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LES ÉCOLES ACADÉMIQUES

sèment à ses élèves des cours très sévères et très longs de dessin d'après l'antique, d'études d'après nature, fleurs et modèles vivants ; exige des connaissances sérieuses d'anatomie, l'assiduité absolue aux leçons d'histoire de l'art ; et, combinant ingénieusement l'enseignement simultané de la peinture de portraits, de la peinture de paysage et de la peinture décorative, arrive à former des ornemanistes habiles. Dans la classe de sculpture, où l'on travaille pratiquement le marbre, la pierre et le bois, où l'on produit déjà des pièces décoratives remarqual^les, d'un emploi usuel, telles que panneaux de porte, piédestaux de statue, frontons de meubles, monmnents funéraires, cariatides de balcons, etc., maîtres et élèves réclament avec instance l'organisation d'un cours d'après le modèle vivant. Les lauréats des concoiu's ne s'en vont point à Paris, pas même à Lille ; ils restent à Tourcoing, dans le pays, et y Font leur situation comme esquisseurs pour les tissus, peintres décorateurs, et sculpteui's ornemanistes pour l'ébénisterie et pour le bâtiment. Aussi, la municipalité s'est-elle prise d'un vif intérêt pour cette institution qu'elle avait jusqu'à ce moment pour ainsi dire aJjandonnée, lui concédant, même avec regret, un budget dérisoire et des locaux délabrés, dans les bâtiments d'un ancien hôpital. Elle a voté tous les crédits réclamés pour les nouveaux cours ; et elle vient de décider la construction d'un édilice spécial qui ne coûtera pas moins de 3oo,ooo fr. Malheureusement, l'école n'a point * encore réussi à conquérir les industriels ni le public. Les chefs de cabinet de dessin, les architectes, les décorateurs lui sont même hostiles par la crainte de la concurrence future des élèves (jui en sortiront désormais ibrt outillés pour le « strugle for life » ; et, loin de favoriser la fréquentation des cours par les jeunes gens employés ou apprentis, ils font ce qu'ils peuvent pour les en détourner. Aux doléances touchantes du président du comité d'administration et des professeurs de l'école sur l'aljsence de visites d'industriels, je n'ai pu que répondre- ce que je disais la veille aux administrateurs de l'Ecole nationale des arts industriels de Roubaix : « Il faut aller à la montagne puisque la montagne ne vient pas à vous. »

Actuellement, l'école compte 176 élèves. Les cours de peinture et composition décorative en ont 53, classés ainsi corporativement : 18 peintres décorateurs ou peintres en bâtiment ; 1 i dessinateurs pour tissus, 7 écoliers.

5 employés de commerce, 3 sculpteurs ornemanistes, 2 ouvriers tisseurs, 2 employés d'architecte, i peintre verrier, i ébéniste, i mécanicien et

1 chromolitliograplie.

Les cours de sculpture et de modelage sont suivis par 8 élèves seulement :

2 sculpteurs sur pierre et sur bois, 2 marbriers, i ébéniste, i menuisier et 2 élèves-archilectes. Dans la classe d'architecture, il y a 3 ébénistes, i mouleur, 2 employés de commerce, 2 écoliers, i maçon, i tailleur de pierre et I horloger.

En 1887, il se conslituait, sous le patronage de la Chambre de commerce, une société civile, dans le but de fonder à Tourcoing une école spéciale pour les industries de la filature et du tissage. Le fonds social était de 1,800 fr. divisé en 18 parts de 100 fr. Aussitôt constituée, la Société faisait appel au concours des industriels et des négociants pour former par des souscriptions individuelles et libres le capital nécessaire au fonctionnement de l'institution. Jusqu'ici, ce capital, essentiellement variable, s'est élevé à 200,000 fr. Le conseil d'administration expose ainsi le programme de l'école dans ses statuts :

La pensée ([ui a présidé à la créaliou de l'école a été de vulgariser, dans le sens le plus large, les l^ieufaits d'un enseignement technique et pi'ofessionnel. I-*our ce motif, l'école comprend deux séries de cours pour chacune des trois spécialités : filature de coton ; peignage et filature de laine ; tissage mécanique.

Cours du jour.

Cours du soir.

Les cours du jour s'adressent plus particulièrement aux jeunes gens qui ont fait les études scientificjues classiques et qui voudraient étudier à fond l'industrie textile et les sciences qui s'y rattachent innnédiatement. Ces cours sont distribués de façon à permettre l'étude simultanée de plusieurs spécialités.

Les matières faisant l'objet de l'enseignement des cours du soir sont limitées au seul enseignement technique. Ces cours ont pour but de faciliter aux ouvriers la connaissance approfondie des machines dont ils se servent dans l'usine. Ils sont donc essentiellement pratiques.

Une aimée d'études suffit en général pour se familiariser avec les principes et la pratique des machines pour le travail du coton ou de la laine ; mais les élèves qui le désireraient peuvent reprendre soit l'ensemble, soit une partie du cours de technologie pour se perfectionner davantage dans leur spécialité.

Deux années sont indispcnsal)les pour compléter les cours de fabrication.

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