aura un intérêt personnel immédiat à demander son affiliation. Alors, intervient la question de la protection des dessins et modèles, qui préoccupe si fort, à juste raison, la ftibrique, et dont les industriels n'osent même pas espérer dans un avenir lointain l'éventualité de solution satisfaisante. Aux termes des statuts, il est interdit aux membres de l'asso-
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dation de s'adresser pour tous les litiges et conflits professionnels à une autre juridiction que celle du comité de contentieux et d'arbitrage de l'association ; or, la contrefaçon, le pillage des modèles figurent en première ligne parmi ces litiges et conflits, et ont été déclarés passibles d'amendes considérables. Quant aux contrefacteurs étrangers à la corporation locale et régionale, l'association exerce en son nom et à ses frais toutes les poursuites devant les tribunaux compétents.
Ce n'est point tout encore. Dans le but de maintenir exclusivement la concurrence entre les fabricants sur le terrain de la bonne exécution et du mérite du dessin, l'association s'est préoccupée de faire disparaître l'arbitraire dans le contrat de travail entre ouvrière et fabricant en fixant un prix minimum général de la main-d'œuvre des dentellières.
Une institution de ce genre, dira-t-on, est superbe en principe, mais pratiquement elle est une utopie. Je répondrai que l'association a été créée, il y a plus de quinze ans à Sainl-Gall, qu'elle y fonctionne régulièrement sous le titre de « Fédération de l'industrie de la broderie de la Suisse orientale et du Vorarlberg », qu'elle compte i47 sections, correspondant à autant de communes, et environ 5,ooo adhérents. Et, j'ajouterai, comme dernier renseignement, que c'est à cette association, à ses services d'informations commerciales, d'enseignement professionnel et artistique, à la moralisation des mœurs industrielles qu'elle a amenée par son système d'arbitrage et de protection des dessins et de la main-d'œuvre, qu'on attribue la prospérité prodigieuse de ce grand centre d'industrie d'art.
Celui qui réussira à doter le Puy d'une institution semblable à celle-là méritera, au xx" siècle, le titre de protecteur des dentellières d'Auvergne, que la reconnaissance publique a décerné à saint François Régis, au xvn*" siècle, pour avoir obtenu du Parlement de Toulouse le retrait de l'ordonnance de i64o interdisant l'emploi de la dentelle dans les vêtements.
MARSEILLE
A ses débuts, mon étude à Marseille provoque de l'étonnement. Venir chercher, ici, des industries d'art semble une fantaisie bizarre. « Désirez-vous visiter des raffnieries, des huileries, des minoteries, me dit le président de la Chambre de commerce, où dès la première heure je me présente pour y être renseigné abondamment de oui n i re scibi/i, nous nous empresserons de vous en fournir tous les moyens ; nous mettrons à votre disposition de nombreux rapports officiels, des statistiques, des monographies, etc., pour vous faire, sur le compte des progrès considérables réalisés depuis quelques années, une opinion bien documentée ; mais, vous guider dans des recherches d'industries d'art marseillaises, nous avons le vif regret de ne pouvoir le faire, ])Our la bonne raison qu'il n'en existe pas. » Et, comme une déclaration aussi nette ne paraissait pas m'avoir convaincu, le président prit dans une bibliothèque un ouvrage portant le titre : « Réponses au questionnaire du Conseil supérieur du commerce et de l'industrie, préparé en vue du renouvellement des traités de commerce » ; el, me le présentant, ajouta : (( Voyez plutôt dans ce document, le plus récent, publié par la Chambre de commerce sur l'ensemble des indusiries de Marseille ; vous n'y trouverez rien de ce que vous cherchez.» En effet, sur les i3o pages que contient le volume in-4°, il n'est question que de produits chimiques, de soufre, de constructions mécaniques, de fers et fontes, de pétroles, de sucres, de semoules el de savons. Il ne me restait qu'à remercier le président de la chand)re du fort aimable accueil qui m'avait été fait, et à me retirer.
A défaut de toute autre association générale d'industries marseillaises, je consultai l'Annuaire du département. Mon étude à Marseille a duré deux semaines !