‹ Les Industries de Serrières: A Travers les AgesChapitre 20 sur 43 · DR A · texte numérisé non relu

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Emer Bergeon, petit-fils de Peter Claus, constructeur des Moulins du Bas, agrandit ceux-c1 en 1598. Il obtint un acte de concession pour de nouveaux établissements (deux moulins et deux rebattes), de Jacob Vallier, gouverneur, acte qui fut ratifié le 25 décembre de la même année par Marie de Bourbon.

La liste ci-dessous nous permet de suivre les différents propriétaires de ces usines à travers les siècles jusqu’à nos jours.

En 1830, le cens des Moulins du Bas, dû par Rosalie Debrot pour ses moulins et rebattes, était de 240 livres faibles. À cette époque, la propriétaire racheta une partie du cens, dont ses rouages étaient chargés, !

faisant ainsi usage de la faculté qui lui était réservée par l’art. 8 de l’acte

passé le 30 janvier 1830 entre le gouvernement et les propriétaires des moulins situés dans la Mairie de Neuchâtel au sujet de la libre entrée des farines dans ce district (voir p. 49, art. 3). Le solde de cette charge foncière fut racheté en trois termes : avril 1850, mai 1851 et avril 1852.

Par requête de 1853, ? le propriétaire des Moulins du Bas (David Rod) demande au Conseil d'État l'autorisation d’ ajouter deux tournants (qui devaient remplacer les deux rebattes abandonnées par lui) aux deux autres qu'il possède déjà, et de transformer en un moulin à l’anglaise son usine d’ancien système. Le Conseil l’y autorise, par arrêt du 2 août, en stipulant expressément la condition qu'il ne sera apporté aucun changement aux roues, canaux et chute du Polissoir (appartenant à ce moment à Zutter-Biolley) et que les travaux exécutés ne nuiront en aucune manière aux usines voisines. ?

Les Moulins du Bas travaillent encore de nos jours sous la jouissance des vieux droits hydrauliques, octroyés par les actes que nous venons de voir :

1. Concession de 1498 en faveur de Peter Claus pour une molière.

2. Concession de 1598 en faveur d’Emer Bergeon, petit-fils et successeur de Peter Claus, pour deux moulins et deux rebattes. (Acte renouvelé en 1636 par le gouvernement qui en était devenu propriétaire.) #

1 Pour ce rachat, qui eut lieu le 2 février, la propriétaire employa la somme qui lui avait été accordée en indemnité lors de l’abolition de la banalité. D’après les calculs faits par « les Gens du Roi», il résultait que les cens du moulin du bas, capitalisés à raison de 4 %, se

montaient à la somme de ......... . DO OERTS PAPA Livres tour. 2.400.—.—

à déduire l’indemnité due par le gouvernement pour la suppression du droit de banalité ............... AU ler » 1.410.10.06 Reste atersiene Livres tour. 989. 9. 6

somme dont les moulins du Bas demeuraient chargés, ce qui faisait un cens annuel, calculé au 4 %, de L. t. 39.8.6. (Actes de Chancellerie, t. 35, p. 213. Documents Vœgel frères.)

2 Dans la requête de Rod, nous lisons : Les perfectionnements qui ont été apportés dans la construction des machines et engins à moudre, la supériorité incontestable que ces perfectionnements donnent aux farines, la célérité et l’économie dans le travail, la nécessité enfin de soutenir la concurrence des usines nouvelles, toutes ces considérations ont déterminé le citoyen Rod à remplacer par un moulin à l’anglaise l’usine à système ancien qu'il possède maintenant. (Feuille officielle, n° 25, 23 juin 1853.)

3 Documents M. L. Martenet.

4 En outre, MM. Vœgeli frères, propriétaires actuels de ces moulins, jouissent des droits concédés en 1507 à Peter Claus pour une « raisse», scie dont nous parlerons dans le chapitre V. Tous ces droits hydrauliques ne sont pas encore inscrits au Cadastre (déc. 1919). Voir art. 1465, f° 50, du cadastre de Neuchâtel.

Les propriétaires des Moulins du Bas ont été :

1498-1537 Peter Claus, de Willisau.

1537-1538 Marguerite Claus, sa fille.

1538-1548 Marguerite Claus, Antoine, Benoît et Jean Claus. 1548 Claude Bergeon et Marguerite Claus, sa femme. 1595-1599 Emer Bergeon, petit-fils de Peter Claus.

