UNE
f) Moulins à huile. — Par une requête adressée au Conseil d’État! au mois d'août de l’année 1811, Albert Stoucky, maître meunier de Serrières, exposa son projet d’ établir un moulin à huile sur le terrain attenant aux Moulins de la Voûte, dont il était propriétaire. Sur le rapport du Procureur général et après que les projets eurent été soumis au public trois dimanches consécutifs aux prônes des Églises de Neuchâtel et de Serrières, le Conseil, dans son assemblée du 9 septembre, considérant l’utilité de cet établissement, autorisa Albert Stoucky à HSE un moulin à huile sur la partie du cours d’eau qui lui était accensée.
Le moulin à huile était depuis cinq ans en activité lorsque le Cobe d'État autorisa Jean- Georges Stertz, de Francfort s/Main, tondeur de draps à la Borcarderie, à acquérir les ‘droits de Stoucky et à « … remplacer le moulin à huile par un moulin à foulon et une mécanique pour la fabrication, la teinture et la tonture des draps. » et cela sous le même cens et les mêmes conditions que l’octroi ci-dessus. 3
Un autre établissement de moulin à huile est resté à l’état de projet. Charles-Frédérice Gueissbuhler avait acquis en 1843 les Moulins de la Voûte; en 1846, 1l se proposa d’y ajouter une huilerie. Dans le rapport du Commissaire général, nous lisons à ce sujet : ‘
L’huilerie que Gueissbuhler se propose d’ajouter aux Moulins de la Voûte à Serrières sera, je crois très utile, il n’existe pas d'établissement de ce genre dans la Juridiction n1 même dans les villages de la Côte.
De la part du gouvernement il ne peut y avoir d’inconvénients à accorder la demande, mais Kruger, son voisin, exigera avec raison que l’usage de l’eau soit bien précisé. Car Gueissbuhler veut placer une roue à côté de celle de Kruger et la mettre en mouvement par l’eau que celui-ci a de trop... #
Mais on en resta là ; au rapport ci-dessus on ajouta un an plus tard « affaire sans suite ».
Erhard Borel V, le grand industriel de Serrières, avait également étudié un projet d’huilerie à cet endroit. Mais après un voyage d’étude en France (Lille), il déclara que Serrières ne convenait pas à ce genre d'industrie. °
1 Manuel du Conseil d'État, 19 août 1811.
? Et cela aux conditions suivantes :
« L'établissement projetté par le suppliant ne pourra jamais et sous aucun prétexte nuire à ceux construits sur le cours d’eau de la Serrières en vertu d’accensements faits par les Souverains de Neuchâtel.
Le suppliant payera sur chaque jour de Saint Martin d’hiver.. à son Altesse.. un nouveau cens de trois pots d’huile de noix colsa ou navets de très bonne qualité.
Il prêtera reconnaissance du présent octroi entre les mains du sieur Matile, Archiviste, auquel il exhibera les présentes...» — accensement daté du 23 septembre 1811. Actes de Chancellerie, t. 31, p. 232.
3 Manuel du Conseil d'État, 1°7, 22 et 29 juillet 1816.
4 Arch. de l'État, Dossier Cours d’eau, C 5, n° 844.
5 Documents M"° Erhard Borel.