‹ Les industries d'artChapitre 26 sur 86 · NIMES · texte numérisé non relu

NIMES

La décadence La vilIc (Ic Nîmcs cst uii des exemples les plus éloquents de la décadence

"industrieL "^"^ rapide et irrémédiable qui se produit dans les industries d'art, lorsque celles-ci sont devenues, par la maladie de la volonté de ceux qui les dirigent, par rincurie des administrations, impuissantes à s'adapter aux conditions nouvelles que leur créent les révolutions économiques et sociales des siècles, à suivre le mouvement des idées artistiques, à transformer l'outillage suivant les progrès de la science, à faire du commerce nouveau, ce Des marchands lombards et toscans, a écrit M. Natalis Rondot dans son Histoire de Tindustrie de la soie en France, s'étaient établis à Nîmes, djjns les dernières années du xuf siècle ; ils avaient quitté cette ville en i44i- H paraît que le tissage y fut apporté d'Avignon. Ce qui est certain, c'est que Louis XII fonda à Nîmes une manufacture de draps de soie par lettres patentes de juillet 1498. La ville était alors appauvrie et déserte ; ce travail contribua à son relèvement . L'ouvraison de la soie et la fabrication des soieries devinrent même bientôt des industries florissantes. Les étofies brochées ou façonnées, mélangées d'or ou d'argent fin ou faux, pour les pays du Levant et des Indes, furent en renom. On faisait dans le Languedoc, à la fin du xvn*^ siècle, des taffetas, du tabis, des ferrandines, des damas, des brocards, des burats de laine et de soie. » Le tissage de la soie a décru constamment. En 1820, on ne comptait plus que 10,000 métiers, ce qui était encore un beau chiffre. La fabrique nimoise. Eu 1881, il u'y en avait (|u'un millier travaillant par intermittence; et la fabrique ne produisait que pour un million et demi de francs en tissus de soie mélangée. Aujourd'hui, 1 5o métiers environ battent régulièrement.

L'industrie des tapis était autrefois très florissante et donnait lieu à un chiffre d'affjiires considérable. Il y a quinze ans, la production dépassait 4 millions de francs ; en i883, elle n'était plus ([ue de 1,200,000 fr. A cette date,

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un délégué de la Chambre de commerce de Nîmes, fabricant de lapis, déposait ainsi devant, la Commission d'enquête sur les ouvriers et les industries d'art :

« Le marché français a été considérablement diminué à la suile des traités de commerce de 18G1, la concurrence anglaise ayant absorbé une large part de la consommation intérieure. Maintenant, depuis six mois ou un an, c'est l'Allemagne qui arrive avec des tapis tl'un prix extrêmement bas et qui ne paraissent pas trop mal faits. Avec cela, nous avons à soutenir la concurrence avec les autres places françaises, Amiens, Beauvais, Aubusson, etc., dont les produits, autrefois inférieurs aux nôtres, au point de vue des dessins et du coloris, arrivent aujourd'hui presque au même niveau.

« D'un autre côté, la mode, je dois le reconnaître, s'est détachée un peu des articles que l'on fabrique à Nîmes. Le tapis haute laine qui r('iunt une grande quantité de nuances est délaissé : on lui préfère des tapis d'une coloration plus sobre, tels (pie la moquette et les tapis d'Orient. Voilà pour le marché français.

« Quant au marché des Etats-L^nis, sur letjuel s'écoulait inie grande partie des tapis de Nîmes, il est aujourd'hui perdu pour nous. Les Américains sont venus chez nous prendre des dessinateurs et des teinturiers et se sont mis à fabriquer : bien mieux, ils nous envoient des machines pour fabriquer nousmêmes. Comme leurs droits d'entrée sur nos marchandises atteignent, avec le fret, 60 ou 70 p. 100 de la valeur, il s'ensuit ([ue nous ne pouvons plus rien exporter dans ce pays.

