VIERZON. — T.E BERRY
pour doter rapidement le Berry d'une Ecole de céramique sont donc exceptionnellement favorables et opportunes.
Quant au musée, l'organisation en France d'une institution analogue à celles du Soutli-Kensington Muséum, du Gentral-Gewerbe-Verein de Dusse!dorf, du Musée oriental de Vienne, de la Société bavaroise des arts industriels de Munich, de la Société néerlandaise pour le progrès de l'industrie do Harlem, etc., etc. (Résumé de Rapports de missions, pages 17-29), associations de véritables missionnaires d'art et d'industrie, en relations constantes et iiilimes avec tous les centres d'art et d'iiidustie du pays, mettant à leur disposition d'inépuisables collections de documents artistiques et industriels, ])eul seule permettre de réaliser le vœu des porcelainiers berrichons.
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Les vieux « maîsires des œuvres » qui ont bâti Ghambord, Blois, Glieuonceaux, Ghaumont -sur-Loire et Gaillon, Pierre Valence, François Marchant, Viarl, Golyn Biart, Trinqueau dit Neveu ; les grands scidpteurs Michel Golombe, Jean et Antoine Juste ; les peintres illustres Jehan Fouquet, François Glouet dit Jehannet, Bourdichon ; le fameux peinire verrier Robert Pinaiqrier, étaient Tourangeaux. L'Ecole d'art de Tours Fui une des colonnes de la Renaissance française qui couvi^it notre sol de tant de merveilles d'art, floraison éclatante et superbe du génie national. On ne saurait donc s'étonner qu'il ait été créé spécialement dans cette ville luie institution destinée à renouer ces belles traditions, interrompues par un long sonnrieil de deux cents ans. Il semble, en effet, que cette fière et féconde école renaisse. En moins de 20 ans. Tours a compté 8 grands prix de Rome, en scidpture et en .architecture; dans l'année 1896, seule, il a envoyé à Paris pour y concourir prochainement 5 architectes, 3 peintres et i sculpteur. Ges résultats, L-Écoie régionale
des bcaiix-arts.
peu connnuns, expliquent et justifient une organisation d'enseignement, qui, chaque année, amène en moyenne dans les cours de la vieille Académie de peinture, architecture et sculpture, de Rougeot, réformée en 187G, plus de 50 élèves qui se font inscrire dans la classe de dessin et peintiu-e ; une vingtaine cpii entrent à la sculpture, et une dizaine, ambitieux d'être un jour des architectes éminents. On pourrait penser que c'était vraiment se ménager à plaisir des déceptions, en venant chercher ici matière à une étude sur le mouvement donné à l'instruction, spécialement en vue du développement des industries et des métiers; tant d'autres institutions, analogues, devaient cependant avoir présenté assez de preuves apparentes de l'incompatibilité administrative entre ces deux objectifs, autant pour les dir(^cteurs et les prolesseurs que pour les municipalités et les populatious. Or, Tours, au cou-
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traire, réservail la surprise de pouvoir, dans ce livre, faire la plus éloquente démonstration, par son exemple typique, qu'il est très facile d'établir une harmonie parfaite, au point de vue des principes et de leur application, entre l'enseignement pour les ouvriers et l'enseiquement pour les artistes, quand il j a, chez tous ceux qui ont la responsabihté de la direction de l'école, une vraie hauteur de vues sociales, en même temps que le sentiment exact des réalités de la vie, un amour sincère de la jeunesse, beaucouj) de patriotisme et une irréductible fermeté d'opinions et de conduite, basée sur la conscience du devoir. Nulle part, je n'ai trouvé une municipalité plus désireuse de donner aux deux enseignements une extension parallèle, plus disposée aux sacrifices d'argent nécessaires; un directeur et un corps professoral qui apportent plus de loyauté et plus d'énergie à chercher et à réaliser les réformes de nature à faire constamment progresser dans cette double voie l'institution, à la rendre plus utile pour les artistes et pour les ouvriers. Si l'histoire glorieuse de l'Ecole est fréquemment rappelée avec orgueil pour provoquer les nobles ambitions, les émulations ardentes, on connaît aussi les leçons plus modestes, mais non moins fécondes, qu'elle contient sur sa mission sociale; et l'on se souvient de cette belle déclaration de 1791 • « Le directeur demande qu'on donne à l'Ecole une base assurée qui perpétue en cette ville les progrès des arts et métiers, et facilite aux jeunes citoyens et aux ouvriers en différents genres des moyens de subsister et de se rendre utiles à la société. »
