LA BOURSE DU TRAVAIL
le cours industriel. L'école coutîenl de vastes ateliers pour l'ajustage, l'électricité, le tour, la forge, la fonderie et la menuiserie, nuuiis d'un outillage complet mû par la vapeur et l'électricité. Les industries d'art qui forment l'objet exclusif de cette enquête ne tiennent (ju'unc place très restreinte, presque nulle, dans le programme des études de cette institution, où l'enseignement artistique d'ailleurs se borne au dessin linéaire, aux éléments du dessin artistique et du modelage, sans aucunes applications. L'atelier du bois est même à la veille d'être supprimé faute d'élèves. Tous les parents et jeunes gens ont pour objectif les métiers métallurgiques et particulièrement ceux d'ajusteurs et de mécaniciens. « Le bois, disent-ils, ne conduit à rien ; on y reste éternellement pot-à-colle, tandis que le fer et l'acier ouvrent des horizons nombreux et variés d'avenir : les Ecoles d'art et métiers, l'École centrale, l'Ecole des mines, les Ecoles de mécaniciens de la marine, etc. » Il n'est pas contestable que cette branche d'enseignement technique a reçu partout un grand développement, que les progrès acconq^lis dans les méthodes, dans l'outillage, sont considérables, que les résultats obtenus ont dépassé les prévisions les plus ambitieuses.
De toutes les déclarations des chambres syndicales, il résulte qu'il y a L'apprentissage, urgence à la création d'une véritable école d'apprentissage pour toutes les industries artistiques locales. Aucune institution ne s'en occupe pratiquement à l'heure présente ; les prétentions exagérées des parents le rendent aujourd'hui presque impossible dans les ateliers. Pour l'ébénisterie seule, l'initiative d'un patron et celle de la Chambre syndicale mixte ont réussi à résoudre le problème par des écoles privées.
Le conseil d'administration de la Bourse du travail a eu l'ambition d'or- Les cours
1 1 I ^ . , , . . de la Bourse du travail.
gamser dans ses locaux des cours prolessionnels et artistiques pour ses adhérents. Mais des difficultés de tout genre sont venues mettre obstacle à la réalisation complète de ses projets. La municipalité, tout d'abord, s'y est opposée formellement, ces cours pouvant faire concurrence à ceux de l'école de la Société industrielle qu'elle subventionne, ainsi qu'à ceux de l'École de dessin. Le conseil a su faire la démonstration de l'impossiljilité de cette concurrence, les cours projetés par elle et professés par des ouvriers mêmes devant avoir un caractère exclusif d'enseignement pratique par des applica-
NANTES
lions sur l'établi. L'organisation administrative et financière de la Bourse du travail n'a pas permis d'affecter aux cours le budget nécessaire pour leur assurer un personnel professoral et un outillage suffisants ; la subvention de la ville de Nantes doit se répartir entre chaque corporation reconnue par elle, et ne peut être distraite de son affectation distincte, ni servir à une collectivité. Ainsi, au lieu d'un cours général de géométrie servant aux membres de toutes les corporations, il doit y en avoir autant qu'il y en a d'auditeurs appartenant à chacune d'elles. Rompant intelligemment avec les habitudes de particularisme, le conseil avait songé à ci'éei" un enseignement théori([iie des sciences avec des professeurs spéciaux, choisis parmi les membres de l'instruction publique; non seulement l'argent lui a fait défaut, mais il ne pouvait passer outre aux règlements qui interdisent toute conférence, tout discours, toute action publi([ue, aux personnes ([ui ne font pas partie d'un syndicat ouvrier. Cette interdiction a même entraîné la suppression d'une œuvi"e fort intéressante : les conférences et les lectures pour les ouvriers en chômage.
Le programme de l'Ecole municipale de dessin comprend les matières suivantes: 1° le dessin industriel, trois années de cours : éléments de géométrie, figures, tracés, rosaces, parquets, assemblages, étude des projections, croquis cotés d'après nature et exécutés à l'échelle ; 2° le dessin artistique, cinq années de cours : ornements, fragments d'architecture, figures, plâtres, académie et modèle vivant ; 3° les mathématiques: arithméticpie, géométrie et perspective ; 4° l'iii'^'hitecture ; 5° la coupe de pierres. Il manque donc un cours de modelage, un cours d'anatomie et un cours d'histoire de l'art. L'école ne possède non plus aucune bibliothèque, et n'est dotée que d'une fort peu inq)orlante collection de modèles d'après les chefs-d'œuvre de l'art. Le nombre des élèves est de 3oo, classés ainsi professionnellement : 47 peintres, 24 sculpteurs, i dessinateur, i3 lithoqraphes, 35 menuisiers, ébénistes et tapissiers, •> graveurs, 0 conmns ou élèves d'architectes, 2 commis et employés de commerce, 8 tailleurs de pierre, i charpentier, 3 maçons, 20 serruriers, 34 mécaniciens et ajusteurs, 5 chaudronniers, 2 modeleurs, et 100 de diverses autres professions ou sans profession.
L'institution jusqu'ici n'aui'ait donné ([ue de fort médiocres résultats pour