« Je le répète donc. Messieurs, l'industrie du lapis à Nîmes se trouve dans une situation très mauvaise et dont il lui sera bien difficile de se relever. »

Celte situation n'a fait ([u'empirer. Depuis treize ans, les ateliers se ferment les uns après les autres. Le tapis nîmois, m'assure-t-on, ne se produit plus que pour le commerce de solde et de colportage. Toutes les industries complémentaires ou préliminaires du tissage disparaissent. Les imprinieui's, qui étaient fort nombreux, ont émigré en Alsace ; les teinturiers et les apprêteurs sont partis pour Saint-Etienne et pour Lyon.

Au xviii*^ siècle, Nîmes possédait près de 10,000 métiers de bonneterie de soie; et importait en Espagne seule jusqu'à 26,000 douzaines de paires de bas. Quand les Anglais se mirent à faire de la bonneterie, Roland de la

Plàlrière, alors inspecteur général des manufactures, donna le conseil public de les imiter dans leur fabrication médiocre et à bon marclié ; Nîmes suivit ce conseil néfaste, abandonna pour la pacotille sa belle fabrication : c'était lâcher la proie pour l'ombre. Aujourd'hui, Troyes a tué Nîmes. On ne fait plus de bas de soie qu'à Ganges et dans deux ou trois petites localités de la région.

Jadis, Nîmes était réputé pour ses souliers de femmes, dont on vantait partout le cachet de goût et d'élégance ; à l'heure présente, la qualification « soulier de Nîmes » est tombée en proverbe pour désigner le type de malfaçon et à bas prix ; d'ailleurs, on n'y fait plus guère que le soulier d'enfanl, «le fafiot » ; dans le rapport officiel de l'Exposition universelle de i88g, Nîmes ne figure même pas au nombre des plus petits centres français de chaussure.

La fonte de Nîmes avait im grand renom ; toutes les usines se sont fermées les unes après les autres, impuissantes à lutter contre les perfection nciiients apportés à la métalhu'gie dans les autres pays de production.

Pouv les autres industries, moins importantes, les industries (jue j'appellerai domestiques, visant exclusivement la consommation locale ou régionale, l'évolution n'a pas été différente. Autrefois, dans la première partie du siècle même, l'ébénisterie, la ferronnerie, la bijouterie et l'imprimerie ont élé fort ])rillantes ; on a construit à Nîmes de très belles maisons et des hôtels particuhers luxueux. Tout cela a disparu, par suite des transformations sociales. L'ancienne aristocratie a perdu sa grande fortune terrienne, et n'a pas su la refaire par l'industrie ; elle a laissé tomber, non plus même en quenouille, toutes les traditions de hixe, d'élégance et de distinction; elle ne fîiit plus ])àlir et restaure à peine s(^s hôtels et ses châteaux; elle vit effacée, terrée, sans action ni influence sur le mouvement contemporain. La grande bourgeoisie a été fort touchée j)ar les crises viticoles et commerciales; elle économise, et n'a plus d'autre ambition que de pousser ses fils dans les carrières adnn'nistratives par crainte de l'avenir. Seule, la génération nouvelle, ayant gagné de l'argent dans la reconstitution des vignobles, se remue et entreprend de vivre. Elle a créé de nouveaux quartiers; elle a le goût de la dépense ; mais elle entend peu à l'art et témoigne d'un snobisme irréduc-

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lible pour toul ce qui, en produils industriels et œuvres artistiques, vient de Paris et de l'étranger.

