Caillot de sang charbonneux
lividité des séreuses, hypertrophie des g'ang'lions, cong-estion des divers org-anes, notamment de la rate.
Le sang" est épais, incoag-ulé, noir comme du jus de mûres. Les globules isolés ou agglutinés par endroits ont perdu la netteté de leur contour.
Le volume des bactéridies varie entre o™ra. 007 à onira 012 de long-ueur (fig*. 78).
Elles sont immobiles, droites, quelquefois coudées et composées d'articles qui leur donnent une forme cylindrique ou en chapelet.
Saisie totale et désinfection générale.
Charbon bactérien. — Encore appelé charbon symptomatique. Il apparaît sous forme de fumeurs, avec développement de fjaz dans le tissu cellulaire.
Les muscles accusent une teinte rouge vif avec odeur de beurre rance. Entre les fibres musculaires se voit une sérosité jaunâtre et gélatiniforme.
Le suif, injecté, donne au toucher la sensation d'un corps gras huileux.
Les bactéries existent dans le sang, surtout dans la pulpe obtenue par le raclage des tumeurs et dans la sérosité du tissu conjonctif.
Elles sont mobiles, en forme de battant de cloche, de massue ou de raquette ; quelquefois elles figurent simplement des filaments arrondis très courts.
Saisie et désinfection.
Fig» 74. — Boulon claveleux.
Clavelée. — La viande des moutons atteints de clavelée bénigne (fig. 74) peut entrer dans Talimentation. La clavelée confluente impose la saisie totale. Désinfection.
Oourine. — Destruction ou envoi à Téquarrissage de
la viande des chevaux et ânes morts comme' atteints de dourine.
Farcin et Morve. — Les animaux atteints de morve ou de farcin sont impropres à la consommation. Viandes livrées à Téquarrisseur. Désinfection.
Fièvre aphteuse. — Les ulcérations peuvent se montrer non seulement dans la bouche et dans l'espace interdigité^ mais dans Testomac, sur l'endocarde et ailleurs. On a signalé dans la sérosité des vésicules l'existence des bâtonnets isolés ou en chaînettes.
La chair des animaux abattus pour cause de fièvre aphteuse est livrée à la consommation publique si elle n'offre pas d'altérations résultant, soit de la fièvre, soit de la maigreur. En tous cas, les organes envahis par les aphtes doivent être ébouillantés.
Désinfection.
Gale. — Les viandes provenant des animaux des espèces ovine et caprine sont comestibles, sauf dans les cas d'étisie. Désinfection.
Péripneumonie. — A l'état aigu, la maladie produit un amaigrissement rapide. En outre, les muscles sont généralement infiltrés, saigneux, noirâtres.
Pour peu que l'altération soit manifeste, il faut user de rigueur et prononcer la saisie totale. Désinfection.
Dans la péripneumonie chronique, les organes pulmonaires renferment des séquestres plus ou moins volumineux. Malgré cela, les bovidés offrent un bon état d'embonpoint, qui permet l'utilisation de la viande.
Peste bovine. — Le typhus ne rend pas la viande nocive, quand l'abatage des malades a eu lieu dès l'apparition des premiers symptômes. Plus tard, l'état fébrile
altère les viandes. Dans ce cas, saisie générale et minutieuse désinfection.
Rage. — La chair des animaux enragés est rigoureusement prohibée. La loi est formelle à cet égard et il faut s'y conformer. Désinfection.
Rouget. — Les lésions du rouget du pore sont les suivantes : taches d'uh rouge violacé sur plusieurs parties du corps. Injection, rougeur et mollesse du lard. Congestion intense du cerveau, du poumon, des reins, du foie. Rate volumineuse, bosselée, de teinte très foncée. Hypertrophie ganglionnaire. Hyperhémie intense de l'intestin grêle avec desquamations épithéliales, augmentation de volume des follicules clos et des plaques de Peyer et ulcérations de la valvule iléo-cœcale.
Le bacille du rouget mesure de o™ ooi à o"* 002 de largeur sur 0°* 00 f de longueur. Il est immobile. En raison de sa ténuité, on le distingue assez difficilement. On doit recourir à un grossissement de 700 et même 800 diamètres et le préparer par la méthode de^ram.
Les viandes provenant des porcs abattus sont livrables à la consommation, lorsque la maladie est à son début. On se borne à supprimer les parties de la peau qui portent les plaques rouges, ainsi que les viscères altérés.
