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LA SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE SAINT-QUENTIN

sidoialile et former une nouvelle instruction de toute une population ouvrière, qui, heureuseluenl, est des plus industrieuses.

II y eut des regrets, chez d'aucuns, mais point d'hésitation ; car tous sentirent qu'il fallait, sous peine de Ijriser l'avenir, modifier ses anciennes habitudes.

La concurrence étrauffère était déjii à nos portes, prête à nous combattre.

Alors l'industrie locale se transforme, son domaine s'étend ; elle embrasse non seulement le tissage et la iilature, qui prennent des proportions plus vastes, mais la broderie suisse avec ses magnifiques métiers ; la confection des vêtements, la lingerie, que de merveilleuses miichines îi coudre secondent puissamment, deviennent pour ainsi dire des industries sainlqueutinoises et prennent des proportions dépassant toute prévision. Notre région voit, déplus, une jeune industrie, la sucrerie de betferaves, s'étendre et demander des bras et des aptitudes spéciales. Industriels et manufacluriers sont a peine en mesure de suffire à ce développement inattendu et, malgré la facilité bien connue avec laquelle nos ouvriers s'assimilent les méthodes nouvelles ou même changent de profession, les employés, les contremaîtres et les ouvriers deviennent rares et jjarfois apparaît dans nos ateliers l'ouvrier étranger. Il faut donc suppléer et songer à s'outiller à ce point de vue, non seulement pour les Itesoins du momenl, mais encore pour l'avenir, qui apparaît plein d'imprévus et menace de se modifier chaque jour.

Il faut donc créer des écoles d'apprentissage, des cours pour toutes les professions, et surtout élever, le plus possiljle, le niveau moral et intellectuel de l'ouvrier en lui procurant, en outre de l'instruction, l'éducation et le bien-être.

Une société industrielle, seule, pouvait suffire k ce jîrogramme. Un exemple, qu'on a souvent cité depuis, était à suivre dans la société de Mulhouse, qui avait fait ses preuves, car on était en 18G8.

De là, a établir une société industrielle, il n'y avait ([u'un pas ; quoique plein d'écueils, il fut vite franchi et on peut dire qu'à partir de cet instant la Société industrielle de Saint- Ouentin était fondée et que son but, ses moyens étaient déterminés.

La Société industrielle de Saint-Oiientin et de l'Aisne compte anjoiird'Iiui ?u)o Miemhres ; e1 son dei'nier budget atteint 6o,55o fr.

L'organisme principal de l'institution est l'Ecole régionale professionnelle. Seule de toutes les villes industrielles de France, représentées devant la (Commission d'(Miquête de i883 sur les ouvriers et les industries d'art, Saint- Ouentin a réalisé complètement les projets exposés par ses délégués. Moins de deux ans après, cette école, qui avait ftiit l'objet de cliscnssions intéressantes, était fondée et Ibnctionnait parfaitement. D'après le programme officiel, on y reçoit, pour les instruire gratuitement, les jeunes gens de i3 ans soj'tant de Lécole primaire, (jui se destinent aux industries régionales. On exige d'eux, à lein- entrée, le certificat d'études ou on leur fait subir un examen

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équivalent, l^endant les trois années qu'ils doivent passer à l'école, elle complète progressivement leur instruction, dans les cours primaires supérieurs de langues étrangères, de dessins divers, de chimie et de physique, de géographie commerciale, etc., etc., et même de gymnastique, et dans les conférences faites par les professeurs.

L'école leur donne surtout une instruction professionnelle en les initiant ([uotidiennement aux travaux, manuels et pratiques, des ateliers du bois et du fer. Ayant en vue toutes les inihistries du département, la direction fait visiter souvent, notamment aux élèves de troisième année, des ateliers de construclion, de chemins de fer, de filature, de tissage, de broderies mécaniques, des fal)riques de sucre ; et leur demande, à la suite de ces excursions, des rapj)orts détaillés sur les impressions, appréciations et enseignements (ju'ils en ont tirés.

Le programme de l'institution répondait si exactement aux besoins et à l'organisation des industries locales et régionales que, dès les premières années, les jeunes gens ayant terminé leurs trois années d'études étaient sans exception placés. On estime que des 344 élèves de l'école, depuis qu'elle est fondée, le tiers au moins occupe des situations- exceptionnelles, sont devenus d'excellents contremaîtres et chefs de maison. L'enseignement y a pris une telle extension, au point de vue technique, qu'on a dû songer l'année dernière à augmenter le nombre et les dimensions des ateliers, qu'il a été dépensé spécialement dans ce but une somme de 4o,ooo fr. Pendant l'exercice 1896-1896, l'école compte 70 élèves; malheureusement, les ressources hnancières de la société ne permettent pas, au grand regret des administrateurs, de recevoir tous les candidats qui se présentent. L'année dernière on a dû en refuser 3i.

A côté de l'École régionale professionnelle fonctionne un autre organisme d'enseignement professionnel et artistique, (pii n'est pas l'œuvre la moms itit/'ressante et la moins utile de l'association : les seize cours publics et gratuits pour les apprentis et les ouvriers.

Le nombre des élèves pendant la dernière année scolaire atteignait le chiffre de 2,000. Là encore bien souvent l'exiguïté des locaux et la surcharge déjà imposée aux professeurs ne pei'nietlent pas de recevoir tous les

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