Et l'on n'a rien fait pour empêcher la chute de toutes ces industries ; personne ne s'en est jamais préoccupé : ni la municipalité, ni la Chambre de commerce, ni le conseil général, ni l'Etat. Je n'ai trouvé trace de résistance contre la mauvaise fortune, de tentatives de résurrection, que parmi les industriels de l'ameidDlement, qui se voyant abandonnés ont, avec résolution et énergie, mis en pratique l'axiome : « Aide-toi, le ciel t'aidera. » Ces survivants des catastrophes — - une demi-douzaine tout au plus — ont reconnu (ju'ils n'avaient plus ([u'à lutter contre leurs concurrents de Lyon, du Nord, d'Allemagne, d'Amérique et d'Angleterre, par une recherche incessante d'originalité, de fantaisie et de haut goût, par ime ])roduction excellente comme matières premières et main-d'œuvre. Roubaix imite Lyon, en vendant meilleur marché ; les commissionnaii'es de ces deux villes ne trouvent plus d'intérêt à faire des affaires avec Nîmes qui ne peut pas présenter, disent-ils, assez de modèles nouveaux. p]lberfeld et Crefeld pillent tous les modèles français et vendent leurs contrefaçons, mauvaises il est vrai, à des prix invraisemblablement bas. Alors, les Nîmois, abandonnant les éternelles copies des œuvres des xvii*^ et xvnf siècles, demandent des modèles à des artistes contemporains de haute valeur; le Salon du Champ de Mars de cette année contenait des spécimens fort intt'ressants de ces innovations. L'organisation industrielle et commerciale a été radicalement réformée ; on en revient résolument au système fécond du passé : un chef de fabrication, a 'tif, intelligent, chercheur d'idées nouvelles; un chef de commerce, entreprenant, hard', voyageur infatigable, en relations directes et constantes avec la clientèle. Mais ces industriels me déclarent que les institutions actuelles de la ville ne leur assurent pas le recrutement des collaborateurs dont ils ont bes(jin. Déjà, en i883, leur délégué devant la Commission d'enquête faisait cette déclaration très nette :

« Cette belle industrie se trouve entravée dans son développement

par le manque d'ouvriers habiles et de contremaîtres instruits. Nous nous trouvons, en effet, pour le recrutement de notre personnel, dans la situation de toutes les industries en France. L'instruction générale de la classe ou-

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vrière est insuffisante, l'instraction technique professionnelle l'est encore davantage.

« Autrefois, l'industrie était organisée à Nîmes comme à Lyon : les ouvriers travaillaient chez eux. Ayant l'entière direction de leurs métiers, ils en connaissaient à fond le mécanisme et étaient prêts à faire tous les genres de tissus. Aujourd'hui, le travail, concentré dans les grands ateliers, se substitue de plus en plus au travail à domicile ; l'ouvrier tisse, mais c'est le contremaître qui règle le métier, qui en surveille le bon fonctionnement. L'ouvrier a donc personnellement une valeur professionnelle moindre qu'autrefois; et comme, forcément, c'est parmi les ouvriers que nous recrutons nos contremaîtres, les bons contremaîtres nous font également défaut. » L'École de fabricaiion Et Ic délégué réclamait smlout avec insistance la création d'une école de

de tissus d'arl . ^ ,, , ,. m^ii

et de dessin industriel tissagc. Lctlc ccolc a ctc crccc par la municipalité sous le titre d Lcole de et décoratif. fabrication de lissus d'art et de dessin industriel et décoratif. Gomme son titre l'indique, elle comprend deux sections : le tissage et le dessin. Dans la première, on compte 8 élèves inscrits; dans la seconde, ig. Le budget annuel est de C),3oo fr. ainsi répartis: trailement de deux professeurs, 5, 600 fr. ; achat de matières premières, [\'ôo fr. et prix, 260 fr. Autrefois, l'Etat accordait une subvention de 2,000 fr. ; elle a été supprimée depuis deux ans. Il semble, par son organisation et son fonctionnement, que cette école n'a été créée, qu'elle n'est maintenue que dans le but de donner une apparence de satisfaction aux industriels ; je n'ai trouvé personne qui ne la tienne pour absolument illusoire et inutile, en considération de l'enseignement qu'on y reçoit et des résultats qu'elle produit. Les élèves de la section de tissage sont: I ouvrier tisseur en chambre, 2 ouvriers tisseurs d'usine, i monteur de métier, i apprenti employé ; 2 commis de fabrique, i livreur, i dessinateur et I propriétaire amateur. Les cours ont lieu de midi à deux heures. L'outillage comprend 4 métiers à la main; 2 sont abandonnés, l'école n'ayant pas assez d'argent pour acheter les matières premières nécessaires au montage ; les deux autres fonctionnent par intermittence pour faire des économies. Quant à la deuxième section, sur les 19 élèves inscrits, 10 suivent les cours, et parmi ceux-ci il n'y en a que deux qui se destinent à la fabrique. L'année dernière, un atelier de tapis fournissait quelques élèves; il vient

