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UN MUSÉE D'ART INDUSTUIEL

ciiprfjiqvic, actif, en rolatious constantes avec les iiulustries, ayant droil à l'anlorité, à l'initiative et à la responsalnlité : faire de cette institution nouvelle un organisme social supérieur, donnant la vie et le mouvement à l'art et aux industries de la cité et de la région.

Tout cela a paru agréer à la municipalité, qui n'a fait de réserves que sm* l'accroissement du budget devant en résulter; et il m'a été déclaré que les propositions éventuelles de la réalisation d'un projet de ce genre seraient étudiées avec le désir le plus sincère de donner complète satisfaction aux vœux des ouvriers et des chefs d'industries d'art rouennaises et normandes.

Lorsque, dans cette même conférence, a été abordée la question d'un musée i n mus^r

- . . . -, •!• 111 1 (l'arl industriel.

d art mdustriel a organiser comme complément mdispensable de cette grande école, la mvmicipalité s'est montrée moins décisive ; elle a invoqué, pour se soustraire à une déclaration d'aquiescement au principe même, la probabilité de la mise à exécution d'un projet de musée de ce genre par l'initiative de la Société libre d'émulation, et l'impossibilité, au point de vue financier, d'une entreprise impliquant de lourdes dépenses de construction, d'installation, d'aménagement et d'administration. Pour cette question, je trouve ici la même situation que j'ai eu déjà l'occasion de signaler ailleurs. Tous les éléments organiques d'un Musée d'art industriel existent, nombreux, importants, mais épars, disséminés dans tous les coins de la ville, aux mains d'administrations diverses cjui n'en font pas grand'cliose, parce que leur éparpillement les rend improductifs, tout en entraînant, pour leur conservation et l'entretien des locaux qui les abritent, des frais considérables dans leur addition. Le Musée départemental d'antiquités contient de riches collections de ferronnerie, de mobilier, de sculptures, de bijouterie, d'orfèvrerie, de céramique, etc., mêlées à des collections précieuses d'archéologie préhistorique et antique. Installé misérablement au rez-de-chaussée des bâtiments branlants et malsains de TP^nclos Sainte-Marie, sans catalogues, ce musée paraît presque abandonné. La Société industrielle possède des séries d'échantillons de tissus de tous genres; mais l'exiguïté du Bureau des finances où elle vient de s'installer ne permet pas leur exposition. La Société hbre d'émulation a obtenu la construclion d'une annexe à l'hôtel des Sociétés savantes pour son nmsée de dessins, échantillons, machines pro-

duits indusii'iels ; dans un an, si sa clientèle anfjinenle un pen, ce local sera trop étroit. Or, tonl cela rémn', classé scientifiquement, avec goût, constiluerait un musée aussi utile (p l'intéressant pour les ouvriers, les artistes et le pul)lic. Où le loger? Faudrait-il, comme la municipalité en fait sa pi'incipale (jhjection, construire un édifice spécial? Nullement. A cette heure, dans les bâtiments du Musée-bibliothèque, il y a au deuxième étage i5 vastes salles vides et deux immenses cours inoccupées. Dans l'une de ces com-s pourrait être installé le Musée lapidaire et monumental, les pièces insensibles aux intempéries servant à la décoration pittoresque du square Solférino ; l'autre recevrait aisément un musée de moulages de sculpture ornementale. Les machines trouveraient place dans les salles du rez-de-chaussée sur la rue Restout et la rue Thiers. Toutes les collections du tissu, du métal, de la terre et du bois seraient au mieux dans les salles du deuxième étage, où elles formeraient, avec le l)eau Musée de céramique, un ensemble superbe. La sculplure et la peinture conserveraient, cela va de soi, les grandes galeries où elles sont actuellement. Ainsi constitué, le Musée d'art et d'industrie de Rouen rivaliserait fièrement avec les plus célèbres musées j)rovinciaux fie l'étranger. Mais, me dit-on, ce projet est irréalisable : le Musée d'antiquités appartient au Conseil général ; le Musée de peinture et de céramique est une propriété municipale ! ! !

lAsindiisiricsaifisfiqiRs Oucl Yole supcrbc, fécoud, pourrait remplir pour le plus grand bien du

de la Normandie. , . . . , . ,

pays une grande mstitiition de ce genre, régionalisée, organisée pratiquement comme le sont tous les musées allemands (voir le Résumé des Rapports de missions, pages 3o-40), mise en œuvre par quelque association puissante, missionnaire d'art et d'industrie, infatigable, — la Société industrielle et la Société libre d'émulation fusionnées, par exemple, celle-là apportant ses six cents membres, tous industriels, et son admirable outillage de propagande scientih(pie ; celle-ci, ses cours gratuits populaires, si fréquentés par les artistes et les ouvriers, et l'expérience séculaire de la l)ienfaisance sociale !

La Normandie est la province artistique et industrielle par excellence. Elbeuf et Loiiviers ont conquis un renom universel; aujourd'hui encore, avec leurs 12,000 ouvriers, après plus de six cents ans de prospérité, ils produisent ])our 7(» millions de francs de draperies de tous genres, depuis le

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