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LES TISSUS

le faire connaître, en vue de l'étude ultérietu'e des inslitutions d'enseignement créées pour son développement. Tandis cpie les fabricants de Picardie recherchent la création d'étoffes riches, d'effets nouveaux, parfois excentriques, susceptibles de renouveler la mode, tandis (ju'ils emplojcnt iiidiff(''remment toutes les matières textiles, depuis les plus délicates, jusqu'aux plus grossières et qu'ils se préoccupent beaucoup moins du j)rix de revient ([ue de la recherche d'effets imprévus et attrayants, les fabricants de Roul^aix échantillonnent des tissus de prix modérés, d'effets modestes, susceptibles d'être adoptés par une clientèle très étendue. I^es genres principaux de tissus de fantaisie fabriqués à Roubaix peuvent se diviser en deux catégories principales : les petits genres en laine mélangée de schappe, et les articles en laine et coton, mélangés de fils de fantaisie, chinés ou boutonneux; quehjues-uns de ces derniers sont tramés en laine cardée et légèrement foulée. Cette fabrication suit naturellement les évolutions de la mode, qui sont, peut-être encore plus que dans la soierie, rapides et radicales, en raison de la nudtiplicité des matières premières employées et de la diversité inépuisable des dispositions de contexture et de coloris. De l'analyse de la situation générale de iSgG, il semble résulter qu'il y a eu, pendant cette période, des tendances décisives vers une production encore plus élevée; que Roubaix a fait des progrès marqués dans les belles sortes de nouveau recherchées |)ar la clientèle riche, et a réussi en bien des cas à faire adopter ses étoffes à l'exclusion des anglaises, alors que les sortes oi'dinaires se sont fabj-iquées en petites quantités et se sont généralement très mal vendues. Oiiekjues industriels ont même entrepris sinon d'entrer en lutte avec la Picardie |)our la haute nouveauté et hi fantaisie mais d'aljorder ])ai'allèlement les mêmes genres dans im caractère spécial, avec l'objectif d'une clientèle extérieure, moins raffinée, et désireuse pourtant de suivre la mode parisienne adaptée à son tempérament. L'entreprise hardie a réussi. Les marchés d'Angleterre et des Etats-Unis ont fait, les années précédentes, bon accueil à des créations qui étaient en effet fort gracieuses, originales et pittorescpies. Toutes ces r(jnditions de production sont donc favorables au développement de l'art chms l'industrie.

De son côté, la fabrication des tissus d'ameublement et des tapis a suivi

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ROUBAIX

une marche progressive, tant au point de vue industriel qu'au point de vue commercial. Elle a bénéficié, en 1896, d'une reprise d'affaires très sérieuse, due en grande partie au marché des Etats-Unis, où l'augmentation du chiffre des exportations n'a pas été moindre de 62 p. 100 : 5, 847, 000 fr, contre 3,900,000 fr. en 1894. Par la variété extraordinaire des genres, les industriels peuvent satisfaire tous les besoins et tous les goûts. La carte d'échantillons (pii, il y a dix ans, comptait à peine une cinquantaine de types, en offre actuellement plus de 3oo. l^ar suite des bas prix de la matière — le coton, le lin, le jute, la schappe, la laine, purs ou mélangés, — la valeur de l'étoffe est faite surto'vl du mérite du dessin cl (\c la perfection du tissu; et, comme la fabrication mécanique impose le lissage de nombreuses pièces pour couvrir les frais de composition et de mise en carte, ainsi que pour compenser par 1(^ chiffre d'affaires la minime différence entre les prix de vente et les prix de revient, imposée par une concurrence acharnée intérieure et extérieure, et j'ar la centralisation des commandes dans les grands magasins, la question d'art dans cette branche d'industrie est, plus encore que dans la précédente, d'une impor lance prépondérante.

La concurrence Roubaix, comme la Picardie, a un concurrent redoutable dans la fabrique

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allemande, qui, de jour en jour, tait de très grands progrès, non point, comme l'opinion en esl encore malheureusement trop répandue, exclusivement bornés à la conlr(^fa(;on grossière de nos modèhvs, à la production de la camelote, mais bien au point de vue de la création de types originaux dans le domaine de la nouveauté el de la fantaisie, et de leur exécution parfaite tant par les métiers mécani([ues que par les métiei's à la main. Elle a l'ambition (l'imposer ses produits nouveaux au monde entier par son organisation commerciale si puissante. Un fabricant me déclare cpie des industriels allemands, qui, depuis ])lusi(MU's années, assiégeaient vainement la place de Paris, ont i (Missi aujourd'luii, pai' une diplomatie aussi insinuante <jue tenace, à vaincre l'hostilité qui, juscprici, avait fait obstacle à leur succès. L'industrie allemande, par les écoles et pai' les musées, a été dotée du personnel de fabricants, d'artistes et d'ouvi'iers d'art (pii lui était nécessaire pour cette production nouvelle; elle trouve, pour la con(piéte des marchés de l'Angleterre et des Etats- Unis, des auxiliaires dévoués dans ses innombriiljles nationaux émigrés.

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