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d'être fermé et son personnel a quitté Nîmes. Les autres se recrutent parmi les élèves de l'Ecole des beaux-arts qui sont libres le jour et peuvent ainsi se donner l'agrément de faire de la peinture et de l'aquarelle, dans un atelier gratuit, l'Ecole des beaux-arts n'ayant que des cours du soir. L'enseignement n'y est rien moins que pratique et moderne. Sous l'influence d'un nouveau professeur, étranger à l'industrie, peu à peu, du dessin de fabrique et de la mise en carte qui en constituaient les éléments exclusifs au début, il a dérivé vers la décoration générale, de pure fantaisie, sans applications industrielles spéciales ; tout s'y fait d'après Testampe et la chromolithographie ; les peintres en bâtiment apprennent l'antique, mais non les imitations de marbre et de bois ; les dessinateurs pour tissus étudient la fleur siu* des morceaux de papiers peints. Cet enseignement a pour résultat immédiat de détourner les. élèves des carrières industrielles, de leur donner l'ambition d'aller à Paris pour y faire du grand art. La situation actuelle, il est vrai, n'est guère favorable à l'extension de l'enseignement pour les tissus. Autrefois, les dessinateurs, les metteurs en carte les plus renommés dans les centres de tissage étaient tous, paraît-il, d'origine nîmoise ; l'on achetait à Nîmes des dessins pour Lyon, pour Tourcoing, pour Roubaix, etc. Aujourd'hui, de nombreux dessinateurs ne trouveraient pas à gagner leur vie ; dans tous les ateliers il n'y en a pas plus de 12. Le directeur, de l'école n'ose ni se plaindre n'y réclamer. « Je fais prudemment le mort, me disait-il tristement ; aussitôt que pour une raison quelconque il est question de notre pauvre école, on parle de la supprimer. » Ne ferait-on pas mieux? Les industriels en sont arrivés à se désintéresser complètement de cette institution ; et pourtant ils sont unanimes à déclarer que, bien organisée, elle pourrait être fort utile, en formant des contremaîtres pom^ les ateliers, en développant le goût du métier et certaines notions du coloris chez les ouvriers. La transformation en usine de l'atelier familial a changé les conditions industrielles du travail. Du tisseur nîmois d'autrefois, qiii ressemblait beaucoup au canut lyonnais, ingénieux, actif, passionné pour son métier, elle a fait un simple liari'eur, qui travaille mercenairement sous la direction d'un contremaître chargé de résoudre toutes les difficultés techniques, et pour qui la perte de l'indépendance, de l'initiative est suffisamment compensée par plus de loi-

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sîrs pour se livrer à ses plaisirs. On ne fait plus (Tapprenlis. Les fabricants regrettent vivenrient que cette école ait perdu le caractère qu'elle a eu, un assez long temps, sous une précédente direction, celui d'une sorte de conservatoire du tissage, le directeur étant un homme fort versé dans la mécanique, à l'imagination féconde en inventions d'une réelle valeur industrielle.

