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ISSUES. — EMPLOIS INDUSTRIELS DES SUIFS M

Sous l'influence de la chaleur, les parties solides forment dépôt, tandis que la partie gérasse apparaît avec une couleur jaunâtre et une consistance huileuse. Mais elle se solidifie par refroidissement. On en retire la stéarine avec la presse hydraulique, et roléo-raarg-arine qui reste est minutieusement lavée. On donne de la compacité à cette substance en la malaxant dans des appareils ad hoc.

La marg-arine de commerce est mélang-ée d'huile d'arachide, de lait et de crème.

Ainsi composée, elle a toutes les apparences du beurre naturel, surtout après l'addition d'une solution de rocou.

Le beurre danois ou dansk est obtenu avec la graisse de veau. Ce produit est réputé supérieur.

La vente de ces divers produits porte un grave préjudice au commerce des beurres.

II est indiqué de rég^lementer l'industrie de la marg-arine et de ses succédanés.

Usages pharmaceutiques. — On transforme les corps g-ras en pommades, cérats et onguents.

Nous citerons pour mémoire les savonules de la vieille thériaque.

La pharmacie prépare encore les emplâtres stéarates, les savons dans lesquels entrent les oléates, oléostéarates, les marg-arates alcaldioïques.

Emplois industriels des Suifs. — Les suifs de qualité inférieure servent à fabriquer des savons,

La fabrication des bougies stéariques est très importante (i). Malheureusement, les impôts qui frappent cette industrie en limitent fatalement le développement. Il en

(i) Voyez Lefebvre, Savons et bougies, Paris, 1894.

résulte un avilissement de plus en plus accusé dans la valeur des suifs. H y a une trentaine d'années, cent kilos de suif valaient cent soixante francs ; actuellement le prix varie entre 45 et 5o francs. Assurément un allégement des droits qui pèsent lourdement sur le commerce des suifs serait accueilli avec une faveur incontestée.

La dépréciation a encore pour cause Timportation étrangère de suifs et d'huiles concrètes.

Tous les ans, nous recevons plusieurs centaines de millions de kilogrammes de ces marchandises, qui proviennent du Japon, de la Chine, de TAutriche, de la Nouvelle-Zélande et des États-Unis d'Amérique.

Les suifs composent les mastics et vernis de toutes sortes (i).

Avec les résidus gras, on peut graisser les essieux des wagons, des véhicules et plusieurs pièces susceptibles de s'encrasser sans inconvénient.

Ils sont utiles pour protéger les corps contre les poussières et les injures de Tair.

On les emploie au calfatage des navires, des conduites d'eau, des canalisations diverses.

ARTICLE VII Los Cuirs

Le tégument cutané du bœuf, du taureau, de la vache s'appelle cuir ; il prend le nom de peau chez le veau, le mouton, la brebis, l'agneau, le bouc, la chèvre et le chevreau.

Le commerce des cuirs et peaux est aussi étendu que varié.

Lorsque le bœuf est complètement dépouillé, le garçonboucher étend le cuir dans toute sa longueur, le côté

(i) Voyez Halphen^ Couleurs et vernis, Paris, 1894.

CUIRS. — TANNAGE il9

pileux touchant terre. On saisit la région de la tête et on enroule jusqu'au bout, toujours le côté chair pl^cé en dedans.

Une fois marqué et pesé, le cuir est livré à Tétat frais aux tanneurs. Il y a des entrepôts destinés à recevoir les marchandises fraîches.

Là, chaque cuir, sommairement nettoyé, est empilé et saupoudré de sel naphtaline.

L'expédition aux tanneurs a lieu par quantités déterminées à l'avance (i).

Tannage. — Le tannage comprend des opérations successives désignées sous les noms de : salage, pelanage, ébourrage, écharnage, cuersage.

On commence par répandre sur la partie interne du cuir cinq à six kilos de sel, puis on le dispose en tas sur un plan incliné^ afin de le désaigner aussi vite que possible. Quand la putréfaction n'est plus à redouter, on fait dégorger dans Teau de rivière pendant douze heures ou dans une cuve dont le liquide est souvent renouvelé, puis arrive Tenlôvement des cornes, oreilles, émouchets.

Le pelanage consiste à plonger le cuir dans un bassiii (pelain) contenant un lait de chaux peu concentré. Après 24 heures, on le laisse macérer pendant trois semaines dans des pelains plus concentrés.

Il faut alors détacher les poils, chairs, graisses et corps étrangers par Tébourrage et Técharnage. Ensuite lavages à grandes eaux.

Après dégorgement complet, on pratique le cuersage à la main ou sur chevalet. Cette opération a lieu avec un couteau nommé cuerse, et mieux par l'usage d'une ma-

(1) Voy. Voinesson de La vélines, V Industrie des cuirs et peaux. Paris, 1894.

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chîne qui façonne parfaitement la peau et la transforme en cuiret.

Les foiilonnages s'opèrent par l'emploi de jus lég-èrement astringents et de moulins à coiidrer, puis le cuir est mis en cuve.

Ces diverses manipulations demandent du temps, car pendant quatre jours et deux fois par 24 heures, il faut le retirer, le rouler, le laisser égoutter. Derechef, on Tencuve avec des liquides plus forts.

Au bout de quelque temps, il est mis en potée. Ce travail consiste à coucher les peaux dans les cuves, en ayant soin de les soustraire au contact de Tair par le mélangée d'une certaine dose de tan.

Enfin, on les place dans des fosses avec du tan en poudre ; elles y séjournent pendant douze ou dix-huit mois. La quantité de substance astringente à employer dépend de la durée du tannage et du poids des cuirs.

Pour mieux réussir le travail, on ajoute à Técorce de chêne, de la chaux, de Tacide sulfurique ou chlorhydrique. La fabrication du cuir fort dispense de Tébourrage et de l'action des tanins.

Les poudres encore utilisées sont celles du badamier, du châtaignier, de garou ou bois gentil, du saule, de l'aulne, de l'épicéa ou faux sapin. Nous citerons au môme titre le cachou, le kino, le pin d'Alep, les sumacs, les acacias, les galles, les divididives, les salonées, etc.

Les divers procédés de tannage tendent à abréger la durée du travail. Pour arriver au même but, on emploie des moyens mécaniques^ des agents chimiques, sans oublier l'électricité. L'alun, le sulfate de fer, le bichromate de potasse constituent le tannage minéral.

Corroyage. — Le corroyeur reçoit les cuirs convena-

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