SAINT-QUENTIN-BOHAIN
Les industries artistiques La Picardie est un centre important d'industries d'art, dont les unes
de la Picardie. ^ ,
remontent a une période deja ancienne, et les autres sont de création ou d'importation relativement récente. A Saint-Quentin, on fait des guipures, des tulles, des dentelles, de la broderie suisse et de la lingerie ; Boliain produit des étoffes de soie et de laine, légères et de fantaisie, nouveautés pour robes, crêpes de Chine, gazes, grenadines, bengalines, popelines, barèges, etc.; Gaudry s'est spécialisé dans la dentelle et le tulle ; Amiens a conquis une universelle renommée pour ses velours, ses étoffes d'ameublement; et, en Thiérache, la vannerie occupe de nombreux ouvriers. Dans toutes ces industries, le dessin joue un rôle prépondérant; la condition essentielle du succès est la fantaisie, le goût, l'originalité. Malheureusement, ce n'est point à armes égales qu'on y peut lutter avec l'étranger : les lois fiscales, les traités de commerce, les règlements des douanes, etc., leur créent une situation d'infériorité, cruelle, écrasante, dont la supériorité indiscutable dans la valeur artistique des produits peut seule atténuer les conséquences désastreuses. Aussi, s'est-on préoccupé instamment de fonder des institutions pour développer l'instruction artistique et technique chez les industriels et les ouvriers. Dans une notice publiée en i88g, le conseil d'administration de la Société industrielle de Saint-Quentin et de l'Aisne expose ainsi les circonstances dans lesquelles elle a été organisée en 18G8; cette citation en fera connaître l'es- ])rit et le but avec précision :
La Société industrielle L'industrie qui fît la fortune de Saint-Ouentin vers le commencement de ce siècle, l'indusde Saini-Quouiin ||-ie (•otoniiière, prospérait paisiblement, lorsque survinrent les décrets de tSGo, (]ui, en la et de 1 Aisiu . niodiliant profondément, faillirent la faire disparaître de notre pays.
Ce fut un l)ouleversement général des anciens procédés de travail, et il fallut toute ThaiiiliMé de nos nianufacl nriers p(jur Iransformer presque instantanément un matériel aussi con-