‹ Les industries d'artChapitre 83 sur 86 · INDUSTRIEL · texte numérisé non relu

INDUSTRIEL

en a 34, qui, en 1889, avaient compté près de 4 millions de visiteurs. En France, une seule institution est de ce type, et même n'en a-t-elle plus le programme entier, par suite de l'abandon de quelques-uns de ses services primitifs : le Musée municipal de Saint-Etienne. Le Musée historique des Tissus, fondé par la Chambre de commerce de Lyon, présente une organisation spéciale en vue du développement des industries artistiques locales qui l'en rapproche beaucoup ; mais ils n'a pas de vie extérieure. A Roubaix, à Saint-Quentin, à Lille, à Troyes, à Amiens, au Puy et à Calais, on n'a créé (pie des embryons de musée d'art et d'industrie, qui ne paraissent guère en voie de devenir rapidement de puissants organismes. La plupart de nos grandes villes possèdent des musées d'archéologie, d'objets d'art et de curiosités, dont quelques-uns sont fort riches ; à l'exception de Nantes, Angers, Toulouse, Lille, Rennes et Quimper, où se manifestent, dans les municipalités et dans les associations qui les possèdent, des tendances à les transformer pour les faire servir à l'enseignement artistique et industriel, des campagnes, longues et vigoureuses par la parole, par la presse, seront, sans doute, nécessaires, car on n'en est pas encore à ces idées de musées-services publics, organisés et outillés scientifiquement pour un but essentiellement utilitaire, ou tout au moins, quand il en est question, sont-elles tenues pour des utopies.

L'organisme actuel d'enseignement artistique pour les industries d'art, locales et régionales, est donc, à Nancy, de toute évidence, insuffisant, tout au moins incomplet. Il ne peut assurer leur développement progressif, et leur défense contre la concurrence étrangère. L'Ecole numicipale et régionale des beaux-arts n'offre actuellement aux apprentis et aux ouvriers de ces industries qui la fréquentent que des éléments d'instruction artistique générale, sans application immédiate et décisive à leur métier; elle aurait bien plutôt pour résultats de les en détourner par la perspective de pouvoir conquérir un jour des bourses pour l'Ecole des beaux-arts de Paris. Cette école n'est régionale que de titre. Ne serait-il pas possible d'en ambitionner pour elle la réalité — dont toute la région tirerait le plus grand profit — au moyen d'une constitution de l'étabhssement, analogue, comme installation, fonctionnement, direction, etc., à celle de l'Ecole professionnelle de l'Est, fondée par une simple association, qui reçoit des él èves de partout — plus de 3o6 —

et leur donne, pendant trois années consécutives, dans ses classes scientifiques et ses ateliers d'application, une éducation et une instruction industrielles, grâce auxquelles ils entreront dans la vie solidement armés pour la lutte et pour le succès? Dans une région où la broderie et la dentelle occupent plus de 70,000 ouvrières, la céramique environ 2,000 ouvriers, la verrerie et la cristallerie près de 4?ooo, l'ébénisterie et la menuiserie de i,5oo à 2,000, la décoration, la peinture en bâtiment un millier sans doute, etc., il n'est pas contestable qu'une école qui serait en mesure, par ses programmes et par son organisation, de former pour ( lies des ouvriers d'art, des dessinateurs, de futurs contremaîtres et chefs d'atelier, possédant à la fois des connaissances techniques sérieuses et ime instruction artistique supérieure, réussirait aussi bien, et compterait un nombre d'élèves permanents non moins considérable.

Aucun musée d'art et d'industrie ne complète l'enseignement de l'Ecole des beaux-arls par des collections de modèles de bon goût et d'exécution technique ; ne fournit aux patrons, aux artistes et aux ouvriers de Nancy et de toute la région, des œuvres anciennes et modernes comme éléments d'études et de recherches; les types, les échantillons et les spécimens des produits nationaux et étrangers, etc., de nature à les tenir au courant des créations nouvelles, des tentatives techniques et artistiques, du mouvement des idées en matière de décoration, etc., dans cha(pie branche des industries d'art locales et régionales. La Société d'art décoratif lorrain se dissout avant d'avoir même abordé cette partie de son programme. La superlje manifestation artistique et industrielle de 1894 ne s'est pas renouvelée, n'a pas été suivie non plus de quelque entreprise du même genre, dans le domaine rétrospectif ou extérieur à la région, qui aurait maintenu en éveil l'attention et l'intérêt du public siu' ces questions d'art et d'industrie. Et, au moment même de mon étude, je lis dans un journal cette note douloureuse :

Dans la Lorraine annexée, l'indnstrie de la broderie à la main, dont le centre de production est il Lorquin, occupe de nombreux fabricants et des centaines d'ouvrières. C'est pourquoi on vient d'organiser à l'hôtel de ville de Lorquin une exposition de divers genres de broderies fabriquées dans divers pays de l'Europe, ainsi que la riche collection de dessins que possède le musée Hohenlolie, de Strasbourg.

Les fabricants de Lorquin, dont la marque était avant 1870 si connue et si recherchée à Paris, feront, en même temps et dans la même salle, une exposition des produits qu'ils fabri-

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