1599 Abraham Mouchet pour une partie ; son fils Jean lui succède. 4619 François Cornu, pour l’autre partie.

1636 Le gouvernement.

1636-1648 * Daniel Fornachon.

1648 Capitaine Jean Bergeon.

1667 : Marguerite Rollin, veuve du Cap. Bergeon, et ses enfants. 1744-1783 Famille de Sandoz-Rollin.

1783 Pierre et Abraham Porret.

1783 Jakob Widmer.

1827 D.-J. Debrot, Rosalie Debrot.

1832-1834 La ville de Neuchâtel.

1834-1845 Durs Knuchel.

1845-1848 Jonas Hodler.

1848-1855 David Rod.

1855-1861 Henri-David et David-Louis Rod.

1861-1884 Henri-David Rod.

1884-1886 Jules Rod.

1886 MM. Vœgel frères.

b) Les Moulins de la Voûte (actuellement fabrique de chocolat) ou Les Gros Moulins (roues n°5 26, 27 et 28, fig. 3). — Les Moulins de la Voûte doivent être classés parmi les plus anciens rouages de Serrières. Il est fort probable qu’ils existaient déjà au XV® siècle. Au commencement du siècle suivant, ils étaient la propriété des comtes de Neuchàtel, qui les amodiaient pour un temps plus où moins long à tel de leurs sujets, comme nous le montre par exemple le contrat du 29 juin 1532 passé entre George de Rive, gouverneur de Neuchâtel, agissant au nom de Jeanne de Hochberg, et Jean Perregaux dit Hanzod.

Le 22 juin 1534, les Moulins de la Voûte ainsi que d’autres rouages sur la Serrière furent accensés à Jean Hessler dit Maître Jean, par Jeanne de Hochberg. Cette concession, ratifiée à Dijon le 7 mai 1539 par François de Rothelin, fils de Jeanne de Hochberg, et que nous citerons en entier plus loin,! est la plus importante que nous ayons trouvée à Serrières. Les droits qui y sont accordés, étant à échéance illimitée, développent leurs effets encore de nos jours, et ont permis à de nombreux établissements (principalement aux Moulins de la Voûte, ceux dits Ravenel et des Pommeaux) d'exploiter les forces motrices de la Serrière. (Cet accensement renferme les concessions des rouages indiqués dans notre plan de 1811, fig. 3, par les numéros 14 à 28.)

Le cens annuel fut fixé pour tous ces rouages à 18 muids de blé,

# Voir Annexe n° 10.

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2 livres de cire, deux pores et 200 livres de chanvre ; ! le censitaire s’engagea en outre à ne pas hypothéquer, échanger ou vendre ces moulins sans autorisation expresse du gouvernement. Ce dernier par contre s’engagea à fournir le bois nécessaire pour l’entretien et les réparations des rouages.

Le cens prévu dans cet accensement est extrêmement élevé, aussi n'est-il pas étonnant que quelques-uns des tenanciers se soient ruinés dans l’exploitation de ces moulins (par exemple Pierre Fornachon en 1649). Au milieu du XVIII siècle, la situation s’aggrava ; de nouveaux moulins furent érigés dans le pays et notamment de l’autre côté du lac, ? de sorte que les propriétaires de Serrières, parmi lesquels en particulier le meunier des Moulins de la Voûte, se plaignirent amèrement. Ce dernier exposa au Conseil, eñ 1750, que, jusqu’au commencement de ce siècle, ses moulins rapportaient 9 à 10 mesures de grain par semaine, mais que, depuis de longues années, ils avaient tellement souffert de la concurrence, que ses gains étaient réduits à 2 mesures de « froment de moulin » et 3 « de meule » par semaine. Quand les grains étaient bon marché, le revenu suflisait à peine à payer le cens, après les frais des réparations continuelles qu’il y avait à faire notamment aux canaux (qui étaient de 380 pieds de long sur 9 à 10 pieds de large). Le Conseil, pour venir en aide à ces moulins, facilita dans la suite l’obtention du bois provenant des forêts royales, auquel les Moulins de la Voûte avaient droit, pour la réparation de leurs rouages.

Les obligations respectives, stipulées dans la concession de 1534, furent rachetées au cours du XIX® siècle. Par l’acte du 30 janvier 1830, on accorda, comme nous l’avons dit, aux propriétaires des moulins la faculté de racheter les cens dus par leurs rouages. Les propriétaires des Moulins de la Voûte profitèrent de cette occasion de libérer leurs usines de cette charge foncière.