Pneumo-entérite infectieuse. — Maladie spéciale à l'espèce porcine. On constate la congestion des muqueuses stomacale et intestinale avec desquamations épidermiques et ulcérations nombreuses, surtout au niveau des follicules clos ou des plaques de Peyer du gros intestin.
Congestion du foie, dégénérescence parenchymateuse des reins et tuméfaction des ganglions mésentériques.
De petites nodosités peuvent envahir le tube intestinal et de véritables tumeurs se développent autour des côtes et sur les parois costales. On y trouve des bactéries mobiles, ovoïdes, plus ou moins longues. Elles existent également dans le suc provenant du grattage des lésions pulmonaires, intestinales et ganglionnaires. Elles se montrent plus rares dans le foie, la rate et les reins.
Les inoculations permettent de diflFérencier le rouget et la pneumo-entérite. Le pigeon est sensible au bacille du rouget, mais il résiste à celui de la pneumo-entérite; le cobaye résiste à l'inoculation du bacile du rouget, et il meurt par l'inoculation de la bactérie de la pneumoentérite.
Tuberculose. — Les lésions de la tuberculose affectent des formes excessivement variées. Les lobes pulmonaires, le péritoine, les ganglions lymphatiques, le cerveau, la rate, le foie, les muscles, les os, les articulations, en un mot tous les organes peuvent renfermer des tubercules. Ceux-ci présentent un volume variable suivant les cas. On rencontre des granulations grosses comme une tête d'épingle, un grain de millet, une lentille, un pois; elles sont rougeâtres, jaunâtres, grisâtres, dures, crétacées, ramollies, caséeuses, etc. Elles constituent des conglomérats de grosseur diflFérente, des abcès, des vomiques, des cavernes qui contiennent une matière granuleuse, jaunâtre ou visqueuse souvent infecte. L'examen microscopique révèle l'existence d'amas bacillaires considérables.
Le bacille de Koch est un petit et fin bâtonnet, mesurant comme longueur la moitié ou le quart du diamètre d'un globule rouge. « Quand on étudie le bacille de la tuberculose dans le corps des animaux, dit le professeur Straus,
il apparaît constamment sous la forme d'un bacille continu ou interrompu dans sa longueur par des vacuoles, ou sous la forme de grains, représentant les détritus du bacille, mais ayant encore la réaction colorante spécifique (i). f» On peut constater la présence du microbe avec Tobjectif à immersion dans Thuile n^ 12.
La ligne de conduite à suivre, dans les cas de constatation de tuberculose bovine, ne nous semble pas aussi difficile qu'on a bien voulu le dire. A notre avis, la viande provenant d'animaux tuberculeux doit être éliminée de la consommation publique :
i® Lorsque la tuberculose est accompagnée d'un état inflammatoire, de la cachexie, de la maigreur, de Thydroémie, etc. ;
2^ Lorsque les lésions envahissent le foie. Cet organe se montre la source la plus puissante d'infection ayant la veineporte et les canaux biliaires pour voies principales. C'est pourquoi la tuberculose du foie donne la certitude que des lésions de même nature envahissent simultanément d'autres organes ;
30 Nous considérons la tuberculose comme étant généralisée, quand des lésions importantes siègent sur les viscères et s*étendent aux cavités thoraciqueet abdominale.
Au contraire, il y a localisation et par conséquent saisie partielle quand l'élément tuberculeux est disséminé sur le poumon, même quand la région correspondante à l'organe malade porte des tubercules. Cette tuberculose de contact permet de retirer simplement les parties atteintes (plèvres, viscères, muscles, os). Car le simple grattage de la plèvre serait une mesure incomplète.
(i) Straus, /a Tuberculose et son Bacille, Paris, 1895. — Voy. aussi Straus, article Tuberculose du Traité de médecine de Brouardel et Gilbert. Paris, 1896, tome IL
Enfin, on doit prendre en considération, pour prononcer une saisie partielle ou totale, la période d'évolution de la maladie, Tétat aigu ou chronique des tubercules et les formes multiples qu'elle est susceptible de présenter. Nous sommes partisan d'une grande sévérité, parce que la cuisson, la salaison, le fumage ne nous paraissent pas des moyens suffisants pour anéantir l'action nocive du bacille de Koch.
La désinfection est prescrite pour toutes les maladies inscrites dans la loi sanitaire.