MUSÉE D'ART ET D'INDUSTRIE
par les clubs d'employés, en Angleterre par les People's» Palace, cl les Institutes.
La Ville, comme on l'a vu plus haut, a organisé un certain nombre de cours professionnels, pour lesquels est inscrit au budget annuel une somme de 5,000 fr. Elle accorde, en outre, une subvention de 6,000 fr. aux écoles professionnelles fondées par les chambres syndicales suivantes : cordonniers, 800 fr., plus 3oo fr. pour un local ; chauffeurs mécaniciens, 5oo fr. ; sculpteurs, 5oo fr. ; menuisiers de Vaise, 25o fr. ; coupeurs-tailleurs, 5oo fr. ; comptables, 600 fr. ; coiffeurs, 3oo fr. ; menuisiers de Lyon, 260 fr. ; papetiers, 1,200 fr. ; selliers, 5oo fr.
Le Palais Saint-Pierre contient les Musées archéologiques de l'Antiquité, du Moyen âge et de la Renaissance. Les collections en sont précieuses ; il y a môme là des pièces qu'envient les plus grands musées. L'installation est du meilleur goût, souvent luxueuse ; les conservateurs, par une classification très claire, par des étiquettes et des notices, s'efforcent de rendre la visite intéressante et l'étude facile ; on peut se procurer un catalogue qui n'est point trop ancien. Cependant, ces musées ne constituent pas un vrai musée d'art industriel dans le^ conditions d'organisation et de fonctionnement que doit présenter aujourd'hui, d'après les principes scientifiques admis partout, et suivant de nombreux exemples, une institution qui a spécialement en vue, non de donner pure satisfîiction à la curiosité du public, mais d'aider au développement technique et artistique des industries. Or, ce musée, tous les industriels, tous-, les artistes en réclament instamment la création. Ils l'estiment nécessaire, indispensable, ur([ent ; ils déclarent unanimement que la suppression de l'ancien musée de la Chambre de commerce a été une grande erreur et a causé un préjudice considérable aux industries d'art de Lyon. On l'avait fort bien compris et bien organisé en vue de son but ; pendant le peu de temps qu'il a fonctionné, le développement rationnel et progressif de ses collections avait été habilement amorcé ; sans aucun doute, aujourd'hui, après quarante ans de fonctiomiement, Lyon serait en possession d'une très belle institution spécialement adaptée à ses besoins industriels et artistiques.
Les bijoutiers voudraient pouvoir se tenir au courant des évolutions inces-
Lcs Musées arclléologillucs.
Un Musée d'art et d'industrie.
Voîux des industriels d'art.
LYON
santés «de la production étrangère, avoir les moyens d'étudier, sur les originaux ou sur des reproductions, ce qui s'est fait autrefois et se fait aujourd'hui de mieux, en bijouterie, pour y trouver des inspirations et des modèles, et lutter au moins, à armes égales, avec leurs concurrents étrangers merveilleusement outillés à ce point de vue. Quand on a fondé, en 1887, le nouveau musée de Birmingham, son conservateur a été envoyé en Italie et en Allemagne, muni d'un chèque de plusieurs milliers de livres, avec la mission de faire l'acquisition de collections poiu' les industriels et les ouvriers bijoutiers de la ville ; et ces collections sont constamment mises, à domicile et dans les écoles d'art,^à la disposition des intéressés. L'école de Hanau possède un musée de plus de 10,000 pièces d'orfèvrerie et de bijouterie, en originaux, en copies ou en reproductions par la photographie et par la gravure. Un nnisée non moins important a été créé à Pforzheim pour ses deux écoles spéciales, l'Ecole industi'ielle et l'Ecole des arts et métiers. En outre, la Société des arts décoratifs de cette ville organise fréquemment des expositions de l)ijoux modernes et anciens. Les orfèvres me déclarent que pour satisfaire leur clientèle religieuse (jui désire toujours des pièces de « style », ils u'oul pour se documenter que des gravures, des photographies et les prospectus des maisons parisiennes et étrangères; ils ajoutent que l'ignorance même de cette clientèle, sur ce que les maîtres du passé et du présent ont produit, constitue un obstacle sérieux au développement de leur industrie ; ainsi, elle se traîne et s'enlise dans la répétition incessante de types surannés, alors (jue l'étranger paraît constamment évoluer suivant les transformations du goût. «J'ai le projet, me confie l'un d'eux, d'entreprendre la fabrication à Lyon de l'orfèvrerie russe, convaincu qu'il y a fort à faire ; mais je suis arrêté par l'absence de documents et de renseignements techniques et artistiques à étudier avec mes chefs d'atelier. » En Allemagne, en Autriche et en Angleterre, les musées ou associations d'art et d'industrie auraient déjà fait transporter dans les ateliers mêmes de cet industriel, six, vingt, trente spécimens d'orfèvrerie religieuse russe, ancienne et moderne, V Ornement russe de Boutowski, tous les ouvrages publiés sur les musées de Pétersbourg, de Moscou, de Kiew, de Nijni-Novogorod, etc., et lui auraient donné conseils, encouragements et recommandations auprès de nos