Il y a un an, un cours de composition décorative a été organisé ; le lendemain, il comptait 26 élèves; et ses résultats donnent déjà de grandes satisfactions. On a annexé à la classe de sculpture un atelier d'application, sur lequel on fonde les plus sérieuses espérances pour la décoration des meubles, des édifices et des monuments. i5 jeunes ouviners de l'industrie de la soierie se sont fait inscrire à un cours nouveau de dessin el de mise en cartes pour les tissus. Plus que partout ailleurs peut-être, l'enseignement théorique et pratique de la stéréotomie, du trait de charpente et de menuiserie, est donné avec une grande science par des spéciahstes renommés, et suivi par de nombreux ouvriers — plus de 80 — assidûment et intelligemment. Ce qui a été déjà fait et qui a réussi ne paraît pas devoir être ici une excuse à un ajour-
nement d'autres projets ; bien loin de là : il est question d'adjoindre, dans toutes les sections, à l'enseignement général un enseignement d'application pratique aux diverses industries d'art locales et régionales. On a, tant au conseil municipal qu'à la direction de l'école, la notion très nette que les industries qui existaient autrefois à Tours, prospères, puissantes même, sont tombées en décadence ou ont presque entièrement disparu, parce qu'aucun établissement d'instruction professionnelle et artistique n'y a maintenu l'habileté des ouvriers, l'ingéniosité des dessinateurs, le goût des patrons, le renom d'une fabrication supérieure incontestée; et l'on reconnaît, sans hésitation, qu'il est de toute urgence d'assurer à celles qui se sont maintenues et aux nouvelles qu'on y a importées le recrutement futur d'un excellent personnel, afin de leur permettre de lutter contre une concurrence universelle, acharnée.
Voici la fabrique de soierie, par exemple ; dans l'ouvrage : V Industrie de La soierie. la soie en France, M. Natalis Rondot a écrit ceci sur son passé :
Les origines de la fal^rique de Tours se rattachent a celles de la fabrique de Lyon. Louis XI ordonna, par ses lettres du 28 février 1470, que le mestier des draps de soje, commencé a Lyon en i4CG, fût fait et continué à Tours. Il y fît transporter, avec le matériel, les ouvriers qu'il avait fait venir à Lyon et qui devaient « ouvrer de leur mestier et aprandre l'art aux habitans». Ces ouvriers, qui étaient arrivés en juin 1470, étaient des mouliniers, des faiseurs de drap de soie et des teinturiers italiens. La ville eut à payer 1,200 écus d'or pour leur première installation. Le roi ne leur avait pas ménagé à eux et à de nouveaux venus du royaume les privilèges par ses lettres d'octobre i48o. Charles VIII, pressé par eux et désireux de consolider à Tours l'œuvre de son père, octroya d'autres « franchises, libériez et exempcions » par ses lettres de mai i497- Les Vénitiens, les Lucquois, les Génois affluèrent en cette ville qui comptait, d'après Marino Cavalli, 4, 000 métiers en i546. Richelieu en a vanté les produits dans ses Maximes d'État. Puis, l'amoindrissement se fit. « Le travail des petites estoffes façonnées, observe d'Herbigny, est proprement le caractère de la fabrique de Tours. » Beaucoup d'ouvriers en soie étaient protestants ; ils s'expatrièrent lors de la révocation de l'édit de Nantes, se réfugiant en Angleterre ou en Hollande. L'expansion de la fabrique lyonnaise devait empêcher Tours de se relever. La production des étoffes d'ameublement était encore de 7 millions, il y a vingt-cinq ans ; elle a notaJjlement diminué depuis lors.