D'autre part, par actes du 23 décembre 1824 et du 2 avril 1831, le gouvernement se hbéra de l’obligation de la fourniture du bois.

La liste des propriétaires ci-dessous permet de constater que les Moulins de la Voûte ont servi à l’industrie meunière jusqu’en 1882, date à laquelle Philippe Suchard en fit l'acquisition pour les transformer en fabrique de chocolat.

Les propriétaires des Moulins de la Voûte ont été :

Avant 1534 Les comtes de Neuchâtel.

1534-1585 Jean Hessler dit Maître Jean.

1585-1586 Etienne Baillod et Jean Gourra.

1586 Guillaume Merveilleux.

1598 Oswald Hessler.

1598-1599 Jean Peter.

1599 Le gouvernement.

1645 David Bourquin.

1 Ce cens en nature a été transformé au XVIII® siècle en une redevance payable en monnaie du pays, et se montant à la somme de 864 livres faibles, dont 439 livres étaient à la charge des Moulins de la Voûte et le reste était dû par les autres rouages partageant cette concession hydraulique.

3 Archives Suchard, Mémoire de Lambelet.

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1645-1651 Pierre Fornachon dit Longjean.

1651-1681 François Marval, puis son fils Samuel. 1681 Rodolphe Rosselet.

1737 Gallandre.

1746 Imer, Bailli d’Erguel.

1746 Abram-Joseph Lambelet.

1797 Rod.-Louis Neuhaus.

1801-1804 Albert Stoucky, Muller et Schaub.

1804-1825 Albert Stoucky.

1325-1843 J.-Louis Payot.

1843-1870 Charles-Fréd. Gueissbuhler-Grether. 1870-1882 Son fils Adolphe.

1882 Fabrique de chocolat Philippe Suchard.

c) Les Moulins dits Ravenel (1919: MM. Bossy & Cie) (Roues 14/15 de notre plan de 1811, fig. 3). — La première mention de ces moulins se trouve dans un accensement de 1417, par lequel Conrad, comte de Neuchâtel, octroie à Guillaume Vienoz, de Bussy, pour lui et les siens, une place pour faire une raisse sur « ague de la Sarriere, sur le molins estant sus la dicte reviere appellez Ravenelz ». !

En 1534, les moulins étaient également compris dans l’accensement du 22 juin, octroyé à Jean Hessler dit Maître Jean par Jeanne de Hochberg, dont nous venons de parler. En conséquence, ces usines jouissaient des mêmes droits que les Moulins de la Voûte et étaient astreintes à remplir solhidairement avec ces derniers les obligations prescrites dans la lettre d'octroi.

Ajoutons cependant que la libération de la part du gouvernement de

l'obligation de fournir du bois s’opéra pour ces moulins dès le commen-

cement du XVIIIe siècle. Par un acte du 6 octobre 1630, le Conseil d’État donna permission au propriétaire de ces moulins de les abandonner, à condition que le nouvel acquéreur et ses hoirs entretinssent ces moulins à leur frais.

En 1678, les Moulins Ravenel furent détruits par un inpentte, mais reconstruits par la veuve de Hans Grossmann.

L'année 1842 est marquée dans l’histoire de ces moulins par lintroduction du système anglais. Les Moulins Ravenel furent les premiers moulins de ce genre établis en Suisse. Les premières années de leur installation, ils convertissaient en farine une quarantaine de sacs par jour ; mais comme ils étaient construits pour produire 80 sacs par jour, le chiffre des sacs augmenta peu à peu les années suivantes.

A cette époque, la récolte des blés dans le pays de Neuchâtel ne suffisait plus à alimenter la population. Les propriétaires des Moulins Ravenel firent de grands achats de blé d'Égypte par l'intermédiaire d’une maison de Genève ; ils le faisaient moudre dans leurs établissements de Serrières. Dans ce but, ils durent agrandir leur usine en construisant une nouvelle roue hydraulique (1847). Le gouvernement se montra favorable au développement de l’industrie meunière à Serrières.

1 Arch. de l’État, H. Pigaud, not. I, f° 113 vo.

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Un incendie détruisit complètement ces moulins le 11-12 février 1919, ce qui mit fin à une exploitation de plus de quatre siècles.

