ABAT AGE.— LE MERLIN ANGLAIS
fourrages de choix, des litières abondantes, en un mot les animaux sont l'objet de soins constants.
A rheure du sacrifice, le garçon boucher s'approche avec précaution pour couvrir la victime d'un masque en cuir. Il la détache et, aidé d'un camarade, il la conduit à la main en tirant sur la corde roulée autour des cornes. Ordinairement le trajet a lieusansinciflent.
En cas de résistance, le sujet est attaché derrière une voiture et conduit dans la cour de travail.
Le Merlin anglais. — La sanglante opération qui suit jette l'effroi dans le cœur le plus endurci.
On passe le lien dans un anneau scellé entre les pavés
en ayant soin de rapprocher autant que possible la tête du sol. C'est le moyen d'immobiliser la pauvre bête, qui semble avoir conscience de son horrible position. Car malgré le masque qui lui cache Tantre affreux où elle se trouve, on l'entend souvent pousser des beug^lements épouvantables.
Un tueur robuste et fort, les bras nus jusqu'aux épaules, les reins sang^lés de la boutique ^ les pieds chaussés de sabots rouges de sang, brandit l'instrument de mort (fig. 24). Presque toujours^ c'est le merlin anglais (fig". 25), espèce de petite pioche formant crochet à une extrémité et creusée à l'autre bout en emporte-pièce. Un seul coup au milieu du front fait tomber la bête lourdementà terre.
Fig. 25.
Merlin anglais.
Fig. a6. — La Baguette.
Alors, par le trou béant qui laisse fuser un filet de sang* , mêlé de débrisde cervelle, on enfonce un jonc long'et flexible, la baguette (fig. 26). C'est fini, la moelle épinière a été réduite en bouillie.
La Masse. — Dans les petits abattoirs de province, on se sert de la masse (fig. 27), grossier marteau de fer carré aux deux bouts. C'est un mauvais instrument d'abatage, car on voit rarement l'animal foudroyé du premier coup. Cela tient aux difficultés de briser la boîte crânienne. L'ouvrier, ne pouvant viser le milieu du front, frappe en arrière du
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chignon (fig*. 28). Or cette région comprend la corde du ligament sus-épineux cervical et divers muscles qui, en amortissant le choc, empêchent Tétourdissement du sujet. En outre, dans quelques races, la partie des sinus frontaux correspondant à la région est peu spacieuse, ce qui nécessite de l'adresse de la part du tueur pour frapper juste.
Fig. 27. — La Masse.
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Malgré cela, il ne réussit pas toujours, car l'air contenu dans les sinus s'oppose par sa grande élasticité à la fracture des os. Le fait arrive pour les bœufs de haute taille, comme les auvergnats ou les limousins. On dit alors qu'ils ont la tête molle.
Les graves inconvénients de ce mode d'abatage doivent le faire rejeter définitivement. Il occasionne à la pauvre bête des tortures inouïes, détériore la tête, écrase la cervelle qui devient impropre à la consommation.
Ënervation. — Habileté, hardiesse, célérité : voilà les conditions requises pour énerver un bœuf. On commence par attacher l'animal. L'opérateur, placé un peu avant, saisit une corne de la main gauche (fig. 29) et en même temps plonge vivement une sorte de poignard en fer (fig. 3o) dans l'articulation occipito -atloïdienne. Par suite de la section de la moelle allongée, la bête tombe sur le coup.
Ce procédé peu pratique offre des dangers sérieux, parce ï^ue le bœuf qui a été manqué remue sans cesse et se défend avec une énergie fort compréhensible; même il a
heau ôtre bien touché, on reconnaît des restes de vie dans les contractions des membres et de la face qui persistent pendant quelque temps.
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Enfin la saig'née, devenant baveuse, il est difficile de rendre la viande exsang-ue.
ABATAGE. — LK MASrjTÎF* RRr^EAi:
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Fig, 39. — Abatte par un erv.it ion.
Le masque Bruneau. — Un
maître -boucher en ^ros de l'aballivir de la V'^ïlfelte a inventé un masque qui porte son nom, et dont Fi^. 3o. — Poisjoard. rioj^ônieux mécanisme permet d'abîittre lo bùtîiil avec la plus grande commodité.
L'appareil se compose d'une plaque en Icr s^applîquant sur !e milieu du front (%, 3i), Elle est pereoe d nue ouverture cylindrique dans laquelle pénètre un boulon lermîné en pointe ou eu forme tUeiEiporte-pièce (fig". Sa). Il suffit d'un coup de maillet {û^. 3.i) pour i*n foncer le boulon dans la boîte cjânîenne A une profondeur de 5 à centimètres (fig, 34)- Instantanément, Tanimal tombe comme une masse inerte. .Yotia ne CGnitalsson& pas de moyen plus rapide et plus mir pour amener In mort.
On a proposé de substituer an boulon une cartouche chargée de poudre avec balle conique. Un choc léger sur
Fig, 3i. — 6oupe de la plaque.
Fig. 32. — Coupe du boulon.
le répercuteur et la vie cesse avec la détonation. Malheureusement ce système produit de grands désordres dans
Fig. 33. — Le Maillet.
la tête et son emploi dans un abattoir public présente des inconvénients^'un autre ordre.
On peut faire les mômes reproches aux abatag-es par l'électricité.