Aujourd'hui, on ne compte pas plus de 200 tisseurs de soieries, répartis entre trois maisons, dont une occupe le cinquième de ce chiffre. Les filatures, les teintureries, les usines d'ajjpréts ont couiplèteuient disparu. Les survi-
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vaiils de cette industrie ont dû faire comme les Nîmois, leur situation étant de tous points semblalîle : s'adresser directement à la clientèle, se garder une place à côté des Roubaisiens et des Lyonnais par une production de très bon goût, originale autant que possible, d'une exécution excellente, vendue à des prix relativement peu élevés ; ce qui est une réaction énergique, malheureusement trop tardive, contre l'avilissement de la main-d'œuvre, cause principale de la décadence de l'industrie. Ils n'ont point à se préoccuper anxieusement des questions si graves de l'apprentissage : le recrutement des ouvriers se fait très facilement, par suite de la crise qui pèse depuis si longtemps sur la Croix-Rousse à Lyon ; les Canuts viennent facilement à Tours quand on fait appel à leur concours. On me déclare même qu'en raison de cette situation, il serait possible de renouveler aujourd'hui ce que Louis XI fit, avec une si intelligente et féconde résolution : amener ici une véritable colonie d'artistes lyonnais ; pour peu que la mimicipalité s'avisât d'imiter sa lointaine devancière à l'égard des industriels audacieux qui entreprendraient de ressusciter, par ce moyen, la fal^rique de Tours. En ce moment, on tente de faire quelque chose, tout au moins pour maintenir ce qui existe. Comme je l'ai mentionné plus haut, la municipalité, sur l'initiative d'un fabricant, membre du conseil d'administration de l'Ecole des beaux-arts, a décidé, l'année dernière, l'organisation d'un cours de dessin et de mise en carte, et la constitution de collections de soieries, dont ce même faJîricant a généreusement offert le premier fonds.
Dans les industries du bois, qui occupent encore environ 600 ouvriers et patrons, ébénistes, menuisiers, sculpteurs en meubles et charpentiers, la situation actuelle ne serait, m'assure-t-on, rien moins que brillante ; le mot de décadence générale a même été fréquemment prononcé au cours de mon étude. Les causes de cette situation précaire sont multiples. Pour l'ébénisterie, le voisinage de Paris, les mœurs et les halîitudes nouvelles ont fort diminué la clientèle qui s'adressait autrefois directement aux ateliers locaux pour la fourniture des mobiliers. On ne fal^rique plus guère aujourd'hui que l'article courant de magasins et pour un chiffre d'affaires qui ne dépasserait pas 100,000 fr. par an. Une usine de meubles japonais et chinois, montée par des artistes venus de Nancy, a occupé, il y a quelques années, jusqu'à
80 ouvriers ; on a dû la liquider en 1 89 1 . Une autre usine de meubles en marqueterie, où ont travaillé, à un moment, 4o ouvriers, a également disparu. Les châtelains et le clergé commandent généralement la menuiserie d'art à des maisons parisiennes. A l'exception d'une seule qui travaille encore un peu dans cette spécialité d'une façon intermittente, toutes les entreprises ont dû se borner à la menuiserie courante du bâtiment. Les chefs d'ateliers se font entre eux une concurrence violente, qui a provoqué une dépression générale des prix et un avilissement inouï de la maind'œuvre. Il n'y a pas de solidarité dans ces corporations ; une Chambre syndicale de l'ameublement, fondée, il y a deux ans, lors d'une grève des ouvriers ébénistes et menuisiers, a duré quinze jours. Evidemment, d'autres mœurs, la propagande et les encouragements d'une puissante association d'art et d'industrie qui n'existe pas, — celle qui s'est fondée il y a quelques années avec un programme où figuraient ces deux objectifs, ayant dérivé rapidement du côté de la protection exclusive des amateurs de musique et de la constitution d'un Cercle mondain, — auraient enrayé la décadence de ces industries, où les éléments d'excellente fabrication, les traditions de bon goût ne faisaient pas défaut. Leur résurrection semble même à l'heure présente être un peu tentée par les rares survivants, puisque la statistique de l'École des beaux-arts ne signale pas moins de 35 élèves sculpteurs, ébénistes, menuisiers ; et qu'il est question d'y organiser un atelier spécial de sculpture sur bois. La reconstruction de l'hôtel de ville pourra donner une impulsion sérieuse à ce mouvement dans les industries d'art du bois, si la municipalité décide de substituer au système désastreux de l'adjudication publique celui d'une mise au concours de la décoration et de l'ameublement entre tous les industriels d'art tourangeaux.
