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CHAPITRE V

Les Scieries de Serrières

La première preuve que nous possédions de l’existence de scieries dans'le vallon de la Serrière est le Livre des anciennes extentes reçues jadis par feu Perrod Mestraul riere le Conté de Neufchastel en l’an 1353. 1 « li raixy » de Serrières sont accensées à cette date à Jehan Amiet. ? Telle est la seule mention que nous ayons trouvée au XIVE siècle se rapportant aux scieries de Serrières. Le siècle suivant ne nous fournit pas non plus beaucoup de renseignements ; la scie du bas, appartenant aux comtes de Neuchâtel, est cependant nommée dans plusieurs accensements.

Par contre, ne les siècles suivants, les documents sont assez abondants pour nous permettre de suivre l’histoire des trois principales scies du village : la scie du Bas, celle de la famille Martenet, et la scierie du haut (aujourd’hui disparue). |

Ces établissements étaient très florissants ; leur rayon d’action comprenait les villages de la Côte (Corcelles- Cormondrèche, Peseux) et la ville.

Il dut exister à Serrières, dès l'apparition des scieries, des réglementations strictes de la production. Cependant le premier règlement que nous possédions date d’une époque relativement récente. C’est celui du 24 mai 1707, qui se trouve dans un arrêt du Conseil d’État. 3? Parlant des scieurs, 1l déclare «… que l’on payera demi batz de la taille pour les planches ordinaires et 2 gros pour les tailles des esplattons.. » 1l prescrit en outre qu'ils soient obligés dé toujours scier pour les premiers venus.

Ici, comme nous l'avons déjà remarqué dans l’industrie meunière, nous rencontrons à travers les siècles de nombreux abus de la part des maîtres scieurs. Aussi le Conseil d’État se vit-il obligé à plusieurs oi d'intervenir et de fixer certaines règles pour ceux-c1.

Au XVIIIe siècle par exemple, un abus était fréquent dans les scieries du Val de Travers (lesquelles dépassaient le nombre de 30 à la fin de ce siècle “) et ne tarda pas à se répandre dans toutes les scieries de l’État.

1 Archives de l’État, S 9, n° 25, f° 4 ; publié en partie par Alexis Roulet, Statistique de la Valle et Banlieue de Neuchâtel en 1353.

24«.. Li raixy de Serrieres vault ensi comme ci desoubt en l’extente en la recognoissance de Jehan Amiet.….»

3 Ce dernier s’est cependant déjà occupé le 10 juin 1684 des « Raïssards de Serrières qui refusent de donner les counaux comme d’ancienneté ». Le Conseil à cette date, ne leur permet pas, comme ils l’ont demandé, d'augmenter leurs droits au préjudice du public. (Manuel du Conseil d'État, Dossier Cours d’eau, C 5, n° 651.)

4 Arch. de l’État, Dossier Cours d’eau, © 5, n° 278.

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