SAINT-QUENTIN
par le rapporteur an travail de la composition. On fait résolument ici la réforme tentée avec tant de timidité et d'hésitation dans plusieurs autres écoles, sans grand succès d'ailleurs ; mais, comment ne pas regretter les difficultés d'une organisation scolaire empêchant de consacrer plus d'une heure et demie en (rois jours par semaine à des travaux et des études qui exigeraient, pour donner des résultats pratiques, un temps beaucoup plus long ? Il m'a paru en outre, par l'examen de quelques compositions, que les ambitions des commissaires sont trop modestes ; il y a mieux à désirer el à espérer. Une lacune dans le programme de ces cours populaires est évidente : on n'y trouve point de travaux de laboratoires pour les apprêts et la teinture, que les industriels demandent, il est vrai, à Reims, à Rouen, à Saint-Etienne et à Lyon ; pom^ les opérations chimiques (hi brûlage des tissus qui se font toutes à Herisau. La Chambre de commerce, dans son dernier rapport, fait allusion aux conséquences de cette lacune : « Les brodeurs j'rançais auraient pu trouver dans la broderie chimique, imitation de dentelles, un éléiwent d'affaires sérieux à la laveur de la mode; malheureusement, ils se sont heurtés à des difficultés de préparation. » Cette institution de Saint-Quentin doit devenir le vérital)le Conservatoire d'arts et métiers de la région, non seulement pour les apprentis et les ouvriers, mais poin* les contremaîtres et les patrons. Quand une population intelligente a passé par les cours du soir de la Société industrielle, elle doit avoir de plus hautes ambitions, que l'organisation actuelle ne saurait satisfaire. A Saint-Gall, la ville suisse rivale de Saint-Quentin, on a procédé ainsi depuis de nombreuses années. Le Directoire commercial, qui a créé une école et un musée pour la liroderie, complétait en i885 son œuvre par l'organisation, à Herisau, d'un office de teinlurerie et apprêts de tissus, où ini chimiste allemand très habile fait eonstamnienl des expériences scientifiques gratuites pour les industriels et les aide de ses conseils : c'est là (jue le procédé si ingénieux du brûlage chimi([ue des tissus a été perfectionné et porté au |)oint où il devait révolutionner l'industrie de la broderie et de la dentelle. Toutes les écoles ouvrières anglaises du soir, notamment le « Rirmingham and Midland Institiite », le « George Heriot hospital School » el 1' « HeriotWatt collège » d'Edimbourg, l'Ecole techni(|ue d<> ^lanchester, le (^jllège technique de Rradford, etc., ont