La peinture sur verre, autrefois florissante, ne compte plus guère aujour- Les vitraux d'art, d'hui qu'une quarantaine d'artistes et d'ouvriers ; et ne donne pas lieu à un chiffre d'affaires annuelles supérieur en moyenne à i5o,ooo fr. Elle est fort éprouvée depuis quelques années. En même temps qu'elle perdait ses principaux débouchés d'exportation, l'Irlande, l'Océanie, l'Amérique du Sud, par suite de la concurrence étrangère et des crises poHtiques et financières, le clergé réduisait considérablement ses commandes, sans que l'industrie pût . - - -
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trouver une compensation dans le développement de la clientèle civile, qui se montre de plus en plus réfractaire à ce genre de décoration immobilière, à la fois par économie et par évolution de la mode vers le bibelot et la curiosité. Il faut bien avouer aussi que les peintres verriers tourangeaux, comme ceux de la plupart des autres centres provinciaux, se sont laissé enlizer dans une routine qui maintient leur production dans les mêmes modèles surannés et leur fait ignorer tous les procédés techniques nouveaux, toutes les idées nouvelles en matière de décoration. Il semble qu'on n'ait jamais entendu parler ici des conquêtes contemporaines de la science et de l'art en vitraux ; des émaux céramiques de Garanza, cultivés avec tant de succès à Bordeaux; des verres américains aux irisations et transparences qui semblent faire jaillir l'or et les pierres précieuses de la lumière ; des innovations audacieuses et pittoresques de John Lafarge, de TifFany, de Jac Galland, etc., et des recherches si intéressantes d'ornemanistes ingénieux que montrent aujourd'hui les expositions et les Salons. L'art du passé ne paraît leur être connu que dans les époques de décadence où tout, dans la couleur, dans la composition, est sans éclat et sans vie. Ce n'est cependant ni la bonne volonté, ni le désir d'apprendre et de bien faire qui leur manque ; ils sont même touchants dans l'expression naïve et enthousiaste de leurs rêves, de leurs ambitions et de leurs doléances ; mais l'instruction professionnelle et artistique sérieuse leur fait défaut. Ils ne savent rien ni des principes ni des œuvres ; on ne leiu^ a jamais montré ni expliqué techniquement les unes ni les autres. Tout est pour ainsi dire empirique dans leur métier. Or, l'école seule, avec son complément indispensable, le musée industriel, est en mesure, par l'art et par la science, mis à leur disposition généreusement, au moyen d'un enseignement théorique et pratique, de régénérer cette industrie qui présente, à cette heure, tous les symptômes d'une fm prochaine. On a l'inlentioa d'en tenter l'entreprise en donnant à la peinture sur verre une place dans les nouveaux cours et atehers d'art décoratif; et en faisant entrer, dans les collections d'enseignement du futur musée, les types de tout ce qui se fait d'original et d'intéressant comme vitraux en France et à l'étranger.
La eéranii(iuc. La rcslauratiou de la céramique doit faire également partie du programme
des réformes projetées à l'Ecole des beaux-arts. Avisseaii, qui essaya avec quelque succès, il y a un demi-siècle, de faire revivre Palissy, n'a laissé que deux ou trois élèves médiocres, dont les intermittentes productions ne sont plus que de grossiers pastiches des rustiques «figulines» et des plats naturalistes du grand potier. Ce n'est ni de l'arl ni de l'industrie, mais de la pure pacotille de fantaisie, à l'usage des touristes naïfs.
