LE MUSÉE BORELLY
tution a le droit de communiquer directement ; iiiiormalioiis aiL\(|uelles donnent une publicité constanle deux journaux mensuels, tirés à un très grand nombre d'exemplaires et vendus très bon marché. (Rapports de missions, i*^"" volume, p. 18-25.)
La municipalité, ou la chambre de commerce ou une association spéciale, aura-t-elle l'ambition de créer à Marseille une institution analogue au Musée oriental et commercial de Vienne ?
En attendant cette création dont le projet soulèverait immédiatement sans doute les objections de difficultés considérées comme insurmontables: la construction d'un édifice, l'acquisition des collections artistiques, industrielles et commerciales ; ne serait-il pas possible de donner d'ores e( déjà aux industriels et aux ouvriers un musée provisoire où ils pourraient trouver, faute de mieux, la réahsation d'une partie de leurs désirs et la satisfaction de quelques-uns de leurs besoins ? Ce musée serait le Musée Borelly transformé.
Actuellement le Musée Borelly, installé à l'extrémité du Prado, au milieu du parc qu'on appelle le Bois de Boulogne marseillais, comprend trois sections : un musée lapidaire, un musée égyptien et un musée provençal. Mais qu'est-il bien exactement ? Quel but spécial d'enseignement ou d'attraction y poursuit-on? A quels besoins sociaux, intellectuels, scientifiques ou artistiques répond-il ? J'ai posé toutes ces questions à ceux qui par fonctions administratives ou par goûts personnels doivent s'intéresser à lui; et je n'ai pu obtenir de réponses précises sur aucune de ces questions. Est-ce un musée d'archéologie, comme il en porte le titre ? Le fonds égyptien est composé de la cohection (jue le D' Glot-Bey, chef des services médicaux des armées de Méhémet-Ali, avait formée pendant plus de trente années de séjour sur la terre des Pharaons. Depuis trente-six ans ([u'elle a été achetée, il n'y est pas entré une pierre nouvelle. On n'a donc point voulu en faire un véritable Musée d'égyptologie. Est-ce un Musée d'anti({uités provençales ? Depuis bien longtemps, il n'a pas été fait de fouilles ni d'acquisitions pour l'enrichir ; et l'on n'a point jugé nécessaire de compléter l'unique catalogue-livret publié en 1876. D'ailleurs, le crédit spécial d'acquisition avait été supprimé par la municipalité comme inutile, puisqu'on le laissait
LES INDUSTRIES d'aRT. iG
MARSEILLE
tomber constamment en annulations de fin d'exercice ; la muin'cipalitc l'a rétabli en 1896 sur les instances du nouveau directeur, professeur d'archéologie à la Faculté des lettres d'Aix. Qui le visite ? La semaine, quelques étrangers de passage à Marseille ; le dimanche, des promeneurs, des oisifs et des militaires, ouvriers et petits bourgeois qui y viennent voir... les momies. C'est bien le cas de dire que la municipalité n'en a pas pour son argent : annuellement elle ne dépense pas moins de i2,5oo francs pour le Musée Borelly.
Les musées suburbains Trois villcs cu Angleterre ont des musées analogues comme situation ^ topographique au Musée Borelly : Manchester, Salford et Sheffield ; elles les
ont même créés spécialement dans ces conditions d'éloignement des manufactures, au miheu de parcs ou de jardins, conditions qui ont été à Marseille bien plutôt une source de difficultés et un pis aller qu'une bonne fortune permettant la réalisation d'un projet aussi original qu'intéressant. Il a ])aru utile aux municipalités de ces villes, en fondant leurs musées suburbains, d'offrir aux ouvriers le contraste bienfaisant de la verdure et des fleurs avec la physionomie sombre des usines, et, par le spectacle de collections d'art merveilleusement instaUées dans des édifices pittoresques, un enchantement de l'esprit après celui des yeux. La préoccupation de les ins- Iruire en même temps a inspiré un choix de collections qui s'adressent à toutes les intelligences, préoccupation complétée par celle de faire servir par une technologie intelHgente cette instruction au développement des industries locales ; et, comme une trop longue permanence des collections engendrerait fatalement l'abstention par crainte d'ennui, on veille à un renouvellement incessant par des prêts de collectionneurs et de musées, de telle façon qu'il ne puisse se trouver personne, venant respirer dans le parc du musée l'air et la lumière, qui ne soit engagé à y pénétrer par la certitude de voir quelque chose de nouveau et d'imprévu. Aussi les musées suburbains de Manchester, de Salford et de Sheffield sont-ils visités annuellement par 260,000 à 3oo,ooo personnes. (Rapports de missions, B*' volume, pages 170-172.}
Nulle part l'association n'est plus en honneur qu'à Marseille ; l'Annuaire fait mention de plus de 100 sociétés philanthropiques et de bienfaisance, de