‹ Les industries d'artChapitre 9 sur 86 · MUSÉE D'ART ET D'INDUSTRIE · texte numérisé non relu

MUSÉE D'ART ET D'INDUSTRIE

consuls en Russie. Lyon, depuis bientôt un demi-siècle, s'honore d'un orfèvre religieux, dont le rapporteur du jury de la section d'orfèvrerie à l'Exposition universelle de 1889 a pu écrire : « Ses œuvres sont absolument belles; elles sont dignes du trésor le plus exigeant ; elles sont parfois trop parfaites. » Aucun musée lyonnais ne peut, à cette heure, montrer un seul spécimen de la production de cet artiste célèbre dans le monde entier. « Ce n'est pas de l'archéologie. » Un ébéniste me dit : « On nous parle souvent dans notre clientèle du style Empire devenu si fort à la mode, des créations de Galle que la fantaisie et l'origmalité des dessins onl mis en vogue auprès des amateurs qui se piquent de dilettantisme artistique et littéraire ; et, l'on nous demande de faire ([uelqiie chose dans ces genres-là. Où pourrions-nous conduire nos dessinateurs et nos ouvriers pour les initier aux procédés d'ornementation et de fabrication qui caractérisent ces mobiliers ? Nous avons la prétention de faire aussi bien que les ébénistes d'autrefois, et nous l'avons prouvé. La Chambre de commerce, comme encouragement, a fait l'acquisition de meubles lyonnais ayant figuré avec succès à des expositions ; or, c'est dans un musée public, comme pièces à conviction, que nous voudrions voir ces témoignages de la valeur de l'école lyonnaise contemporaine. » Les serruriers ne sont pas moins nets dans l'expression de leurs vœux pour qu'un musée puisse, par des modèles nombreux de ferronnerie d'art, faire l'éducation du public d'une ignorance fort préjudiciable au développement de leur industrie.

Aujourd'hui, la galvanoplastie met à la disposition des musées un moyen relativement peu coûteux de former des collections de ])ijouterie, d'orfèvrerie et de bronzes d'ornement ; les moulages en plâtre, en stéarine, en celluloïd, etc., assurent une reproduction parfaite et à l)on marché de la ferronnerie, de la sculpture sur pierre et sur bois et des pièces de mobilier, La section d'enseignement du Musée des aris décoratifs de Munich, cpii, en 1 885, occupait deux immenses galeries, est presque exclusivement constituée de cette façon. La prati(]ue constante du système des prêts de particuliers qui, jusqu'en 188I), avait été pratiqué à l'ancien nuisée de la Chambre de commerce et donnait de très beaux 'résultats, assurerait aisément dans toutes les branches d'industries le recralement des œuvres originales. Les

musées anfjlais ne fonctionneiil pas aiitremoiit. Il n'y aurait donc pas d'objections bien sérieuses à faire à la reconstitution du Musée lyonnais d'art et d'industrie. Reste la (juestion du local. Au moment où je fais mon travail, les journaux de Lyon publient le résumé d'un rapport de l'administration municipale sur les projets d'utilisation des salles du palais Saint-Pierre, laissées libres par le transfert de la Faculté des lettres au quai Claude-Bernard. Il y est proposé le déplacement du. Musée d'histoire naturelle qui pourrait être installé dans un bâtiment spécial au parc de la Tête-d'Or, son remplacement par la ])ibliothèque, par les bureaux des sociétés savantes, et l'affectation totale des bâtiments sur la cour centrale aux musées et à l'Ecole des beaux-arts. Ne serait-ce point l'occasion de placer là, à la suite des sections archéologiques, ce nouveau service qui, d'ailleurs, a été, à une certaine époque, dans les projets de la commission d'administration des musées, puis(ju'on peut lire dans un de ses anciens rapports la mention suivante : « Musée technique : le musée destiné à l'enseignement des beaux-arts appliqués à l'industrie est en voie de création. » Association Pour Compléter l'organisme de l'enseignement des industries d'art - —

d'arl et d'industr-ic. , ,. \ i> ip- ii-

écoles el musées, existants ou a tonner — pour teur taire rendre le maximum de services pul)lics, une institution nouvelle doit être créée : une association analogue à celles (jui existent aujourd'hui en Allemagne, dans toutes les villes industrielles, petites et grandes. Les efforts, les dévouements, les intelligences et les ressources sont éparpillées, à cette heure, dans les chambres syndicales, qui entretiennent, par leur organisation exclusivement patronale ou ouvrière, l'antagonisme entre ces deux éléments sociaux; dans les associations de chefs d'ateliers de la Croix-Rousse, dont l'action est restreinte à des œuvres de bienfaisance et de mutualité économique ; dans la Société des dessinateurs de fabrique qui, après avoir dépensé toutes ses forces dans la solution — non trouvée — des problèmes de tarifs pour les fabricants, se meurt de consomption faute de s'alimenter d'idées, plus pratiques et plus élevées à la fois, de progrès artistiques et industriels, d'enseignement professionnel, etc. Les écoles et les musées ne donnent pas les résultats espérés, ont dévié de leur but, parce qu'il n'y a pas là, à leur coté, une grande et puissante association, qui mette constamment en œuvre

Page 1