L'École municii.aie Niuies possèdc uuc Ecolc mimicipalc des beaux-arts. Jusqu'en 1896, Tendes beaux-aris. . , . , . i • ^

seignement y était exclusivement classique ; à cette date, on a annexé aux deux cours supérieurs de dessin un cours d'art décoratif. Ce cours n'a aucun but professionnel ; en raison du peu de temps qu'il fonctionne, il ne m'est pas possible d'en apprécier les résultats pour les industries locales. Les cours de dessin pour jeunes filles sont assez suivis en vue des concours pour les écoles normales et les lycées; on leur enseigne aussi quelques arts d'agrément : la peinture sur porcelaine, sur éventail, etc. ; mais il n'a rien été tenté en vue d'utiliser, dans l'industrie, des aptitudes très développées pour l'art. Or, m'assurent quelques industriels, la femme pourrait trouver un débouché relativement lucratif dans la composition des dessins et dans la mise en cartes pour les tissus d'ameublements. On a voulu créer des cours du soir pour les adultes ; l'entreprise a échoué : il ne s'est pas présenté d'élèves. On m'indique à cette abstention des causes sociales : à l'étude l'ouvrier préfère le cabaret, .le cercle, la chambrée, le jeu et les femmes. Sans passion pour le travail, sans ambitions aussi, il se laisse vivre indolemment, sous le soleil, très heureux. Tout cela est assez vraisemblable. Cependant je crois que si l'on n'a pas réussi, c'est parce qu'on s'y est mal pris. S'est-on préoccupé d'une propagande active et incessante par voies d'affiches, de circulaires, de publicité dans les journaux ? Directeur et professeurs se sont-ils faits eux-mêmes les apôtres persuasifs de cette création? Il me paraît qu'il n'a été rien tenté dans ce sens. « Voilà pourquoi votre fille est muette. » L Écoïc |>rati(iiie Uuc institution voisine, l'Ecole pratique d'industrie, fournira la démonstration éloquente de la puissance de la volonté et de l'énergie dans la poursuite d'un but positif et précis. Le Ministère de l'instruction publique avait fondé une Ecole primaire supérieure, qui passa, peu de temps après, dans les attributions du ministère du commerce et de l'industrie. Cette école ne donnait aucun résultat. Fort loyalement, loin de dissimuler la situation, son

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directeur n'hésita pas à la signaler, en exposant les causes de l'insuccès ; il proposa de réformer l'institution sur les bases d'un enseignement de préparation à l'apprentissage. Nîmes possédait une association protestante pour la protection et l'instruction des apprentis ; cette association ne prospérait point, malgré le dévouement de ses membres et les ressources dont elle disposait. 11 parut au directeur de l'Ecole primaire supérieure que cette mission sociale pouvait être opportunément reprise ; le comité de l'association deviendrait le conseil de perfectionnement de l'école, et affecterait à des subventions libres, à des encouragements les sommes dont il disposait. Le conseil municipal approuva l'idée; et, en iSga, il intervenait entre la ville de Nîmes et le Ministère du commerce et de l'industrie une convention pour la transformation de l'Ecole primaire supérieure en Ecole pratique d'industrie. Un bâtiment spécial était construit et l'institution nouvelle était dotée d'un budget annuel de 65,ooo fr., sur lesquels environ 26,000 fr. sont fournis par l'État. L'enseignement professionnel de l'école est essentiellement pratique, applique constannnent l'instruction au métier choisi par l'élève, les maîtres s'efforçant d'en écarter tout ce qui pourrait lui être un motif de regret ou de changement. En outre, la direction a la préoccupation très nette de faire servir l'école au développement des industries locales, anciennes et nouvelles ; c'est ainsi qu'au programme général des industries du fer et du bois, elle s'est empressée ou se propose d'adjoindre, au fur et à mesure de la manifestation des besoins, un cours de lithographie, un cours de stéréotomie, un cours de coupe pour tailleurs. Le tableau suivant, dressé spécialement en vue de mon enquête, fournit la preuve de la valeur de cet enseignement pratique :

ÉLÈVES AYANT QIUTTK l'ÉCOLE A LA FIN DE 1 8g3, 1 8g5,

APRÈS AVOni AOUEVÉ LEURS TROIS ANNEES d'ÉTUDES.

Industrie : 08.

Elèves entrés comme ouvriers dans l'industrie pour laquelle ils ont

été préparés 47

Dans l'industi ie du bâtiment 3

A reporter 5o

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