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LA SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE

ficat d'études ; il a [)oiir conséquence de pousser les ouvriers à devenir des employés d'industrie et de commerce. C'est ainsi qu'un qrand noml)re des élèves aspirent et réussissent à entrer, à ces titres, dans les établissements métallurgiques, aux Chantiers de la Loire, dans les ateliers et les bureaux des Compagnies de chemins de fer. C'est évidemment un résuhat social fort appréciable ; mais tout le monde ne l'approuve pas. Où l'action de la société est vraiment effective professionnellement pour les ouvriers des métiers manuels, qui désirent rester tels tout en se perfectionnant, c'est dans son organisation intéressante de primes — une cinquantaine — accordées à ses pupilles à l'expiration du contrat d'apprentissage pour les travaux exécutés dans les ateliers. Le chiffre des élèves est de 100. L'exiguïté des locaux et la pénurie des ressources affectées à la section de l'enseignement ne permettent pas d'en recevoir autant qu'il s'en présente ; car, la qualité d'élève de l'école de la Société industrielle est devenue aujourd'hui un brevet d'admission à l'apprentissage dans les meilleurs ateliers nantais. La société intervient au contrat d'apprentissage ; elle surveille les apprentis à l'atelier. Elle accorde à ses élèves des gratifications pécuniaires ; une partie est laissée entre leurs mains, l'autre doit être placée par les bénéficiaires mêmes à la Caisse d'épargne, dans le double but de leur inculquer les principes de l'économie et de leur assurer un petit pécule au début de leur vie d'ouvrier. Des diplômes sont accordés aux anciens élèves de l'école qui ont fait preuve, pendant leur apprentissage, d'amour du travail, joint à une bonne conduite, et qui, devenus ouvriers, ont, pendant plusieurs années, continué à suivre la voie dans laquelle ils étaient entrés.

La société possède une bibliothèque de près de 2,000 volumes, choisis dans im but d'éducation, d'enseignement professionnel, et mis à la disposition des ouvriers tous les dimanches, de g à 10 heures du matin.

Elle patronne une Caisse de secours mutuels, dont les bureaux sont ouverts le dimanche, qui compte plus de 5oo sociétaires, avec un liudget d'environ i4,ooo fr.

Dans son but et dans son fonctionnement, la Société industrielle est une œuvre à la fois intéressante et touchante ; elle rend de grands services à la population ouvrière de Nantes ; et cela depuis plus d'un demi-siècle, peu-

NANTES

dant une longue période d'années où ces questions d'enseignement professionnel, de protection morale des ouvriers, n'étaient guère à l'ordre du jour. En parcourant ses comples rendus annuels, on peut constater avec une vive satisfaction que, à l'encontre de tant d'autres institutions, dans le conseil d'administration de la société, au respect des traditions, au culte pieux des idées sociales léguées par les prédécesseurs et les fondateurs vient s'adjoindre, aujourd'hui, la préoccupation instante de faire plus encore, de donner à l'œuvre une extension nouvelle. On y reconnaît que la société, se fiant trop à son passé fécond, à ses services rendus, ne s'est livrée, depuis quelques années, à aucune propagande pour combler les vides que la mort a faits dans les rangs de ses souscripteurs ; que l'organisation actuelle recevrait opportunément une extension d'activité, a Au bout de trois ans d'études, les jeunes apprentis quittent notre école, me dit-on; avec quelquesuns nous continuons à avoir des relations; et dans maintes circonstances nous avons été heureux de pouvoir leur rendre service ; mais nous perdons de vue la grande majorité de nos anciens élèves qui ne nous donnent plus signe de vie. C'est un fait que nous considérons comme regrettable. Un exemple tout récent l'a encore démontré. L'autorité militaire nous témoigne en toute occasion la plus grande bienveillance. En avril dernier, elle nous faisait demander de lui indiquer d'anciens élèves de l'école, mécaniciens et menuisiers, tirant au sort, afin de les affecter aux sections d'ouvriers d'administration. Nous avons été dans l'impossibilité de le faire ; nous ne savions où prendre nos anciens pupiles. » Je citerai en exemple aux administrateurs de la Société industrielle, pour réaliser leurs vœux, ce qui a été fait en Angleterre, dans ce sens, par le « People's Palace », par le (( l^olytechnic Institute » de Londres et par le « Birmingham and Midland Institute ». (Rapports de missions, 5" volume, pages 72-87.) L'Institution Livct. L'Iustitutiou Livct cst uti grand établissement d'enseignement technique, fondé en 1 846, qui a pour but de former les jeunes gens se destinant à l'industrie, au commerce, à la marine, aux administrations publiques et privées. On y reçoit à l'internat ou à l'externat annuellement 760 élèves, depuis l'âge de 6 ans jusqu'à 18 ans, répartis en trois s '^ries de cours : le cours d'enseignement primaire, les cours professionnels et commerciaux, et

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