‹ Les Industries de Serrières: A Travers les AgesChapitre 30 sur 43 · LAINE CE · texte numérisé non relu

LAINE CE

soie peut être élevé et les conditions de culture du mûrier, plante dont les feuilles servent de nourriture au ver à soie.

Des diverses espèces de mûriers que la botanique distingue, il n’y a que le mûrier blanc {Morus alba L) qui nous intéresse. C’est un arbre qui est dans l’ensemble «très souple et très facile ; 1l s’accommode de latitudes septentrionales, comme celle de la Norvège ou de la Russie du Nord, ainsi que de latitudes voisines de l’équateur. Il ne réussit pas du tout dans les contrées trop argileuses et trop marécageuses, mais sauf cette réserve, il est peu exigeant pour les qualités du sol. À ne juger de la question que par l’arbre, il semble donc que la soie pourrait être produite depuis la Norvège jusqu’au Soudan ». t

On comprend donc que des essais de culture de müûriers aient été entrepris même en Suisse, spécialement dans les cantons de Neuchâtel, Fribourg, Tessin, Vaud, Berne, Zurich et dans les vallées inférieures des Grisons.

Le ver à soie, par contre, est très exigeant. Il demande, pendant la période de son travail, une température assez élevée et constante (159 min.). Mais cette période ne durant que de quatre à cinq semaines, il est facile de mettre pour ce laps de temps les vers à soie à l’abri des intempéries en les maintenant dans des chambres closes dites magnaneries.

C’est grâce à ce procédé que la sériciculture a pu sortir de ses pays d’origine, la Chine et le Japon, et être introduite en France dès les XIIe et XITIE siècles.

Dans le pays de Neuchâtel, des essais pour cultiver le müûrier blane, ainsi que pour élever le ver à soie furent tentés à plusieurs reprises. Le httoral du lac de Neuchâtel semble en effet présenter tous les avantages pour la production de la soie. 4 |

Comme le Manuel du Conseil d'Etat ? nous l’apprend, des réfugiés de Montélimar en Dauphiné et de Nîmes demandèrent en 1686 la permission de pouvoir établir une manufacture de draps. On leur laissa des terres pour planter des mûriers blanes à l’usage des vers à soie. L’année suivante, d’autres terres (à Pierre-à-Bot) furent amodiées dans le même but. D’autres arrêts du Conseil d'État des 23 mai, 20 juin et 27 juin 1688, ? nous parlent d’essais tentés à Peseux par David-François de Merveilleux.

Enfin, le Manuel de la Bourgeoisie de Boudry * nous indique d’autres plantations entreprises dans le même but.

Mais il paraît que les efforts tentés à la fin du XVII siècle pour l’introduction de cette nouvelle industrie ne furent pas couronnés de succès et durent être abandonnés. Pendant tout le XVIII siècle, nous n’avons pu découvrir dans les archives aucun document ayant trait à la sériciculture.

La question fut cependant de nouveau remise à l’ordre du jour à Neuchâtel au commencement du XIX® siècle. Considérant la situation

1 Jean BRUNHES, La Géographie Humaine, p. 304.

2? Manuel du Conseil d’État, 28 avril 1686, 3 août 1687 (Musée Neuchâtelois, 1875, p. 11).

3 C. KNApP, À propos des premiers cartographes neuchâtelois, dans Bull. Soc. neuchä-

teloise de Géographie, t. XXIV, p. 31.

4 Musée Neuchâtelois, 1864, p. 58.

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