‹ Les industries d'artChapitre 45 sur 86 · NANTES · texte numérisé non relu

NANTES

jeunes gens est facile ; le métier tente par son caractère de métier d'art, par les salaires assez élevés ; malheureusement, la Chambre syndicale a réussi à créer un mouvement d'obstruction parmi les ouvriers, par l'argument de la concurrence future et de l'abaissement forcé des salaires ; aussi ne fait-on guère plus d'apprentis que dans les ateliers de famille où on les utilise comme petites mains, sans rien leur apprendre. S'il n'est pas créé une école d'apprentissage, dans mie dizaine d'années l'indusirie manquera d'ouvriers, el dans vingt ans, elle aura disparu. Cette école, dont l'organisation, au point de vue de l'enseignement, devra être fort étudiée, à l'opinion de ce chef d'atelier — car aujourd'hui, contrairement à ce qui se passe dans d' autres industries, la spécialisation dans un style déterminé n'est pas possible, en raison de la diversité des travaux civils ou religieux et du personnel relativement peu nombreux de chaque atelier, — est devenue d'autant plus nécessaire que les jeunes gens ayant terminé leur apprentissage déjà fort médiocre ne peuvent trouver dans aucun cours du matin ou du soir, ni à la Société industrielle, ni à l'Ecole muaicipale de dessin, un enseignement pratique complémentaire. C'est pour cette raison que la corporation, par l'organe de ce même chef d'atelier, réussit, il y a quelques années, à faire abandonner le projet de la création d'une école d'art religieux, sur le modèle des célèbres Ecoles de Saint-Luc de Belgique, lancé par un congrès d'archéologie chrétienne réuni à Vannes, et voté d'acclamation par des prêtres et des archéologues, pour cpii, aujourd'hui, par suite de l'évolution de la mode, l'orthodoxie de la décoration réside uniquement dans le gothique du xn*^ siècle.

La peinture décorative. La pcinturc décorativc coniptc environ 5oo artistes et ouvriers. Le système des adjudications, où les l abais atteignent parfois jusqu'à 45 p. loo, est en voie de ruiner l'industrie, par la nécessité, sous peine de faillite, où il met les entrepreneurs publics et privés, liés par cette sorte de cote officielle des séries de prix, de ne faire que du mauvais travail, avec des produits de qualité inférieure, et de n'employer par conséquent que les ouvriers les plus médiocres, n'ayant jamais appris qu'à « beurrer » une surface quelconque de pan de mur ou de bois. Ici, comme aiheurs, on tient unanimement ce système administratif pour une institution de primes publiques au vol et

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