ENFOUISSEMENT
ARTICLE III Enffouissoment
L'action d*eaterrer les cadavres à une certaine profondeur s*appelle enfouissement. Cette mesure, très utile, est prescrite par la loi pour les animaux morts ou abattus par suite de maladies contagieuses. Elle permet de détruire les germes infectieux et partant d'empêcher la contagion. On en trouve l'application aux époques les plus reculées de l'histoire.
Un arrêté en date du lo avril 1714 dit que « tous les propriétairesde bœufs, vaches, moutons, brebis, agneaux, chèvres, boucs et au très bestiauxqui viendraient à mourir, soit dans la maison ou à la campagne, étaient tenus de les mettre, sur-le-champ, dans la terre, jusqu'à trois pieds de profondeur, sans pouvoir en prendre, ni enlever les peaux sous quelque prétexte que ce soit, le tout à peine de cent livres d'amende pour chaque contravention ».
L'arrêt du Conseil d'Etat du Roi, en date du 16 juillet 1784, ordonne l'enfouissement des animaux morts de la morve ou de toute autre maladie contagieuse.
Nous citerons encore le décret de l'Assemblée constituante des 28 septembre et 5 octobre 1 79 1 concernant la Police Rurale^ et dont voici l'article 1 3 :
Les bestiaux morts seront enfouis dans la journée, à quatre pieds de profondeur, par le propriétaire et dans son terrain ; ou voitures à l'endroit désigné par la municipalité pour y être légalement enfouis, sous peine, pour le délinquant, de payer une amende de la valeur d'une journée de travail et des frais de transport et d'enfouissement.
Un arrêté du Préfet du département de la Seine défend de suspendre des animaux morts aux arbres de la campagne ou de les jeter dans les cours d'eau et étangs (1887).
aas DESTRUCTION DES VIANDES INSALUBRES
Enfin, les conditions édictées par la loi du 2 1 juillet 1881 concernant Tenfouissement tendent à assurer la salu- ' brité publique dans toutes les communes de France et de l'Algérie.
Est-ce à dire que les mesures sanitaires sont partout fidèlement exécutées ? Non, très malheureusement, et il règne dans plusieurs communes rurales une négHigcence regrettable à l'égard des animaux morts. Ceux-ci sont abandonnés, la plupart du temps en plein air, au milieu des champs, sur les routes, dans les rivières. Il en résulte l'infection générale, le développement de foyers putrides, le dégagement de miasmes pestilentiels, la propagation de maladies transmissibles à [l'homme et aux animaux.
L'enfouissement est rendu obligatoire dans l'intérêt de l'hygiène de l'hornme et des animaux.
On doit enterrer les cadavres le plus promptement possible, à moins qu'il y ait suspicion d'une maladie contagieuse prévue par la loi sanitaire. On en fait la déclaration au maire et on attend les résultats de l'autopsie qui sera pratiquée par le vétérinaire délégué. Si la conservation du cadavre offre quelque danger le maire peut autoriser l'enfouissement immédiat. Celui-ci a lieu dans le terrain du propriétaire et, dit la loi, à défaut de terrain appartenant au propriétaire, l'enfouissement a lieu dans un terrain * communal spécialement affecté à cet effet .
On prend le soin d'ouvrir les fosses dans des endroits isolés des habitations, des pâturages, des voies de communication. Les avantages des cimetières animaux sont incontestables : choix du terrain, élévation de clôture, surveillance facile, etc.
D'autre part, les inconvénients de l'enfouissement résident dans la contamination du sol, des eaux d'infiltration et la conservation des germes pathogènes ou de leurs spores.
SOLUBIUSATION 339
ARTICLE IV Crëmation et Coetlon
L'incinération des cadavres est un excellent moyen de destruction, car elle détruit sûrement les g'ermes contagieux et supprime les foyers de putridité.
Il existe plusieurs appareils à crémation.
Celui de MM. Jacques et Kuborn se compose d'une chambre assez vaste et chauffée par deux foyers conjurés. Au début, la température est maintenue au-dessous du rouge sombre.
Les animaux sont introduits entiers ou dépecés, selon la taille. Les parties liquides provenant de la fonte des matières organiques sont recueillies dans un barrill et placé à proximité du foyer de combustion.
M. de la Croix, directeur des abattoirs d'Anvers, a inventé un stérilisateur-dessiccateur auquel il donne le nom de Kafitt(de l'hébreu : KefaU enlever). Cet appareil, essentiellement composé d'un autoclave et de deux récipients, permet de détruire les cadavres en vase clos. L'incinération est effectuée sans aucune émanation et d'une façon parfaite.
ARTICLE V Solobilisation
En utilisant le pouvoir dissolvant des acides minéraux, on obtient la solubilisation des matières organiques. C'est ainsi que les acides chlorhydrique et sulfurique, chauffés à une certaine température, désagrègent les produits animaux et les transforment en superphosphates de chaux dont les propriétés fertilisantes sont bien connues.