Dans la lianlieue de Tours, il s'est fondé récemment un atelier de décoration sur porcelaine et sur faïence, qui occupe une vingtaine d'ouvriers, recrutés exclusivement à Limoges. On y fait les genres de peintures et de décors que pratiquent les Ghambrelans limousins. Pas un seul ouvrier ne sa il ni dessiner ni composer; tous se contentent de copier servilement les modèles. Or, le chef de cet atelier me déclare qu'il utihserait plus volontiers un personnel ayant des connaissances artistiques, auquel pourrait être assin'é un salaire de 10 à i5 fr. par jour; et il ajoute qu'il doublerait ainsi, connue nombre de pièces, en en augmentant la valeur commerciale, une production arrêtée actuellement à un chiffre d'affaires peu élevé, par la pénurie d'artistes aptes à des travaux supérieurs. Il n'y a jamais eu la moindre relation entre cet atelier et l'Ecole des beaux-arts.
Une grande maison, d'universelle renommée, continue à Tours la gloire des L'imprimerie. Plantin et des Jenson. Dans ses ateliers, et dans ceux de quelques autres imprimeries, on ne compte pas moins de 2,000 ouvriers; toutes les branches de l'industrie sont pourvues de ce qui leur est nécessaire, au point de vue de l'apprentissage et de l'instruction techni(pie. Néanmoins, à l'opinicjn, très nettement exprimée, de l'un des chefs de cette maison, un enseignement sp(''cial des arts graphiques, organisé à l'Ecole des beaux-ai'ts, rendrait de gi-ands services, et serait assuré d'vm recrutement annuel d'au moins une cinquantaine d'élèves, qu'il encouragerait — ainsi que ses autres collègues de la ville, sans aucun doute — aller chercher auprès d'un maître hal^ile, ayant l'esprit ouvert à toutes les manifestations de l'art dans le domaine du Livre, une initiation raisonnée aux mille secrets professionnels et artistiques qui conduisent à la perfection technique dans les travaux délicats de la gravure, de la mise en train, des tirages des planches en noir et en polychromie, de la reliure, etc., secrets ne pouvant plus être étudiés aujourd'hui dans les ateliers
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par suite des obligations de la production industrielle , rapide et économique.
Les reformes de l'Érolo II y a douc pour l'Ecole des beaux-arts, dans les diverses industries artis-
des heanx-arls. . ,, .
tiques tourangelles, un vaste champ d action et de propagande par l'enseignement théorique et pratique — cours, ateliers et musée, — en vue de la restauration des unes et du développement des autres au point de vue artistique. L'ambition de remplir cette double mission a inspiré toutes les déclarations qui m'ont été faites par la municipalilé et par la direction de l'Ecole, étroitement unies dans les mêmes sentiments de dévouement aux intérêts matériels et sociaux de la population. L'apprentissage, pour ces industries, est assuré, dans les limites de ses ressources financières, par une admirable institution : la Maison des apprentis Tonnelier, fondée en 1880, qui compte actuellement 1 5o enfants, qu'elle dote, pendant trois années d'études, de l'instruction primaire obligatoire et d'une instruction professionnelle très sérieuse, par l'adoption du système ingénieux de l'apprentissage dans des ateliers industriels, sous la siu'veillance régulière à la fois des patrons affiliés à l'œuvre et des délégués du conseil d'administration.
La réalisation du programme des réformes nécessaires pour atteindre le ImU proposé implique une réorganisation immobilière de l'Ecole des beauxarts. Actuellement, l'Ecole occupe deux bâtiments séparés, quoique contigus, dans les([uels elle cohabite, pour leur gêne réciproque, ici avec le Musée de peinture, là avec une école primaire. Devant la preuve indiscutable d'une nécessité ajjsolue — le nojn])re des élèves qui a quadruplé depuis la transformation de l'institution, qui grandit chaque année, et atteint aujourd'hui le clulfre (le 52 1, — il lui a été attribué, dans le bâtiment construit pour celle-ci, deux salles et une galerie supérieure. Cette galerie est affectée à une série de cours, aljsolument différents, dont le matériel, les modèles, les professeurs et les élèves changent alternai ivement : cours d'ai't décoratif, d'architecture, de dessin, de tissage, d'anatornie, de perspective, de géométrie. Tous ces cours, ne pouvant avoir lieu qu'aux mêmes heures du soir, de 7 à 9, en raison du recrutement des élèves parmi les ouvriers, on a dû établir un roulement qui en restreint la périodicité au point de compromettre les études. Ainsi, les cours de géométrie supérieure, d'art décoratif, (Tarchitecture et de