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déterminé les titres en vertu desquels les meuniers pouvaient prétendre au droit de banalité attaché à leurs moulins. !
Les meuniers de Serrières répondirent d’un commun accord avec ceux de la ville de Neuchâtel, qu’ils proposaient d’abolir les cens divers dont tous leurs moulins étaient grevés, et de former de la rente annuelle produite par ces cens un capital qui leur serait abandonné à titre d’indemnité pour être ensuite réparti entre les propriétaires des moulins dans la proportion du nombre de leurs rouages. ? Ils faisaient remarquer que
Vabolition de la banalité de leurs moulins leur causait un préjudice
énorme, vu que les moulins de Serrières étaient placés dans un district où il n’y a que fort peu de culture de grain. En conséquence, ils perdaient un grand nombre de leurs clients qui, sous le régime de la banalité de leurs établissements, étaient contraints d’y venir fairé moudre leur grain.
Mais cette proposition des meuniers parut excessive au . Procureur général qui la considéra comme un refus de traiter.
Dans une seconde offre, les meuniers de Serrières demandèrent une indemnité de 1200 livres pour chacun de leurs rouages à farine. Mais le gouvernement n’accepta pas non plus cette seconde offre ; de nouvelles négociations furent entreprises et aboutirent à une entente. Celle-ci est consignée dans l’Acte concernant la libre entrée des farines dans la Ville et Mairie de Neuchâtel, conclu le 30 janvier 1830 * entre Sa Majesté et les propriétaires de moulins situés dans le district de Neuchâtel. La convention dit :
1. Les propriétaires des moulins situés dans la ville et Mairie de Neuchâtel consentent dès ce moment à ce que tous les bourgeois et habitants de la: ville et mairie conduisent leur grain où bon leur semblera pour les faire moudre et à ce que l'entrée, dans le district, des farines puisse se faire par les dits bourgeois et habitants, ainsi que pour tous les autres sujets de l’État ou étrangers, sans réserve ni restriction quelconque.
2. Il sera alloué aux dits propriétaires de moulins une somme de 705 francs 5 sols 3 deniers, en argent du pays, pour chacun des rouages destinés à la mouture du grain, lesquels rouages sont au nombre de 19, à savoir 11 situés à Serrières, 3 au Vauseyon et 5 à Neuchâtel même.
3. Les parties contractantes auront la faculté de racheter les cens dus par leurs moulins et capitalisés à raison de 4 %.
4. Si l’un ou l’autre des propriétaires veut supprimer son moulin à grain et donner à son rouage une autre destination, il pourra dans ce cas s adresser au Conseil d’État pour qu’il lui plaise de prononcer, toutes parties opposantes entendues, sur le changement projeté.
La banalté des moulins fut donc abolie dans la Mairie de Neuchâtel dès 1830.
La même année, le gouvernement réussit à faire des arrangements avec tous les propriétaires du pays de Neuchâtel pour l’abolition de leur droit de banalité. (Landeron, Cressier, Couvet, Fleurier, Môtiers-Bove-
4 Arch. l'État, Dossier Cours d’eau, C 5, n°5 282, 337. 2 Arch. de l’État, Dossier Cours d’eau, © 5, n° 516. 3 Actes de Chancellerie, t. 35, p. 205.
resse, Gorgier, Saint-Aubin-Sauges, Fresens et Montalchez, Saint-Blaise, Colombier, Boudry, Cortaillod, Les pere Travers-Noiraigue, Saint- Sulpice, et Bevaix en dernier lieu en 1831. ):4
À partir de ce moment, le commerce libre des farines dans la principauté de Neuchâtel était institué. Il fut proclamé par un arrêt du Gouverneur Zastrow, du 1€ février 1830. ?
$ 2. Les principaux moulins à blé.
Sans entrer dans les détails, nous citerons dans ce paragraphe Îles
principaux moulins à blé qui ont existé à Serrières à travers les siècles.”
Nous nous contenterons de mentionner à cette place les actes de concessions, rachat de cens et listes des propriétaires successifs de chaque mouhn.
a) Les Moulins du Bas (MM. Vægeli frères). Roues n°5 35 /36 de notre plan de 1811, fig. 3.) — Les Moulins du Bas sont les seuls moulins à blé du vallon de la Sérrière qui soient encore en activité auJourd’hui (1920). Chassés par d’autres industries ou par les travaux modernes des voies de communication, les autres établissements meuniers ont disparu, notamment au cours de la seconde moitié du siècle passé.
Les Moulins du Bas, seuls représentants de l’industrie qui, pendant des siècles, fut la plus importante et la plus florissante à Serrières, datent de 1498. L'emplacement de ces moulins et les forces hydrauliques nécessaires pour les faire marcher ont été accensés le 10 avril de cette année-là à Peter Claus, de Willisau, par Philippe de Hochberg, contre paiement d’un cens annuel, dû à la Saint-Martin, de 6 sols huit deniers forts, valant 10 sols +Ables transformé plus tard en 6 muids dé blé, une livre de cire et 100 livres de chanvre.
Cette concession des Moulins du Bas réserve expressément les droits d’eau du voisin, le coutelier Hanne, concédés par un acte de 1497. Cette clause donna lieu à des chicanes ininterrompues et à des procès entre les successeurs de Hanne, propriétaires de la forge dite « Martenet », et les meuniers des Moulins du Bas. Le fait que ces usimiers devaient se partager l’eau de la rivière entraînait toutes sortes de difhicultés : les uns creusaient des canaux souterrains, d’autres enlevaient des pierres dans le lit de la rivière, d’autres encore baissaient le niveau de leurs
canaux, tout cela dans le but de se procurer une plus grande quantité d’eau. À chaque instant le Conseil d’État devait intervenir pour prêter main-forte aux propriétaires lésés.
Dès 1514 s’élève un conflit entre Peter Claus et son voisin le coutelier, conflit qui provoqua le premier règlement de police que nous connaissions sur les droits hydrauliques de la Serrière. “
1 Acles de Chancellerie, t. 35, p. 216 et ss. 2 Arch. de l’État, Dossier Cours d’eau, C 5, n° 523. Nous reproduisons ce document, dans l'Annexe n° 7.
3 Annexe n° 9.
4 Nous reproduisons cette sentence en annexe (n° 2).