UNE ÉCOLE D'ART INDUSTRIEL
qu'un grand centre industriel comme celui-là, ([ui compte plus de 10,000 ouvriers, produisant exclusivement des tissus où l'art et le goût sont les éléments essentiels du succès, reste dépourvu de l'institution d'enseignement professionnel, dont toutes les villes de l'étranger rivales sont dotées, depuis longtemps, dans des conditions d'organisation et de fonctionnement qui ne laissent rien à désirer. *
Tiansformaiions Au jtoilil (Ic viic iiidusd'ic'l ct arlisli([iie , il s'est lait à Lille depuis un
industrielles et artistiques . , , . .,, » i • i> • ^ •
,iç demi-siecle une curieuse évolution. Lette ville possédait autreiois plusieurs
industries d'art très prospères : la dentelle, la tapisserie, l'impression sur tissus. Les traditions artistiques flamandes leur avaient conservé une gi^ande
• ^ originaIil(''. A la fin du siècle dernier, on comptait environ iG,ooo dentellières
produisant le « poiut de Lille », avec une perfection dont aucune autre fabrique ne pouvait approcher; en 1807, il n'y en avait déjà plus que 2,000 environ, mais leurs fines dentelles étaient toujours fort estimées. Quand le peignaqe, la filature et le lissaqe, par suil<' du perfei'tionnement de l'outillage mécanique, donnèrent des bénéfices énormes, tout le monde se porta vers ces industries, et les autres furent peu à peu abandonnées. La modicité des prix de main d'teuvre — d'origine belge généralement, — l'abaissement de la valeur marchande des matières premières et du charbon, poussèrent rapidement les chefs d'usine à la production intensive et à bon marché. Bientôt la concurrence ne pouvait plus s'exercer sur les prix et sur la façon, tant ils étaient tombés bas. ( )n se mit en ([uète de moyens nouveaux de lutter; l'art s(mi1 pouvait les fournir. Mais, (juaud les industriels se décidèrent à faire de l'ai't, il n'y avait [)lus d'artistes; ou ils étaient morts de misère, ou ils s'étaient gâté la main et le cerveau à des besognes infimes et déprimantes. Ces! ainsi ([u'il a été impossible de restaurer à Lille les anciennes impressions sur toile; la société (pii l'a entrepris a dû s'installer... à Puteaux. Quel est le genre de décoration (pii a dominé pendant une période de temps fort longue dans le linge ouvré et damassé, ([ue deux maisons |)roduisent encore? Celui des copies de peintures, simple retour en arrière vers la plus mauvaise époque de l'art décoratif français, celle de la Restauration et du règne de Louis-Philippe. La ville s'est ('tendue, a fait cra(juer sur tous les