RL, REINE
Pierre Martenet — le premier de ce nom qui tînt cette scie — l’acquit en 1689 avec d’autres rouages sur la Serrière. Dès cette époque, elle resta propriété de la famille Martenet qui l’exploite encore de nos jours, ainsi que nous le montre le tableau ci-dessous.
Les actes qui permettent actuellement au propriétaire l’exploitation des forces hydrauliques de la Serrière sont les suivants :
Concession de 1660, accordée à Jean Cornu pour une « raisse ».
En outre, par l'acquisition des droits d’eau de l’ancienne forge « Martenet » (en 1911), le propriétaire de la scie jouit des droits concédés par les actes suivants :
Concession de 1497 en faveur de Hanns Hanne, le coutelier de Fribourg, pour une «€ molière ».
Concession de 1629 en faveur de Hans Guntling, pour une foule (assise sur le cours d’eau de la « molière », concédée à Hanne et transformée plus tard en une forge à martinets).
Concession de 1812 qui confirme ces actes antérieurs.
Propriétaires de la scie Martenet :
1660-1671 Jean Cornu.
1671-1689 Maître David Richard.
1689 Rose Chaillet-Pury.
1689 Pierre Martenet, coutelier.
1719 Veuve Martenet, née Renaud. et ses enfants :
1732 Jean-Pierre, Samuel, Jean-Jacques et Jeanne Martenet. 1754 Samuel Martenet, fils de Samuel.
1812 André Martenet, fils de Samuel.
1856 Frédéric Martenet.
1863-1873 Frédéric Martenet, propr., Charles Odel, locataire. 1873-1885 Frédéric Martenet, propr., Henri Jagai, locataire. 1885-1901 M. Léon Martenet, locataire.
1901 M. Léon Martenet, propriétaire.
c) La scie du Haut ! (disparue). (Roue n° 13 de notre plan de 1811, fig. 3.) — Cette scie date du commencement du XVIe siècle. Elle est comprise dans l’accensement du 15 avril 1507, donné à Claude Barillier, des Verrières de Joux, par Louis d'Orléans. Ce dernier autorisa par cet acte la construction de raisse, forge et tous autres engins sur la Serrière, excepté de moulins à blé. Le cens annuel et perpétuel pour toutes ces concessions hydrauliques fut fixé à trente sols lausannois. ?
Cette scie fut exploitée jusqu’au commencement du siècle écoulé. Les propriétaires (Famille Borel), qui exploitaient la papeterie, transformèrent dans la suite leurs rouages pour l’usage de la fabrique de papier.
Les propriétaires successifs de la scie du Haut sont :
1507 Claude Barilher, des Verrières de Joux.
1543 Bonaventure Beynon et Jaqua Prucot, sa femme.
1 Annexe n° 19.
? Actes de Chancellerie, 13, p. 253 ; Reconnaissances de Neuchâtel, par LANDo, IL, fo 427.
FRERE Ca
1637 Abraham Tribolet et Jonas Rougemont (Philippe Maillardet, locataire).
1666 Jonas Rougemont (Samuel Seinet, locataire).
1711 Henry Sandoz.
1711 Abraham Fornachon, de Peseux.
1744-1748 David Gruner.
1748-1812 Famille Erhard Borel.
d) Scie «à bois de placage ». — Par arrêt du 8 juin 1842, Françoise-Adrienne Borel-Thuillier fut autorisée à transformer l'établissement dit «foulon » qu’elle possédait à Serrières en une seie à bois de placage.!
Jonas-Louis Payot, propriétaire du Moulin de la Voûte, s’opposa énergiquement à l’établissement d’une scierie dans la crainte que celle-ci n’employât plus d’eau que l’ancien établissement et ne le privât à certaines époques de l’année d’une partie du courant auquel il avait droit. Il insista aussi sur les inconvénients qui résulteraient pour ses moulins des dépôts de bois et de la circulation que devait entraîner l’établissement d’une scierie permanente au centre de la localité. |
Le Conseil d’État examina les objections de Payot, mais «… reconnu que dans ce moment il se perd un volume d’eau considérable que M. Payot a déclaré lui être inutile et qui s’en va rejoindre le lit de la Serrière, au lieu d’arriver aux roues de ses moulins. Quant aux dépôts de bois, la maison de Mme Borel a été trouvée assez vaste pour recevoir une grande quantité de bois de placage... »?
Dans un autre rapport du Maire Perrot au Département de l’Intérieur, nous lisons: -
Une scie à placage seroit vue avec plaisir dans cette Juridication où suivant les mformations que j'ai prises 1l n’en existe point... Nos artisans qui ont besoin de ces sortes d’objets sont obligés de se les procurer en les faisant venir soit de Couvet soit d’ Yverdon.
Mme Borel-Thuillier fut en conséquence autorisée à transformer ses établissements en une scie à bois de placage.
Elle la vendit en 1867 au propriétaire des Moulins de la Voûte, qui la céda en 1882 à Ph. Suchard pour sa fabrique de chocolat.
1 Il s’agit de l'immeuble pour lequel Albert Stoucky, propriétaire du Moulin de la Voûte, avait obtenu du gouvernement, en date du 23 septembre 1811, la faculté d’établir une huilerie. « La roue de cette huilerie était mise en mouvement par les eaux qui s’échappoient latéralement de l’usine des moulins, lorsqu’elles excédoient le volume nécessaire à la marche de ceux-ci... Par suite du décret d'Albert Stoucky les moulins devinrent la propriété du sieur Payot et l’huilerie passa à George Stertz, qui, le 29 juillet 1816, obtint la permission de substituer un foulon à l’huilerie moyennant continuer à acquitter un cens de 3 pots d'huile imposé à l’établissement primitif et sous réserve des mêmes conditions portées dans l’acte d’octroi de 1811.» (Arch. de l’État, Dossier Cours d’eau, A I, n° 883.) Stertz avait installé dans cet immeuble un rouage pour l’industrie des draps, mais plus tard le foulon a été l’objet d’un échange entre Stertz et Stoucky, propriétaire du Moulin de la Voûte. Lorsque ce dernier fit faillite, la famille Borel devint propriétaire par lettre de collocation du 9 mars 1824 et 22 février 1826, et pour la somme de L. 473.1.
2 Arch. de l’État, Dossier Cours d’eau, A I, n° 833,