Les terrains et les droits hydrauliques (concession de 1534) furent alors vendus à la Fabrique de papier et à la Fabrique de chocolat Suchard $S. A., et les nouveaux établissements de minoterie (Bossy), remplaçant les vieux moulins Ravenel, ont été reconstruits au bord du lac (1920).

Voici la liste des propriétaires successifs des Moulins dits Ravenel :

.1534-1585 Jean Hessler dit Maître Jean.

1585-1597 Oswald Hessler.

1597 Pierre Lasche. | 1630 Guillaume Péter, Châtelain de Boudry. 1630 Jean Marval et son fils François.

1650 Benoît de la Tour pour la moitié.

1650 François Marval pour le tout.

1666 Hans Grossmann.

1699-1750 Jacques DeLuze. | 1750-1894 Famille Borel (Erhard et Judith, Charles-Antoine). 1894-1918 Jules et Henri-Lous Bossy.

1918-1919 Oscar-Jules Bossy.

d) Les Moulins des Pommeaux ou Moulins du Milieu (disparus). (Roues 18 /19 de notre plan de 1811, fig. 3.) — Les Moulins des Pommeaux étaient également compris dans la concession de 1534, donnée par Jeanne de Hochberg à Jean Hessler dit Maître Jean. Par conséquent, ils avaient les mêmes droits et obligations vis-à-vis du gouvernement que les Moulins de la Voûte. Par actes de rachat et de rétrocession, ces droits respectifs tombèrent en 1830 et 1838.

Lors de la construction du viaduc, la Compagnie des chemins de fer Franco-Suisse acheta ces moulins qui à ce moment comprenaient deux rouages et deux meules (1858). Dès lors, les Moulins des Pommeaux, exploités depuis quelques siècles, cessèrent leur activité.

Voici la liste des propriétaires de ces moulins dès leur construction jusqu’à cette époque :

22 juin 1534 Concession octroyée à Jean Hessler dit Maître Jean. 1534-1585 Jean Hessler dit Maître Jean.

1585-1635 Guillaume Merveilleux.

1635-1637 Etienne Merveilleux.

1637 Pierre Pury.

1666 Marguerite Pury, femme de Jacques de Pierre.

1710 Hugue Dardel et ses enfants.

1750 Christian Stauffer, puis sa veuve.

1795-1858 Famille Lardy.

1853 Acquisition par la Compagnie du Franco-Suisse.

e) Les Moulins du Haut (disparus). ! (Roues n°5 11/12 de notre plan de 1811, fig. 3.) — Dans la seconde moitié du XVI siècle, les moulins de la ville et de Serrières ne suffisaient plus, en temps de sécheresse

1 Annexe n° 11.

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et de froid, comme nous le dit l’acte du 6 avril 1587, pour satisfaire aux marchés de Neuchâtel et de la Côte. Les habitants étaient obligés, contrairement à la banalité, d’aller moudre leurs grains à Saint-Blaise et à Boudry, ce qui entraînait de grandes peines et de grands frais. Aussi,

pour remédier à cette situation, Marie de Bourbon, duchesse de Longue-

ville, permit-elle à Pierre Bourgeois dit Blanc, de construire deux mou-

ns sur le territoire de la papeterie, appartenant à Simon Iteret. Elle

lui accensa le cours d’eau par acte du 6 avril 1587.

Cet accensement est le seul de ceux trouvés par nous à Serrières qui stipule expressément que le gouvernement n’a aucune charge à la livraison de bois gratuit pour les réparations des rouages.

Les Moulins du Haut servirent à l’industrie meunière jusqu’en 1838, date à laquelle leurs propriétaires, qui étaient également possesseurs de la papeterie, y installèrent diverses machines pour leur manufacture de papier. Les deux meules furent transportées dans le Moulin Ravenel, qui à ce moment appartenait à la même famille Borel.

Les propriétaires des Moulins du Haut furent :

1587 Leur construction par Pierre Bourgeois dit Blanc.

1637 Abraham Tribolet et Jonas Rougemont.

1666 Partage des rouages : Louis Rosselet, Jonas Rougemont, David

Seinet.

1666-1676 David Seinet.

1676-1678 Le gouvernement.

1678-1682 Abraham Bourgeois et Samuel Seinet.

