LE MUSÉE DE LA DENTELLE
Il n'existe pas de musée technique et artistique de la dentelle à Calais. Au Musée municipal installé dans les bâtiments du Beffroi, sur la grand'place, se trouve une vitrine de six mètres de large, contenant une cinquantaine de pièces ayant figuré aux Expositions de 1878 et 1889, données par des fabricants, une dizaine d'échantillons d'anciennes dentelles et quel([ues vieilles mises en cartes. C'est là tout le musée de la fabrique calaisienne. Lors de la déposition des délégués de Calais devant la Commission d'enquête de i883, l'un d'eux fit l'offre publique de donner, pour fonder un vrai musée, une centaine de mille d'échantillons, représentant toute l'histoire de l'industrie, recueillis par lui et par son père, importateur du négoce spécial de la dentelle et du tulle ; il l'a renouvelée maintes fois, sans pouvoir obtenir une acceptation formelle de ce don; de son côté, la Chambre syndicale des dentelles a manifesté à diverses reprises l'intention d'organiser dans ses bureaux un musée spécial d'échantillons ; le projel n'est point encore réalisé.
A Nottingliam, le Musée municipal du cliàteau contient une section spé- Le Musée de la dentelle ciale consacrée à la dentelle et à la broderie, et installée dans une gi-ande ^ Nottmgham. galerie particulière. Cette section possède actuellement plus de i,5oo pièces de loutes provenances et de toutes époques, dentelles et broderies de Venise, d'Espagne, des Flandres, de Belgique, de France, de Russie, d'Extrême- Orient, etc. En outre, le musée organise fréquenunent des expositions temporaires, au moyen de collections prêtées par des amateurs. En 1878, il y en eut une organisée sous le patronage de la princesse Christian, qui ne compta pas moins de 260 pièces de tout premier ordre et du plus grand prix, provenant des collections de la martpiise de Westminster, du duc de Devonshire, de la marquise d'Exeter, de M'"" Alfred Morrison, de la comtesse Brovs^nslow, du duc de Westminster, de la marquise de Waterford, du collège de Sainte-Mary d'Oscott, de la comtesse de Charlemont, de la duchesse de Marlborough, du marquis de Bute, de la Compagnie des Poissonniers de Londres, etc. (Rapports de missions, 5" volume, pages 173-174.)
Ce qu'il y aurait à créer à Calais, immédiatement et avec une énergique institution à créer
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resolution de taire Jjien et largement les choses, pour luder viclorieusement
Sgo CALAIS.
contre la concurrence d'une école pareille, c'est un Institut de la dentelle — école et musée, — avec ce programme :
(( Au premier degré de l'école, organisation de cours professionnels du soir pour les apprentis et pour les ouvriers, où on leur apprendrait les éléments du dessin et le mécanisme du « leaver's », de façon à en refaire les habiles et complets artisans d'hier.
« Au second degré, organisation, à l'intention des futurs chefs d'industrie et des futurs dessinateiu's, de cours diurnes d'art décoratif et de mise en cartes, avec ateliers d'application.
« Un cours supérieur de mécanique, pour former des ouvriers, des contremaîtres et des chefs d'ateliers, capables d'émanciper Calais de Nottingliam pour la construction des métiers. Actuellement il n'y a qu'un atelier de mécaniciens (jui, depuis peu de temps, a entrepris cette construction.
« Un laboratoire de chimie pour les apprêts, le blanchiment, la teinture et les procédés de brûlage chimique des tissus.
« Un musée contenant à la fois des collections de broderies et de dentelles anciennes pouvant servir de modèles techniques et artistiques aux dessinateurs el aux fabricants ; des collections des produits des centres de la concm-rence étrangère : Nottingliam, Plauen, Saint-Gall, etc., comme documents d'informations commerciales et industrielles ; et des collections constituant l'historique de la fabrique calaisienne, »
La démolition des remparts entre Saint-Pierre et Calais laisse aujourd'hui des terrains disponibles sur les({uels serait merveilleusement installé cet Institut entre les deux villes, de façon à attirer au musée les étrangers, les voyageurs et les habitants, et à permettre la réunion en un seul établissement des deux écoles actuelles, qui fractionnent inutilement et le personnel et le budget.
Restent les moyens d'exécution d'un projet de ce genre.
En 1880, quand on résolut, à Crefeld, de réformer l'Ecole d'art et d'industrie, (jiii ne marchait plus, au plus grand détriment de la fabrique de soieries, la Chambre de commerce se réunit et décida de faire appel aux industriels. Le président dressa une liste de souscripteurs, s'inscrivit en tête, l'ecueillit les signatures de ses collègues et fit porter, par le secrétaire de la