1682 R. Rosselet et Samuel Seinet.

1750 Famille Erhard Borel (et Philippin-Borel).

1838 E. Borel qui les transforme pour l’usage de la Fabrique de papier.

$ 3. Autres moulins (tous disparus aujourd’hui).

a) Moulin à poudre à canon. — Le 15 septembre 1624, le Conseil d’État arrêta ! qu’on construirait immédiatement une poudrière à canon à Serrières, en dessous des moulins de Guillaume Merveilleux. La construction de ce moulin devait être poussée activement afin que le poudrier de son Altesse (Louys ….) pût travailler au plus vite, et livrer, suivant convention déjà conclue, de la poudre à 4 batz la livre pour le gouvernement et 5 batz pour les particuliers.

Le Conseil d’État fit une avance de fonds au maître poudrier pour lui permettre de s’installer immédiatement.

Une autre poudrière à Serrières fut amodiée pour six ans en 1637 par Abraham Tribolet et Jonas Rougemont, son beau-frère, à Philippe

Maillardet. ?

1 Manuel du Conseil d'État. — Voir annexe n° 12. Avant cette époque, il existait une poudrière à Fontaïinemelon (Val de Ruz) dont Jaques Benguerel dit Bassot était tenancier. (Arch. de l’État, P. 17, n° 14.)

2 Arch. de l’État, J. DuPasquier, not., 8° minut. du 17 mai 1637.

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Cette poudrière est mentionnée en 1671 ! dans un marché fait entre Jonas Rougemont et David Seinet.

Il est cependant probable que, dès la fin du XVII siècle, cette poudrière n’était plus en activité, car si l’on en juge par un traité conclu à cette époque entre le gouvernement et un nommé Sibenthal, les poudres devaient se fabriquer dans un moulin spécial construit dans ce but sur l’Areuse et qui se fournissait de salpêtre à Boudry, Bevaix et Cortaillod.

b) Moulin à tabac. — En 1723, le gouvernement permit à Daniel Matthey, maître maçon, habitant Serrières, où 1l possédait un rouage sur la rivière, de transformer son rouage pour l’adapter à un moulin à

tabac, sur la demande d’une personne qui voulait se vouer à cette indus-°

trie. ?

Nous n’avons plus dans la suite trouvé mention de ce moulin à tabac.

c) Moulin à épices. — Un « pilon à espice » a existé à Serrières au commencement du XVIIIe siècle ; il était installé dans la foule de Claude Wittnauer. Il fut acquis par ce dernier de Charles Bergeon et de ses deux sœurs, et est mentionné dans l’acte d'acquisition du 7 mars

d) Moulin à gru ou rebatte (roue 37 de notre plan de 1811, fig. 3). — Cet établissement, qui préparait le lin et le chanvre, fut construit en 1598 par Emer Bergeon en même temps que les deux moulins à blé au bas de Serrières. “ Ces rebattes, étant rattachées aux Moulins du Bas, passèrent par les mêmes propriétaires que ceux-ci. Au milieu du XIXE siècle, ces rebattes furent abandonnées par leur propriétaire (David Rod). Plus tard, ce dernier demanda l'autorisation au Conseil d’État de les remplacer par deux autres tournants, tandis qu'il transformait ses établissements en un moulin à l’anglaise. Sa demande fut acceptée.

Ces moulins appartiennent aujourd’hui à MM. Vœgeli frères. ?

e) Moulin à piler l’amidon. — Le 15 mai 1656, Judith Petit présenta une requête au Conseil d'État «… pour une petite roue qu’elle demande à construire à Serrières pour y piler du froment pour de Pamidon... »6 ce qui lui fut accordé. Quelques mois plus tard, les Quatre Ministraux voulurent obliger Judith Petit à quitter Serrières pour aller s'installer à Peseux, mais par un arrêt du Conseil d’État, 7 on lui permit

de rester à Serrières « .… malgré que les Quatre Ministraux voulussent la renvoyer... »

1 Arch. de l’État, N. Huguenaud, not. 52 minut. du 29 avril 1671.

? Manuel du Conseil d'État, 19 janvier 1723 ; voir annexe n° 18.

3 Arch, de la Ville, K III, 7, p. 96. :

4 Concession du 17 novembre 1598, « …. qu’il plust à ma dicte Dame luy donner per-

mission de bastir deux moulins et deux rebattes sur le cours d’eau de Serrière.…. » Arch. de l'État, O. 10, n° 25.

5 Voir chap. III, $ 2, a. F 6 Manuel du Conseil d'État, 15 mai 1656.

7 Manuel du Conseil d'État, 20 octobre 1656.

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