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LES ABATTOIRS DE LA VILLETTE

surtout en été, de sorte que Tétat sanitaire de la grande Cité se trouve menacé. La police prend les dispositions nécessaires, afin de prévenir ou tout au moins d'atténuer les dangers occasionnés par une situation aussi déplorable. Les règ-lements prescrivent la désinfection des tueries par l'emploi de la chaux. On recommande d'en verser sur le sol des étaux, dans les excavations, fosses, cloaques, etc. Les tueries nouvelles sont reléguées hors la ville et celles que Ton tolère ailleurs deviennent l'objet d'une surveillance rigoureuse. Voilà de sérieuses réformes qui finalement entraîneront la création des abattoirs municipaux.

En décrétant la liberté du commerce de la boucherie, nos aïeux ont encore servi les principes qui président à Thygiène publique. Aussi pouvons-nous dire que l'année 1789 ouvre Tère de transformations sociales et économiques d'une haute importance.

La construction d'un abattoir public ne peut avoir lieu qu'en vertu d'une autorisation préfectorale cl à ce titre l'établissement est placé sous le contrôle de l'autorité du ministre de l'Intérieur. Quand cette autorisation a été accordée à une commune, aucun boucher ni charcutier n'aie droit de posséder une tuerie particulière sur le territoire de cette commune. Les propriétaires qui élèvent des porcs pour leur consommation personnelle ont le droit de tuer ces animaux chez eux, mais dans des endroits clos et séparés de la voie publique.

Le décret du 9 février 18 10 ordonne la construction de cinq abattoirs hors l'enceinte de Paris : à Grenelle, à Montmartre, à Popincourt, au Roule, à Villejuif. Plus tard apparaissent ceux de Belleville, des Batignolles, des Fourneaux et de Ghâteau-Landon.

Ces divers établissements, sauf trois, ont été supprimés par la création de l'abattoir général de la Villette. Mais

Grenelle, Villejuif et les Fourneaux disparaîtront aussitôt l'ouverture de l'abattoir qui doit être installé prochainement sur la rive g'auche.

L'abattoir de la Villette, édifié sur les plans de M. Janvier, architecte, a été livré au commerce en 1867, conformément à l'arrêté du préfet de la Seine en date du 28 novembre 1866. Situé à l'extrémité Nord-Est de Paris, il se trouve circonscrit par la rue de Flandre, le boulevard Macdonald, le canal de l'Ourcq et le canal Saint-Denis. Il occupe une superficie I de 3 1 hectares. Sa disposition figure un éventail g>igantesque, dont l'écran est tourné à rOrient (fig-. i et 2).

Dans l'esprit de son constructeur, ce vaste établissement devait suffire à tous les besoins. Mais l'extension du commerce de la boucherie n'a pas tardé à démentir ces espérances, ce qui a nécessité l'érection d'un établissement similaire de Tautre côté de la Seine.

A la Villette, on compte 10 cours d'abatag-e, de nombreuses étables, des cases à veaux, bergeries, porcheries et 216 échaudoirs. Les bâtiments affectés à la charcuterie, à la triperie, à la criée des viandes, et divers locaux ayant une destination spéciale se font remarquer par leur bonne installation.

L'abattoir, entouré dans toute son étendue, a son entrée principale sur la rue de Flandre. Une grille mesurant cent vingt mètres de long et percée de neuf portes donne à Pétablissement un aspect véritablement grandiose.

Ce qui frappe tout d'abord, c'est la cour immense au milieu de laquelle se dresse majestueusement la haute colonne qui porte l'horloge. En tout temps, une eau pure jaillit de la fontaine Wallace.

Des canalisations heureusement distribuées rendent faciles les lavages et les arrosages. En outre, deux vastes

Fig. I . — Plan' des nouveaux Aballoirs de la Villette.

A', grande cour sur la rue de Flandre et grille d'entrée ; B*. octroi et concierge ; G*, vente à la criée ; D', anciennne triperie et logement : E', poste de police et de pompiers ; F* bouveries ; G, bergerieset étable à veaux ; H, échaudoir ; I, chemin de fer de l'Est ; F, çendoirs ; K', dcgraissoirs ; L\ brûloirs ; M', coche delà porcherie; N*, boyauderies ;0*, porcheries ; P, chemin de service des abattoirs; Q\ coche général; R' triperie ; S, dépendances de la triperie; T, terrains libres pour bâtiments à construire ; U, horloge; V, ateliers de boyaudiers ; X', beuveries provisoires.

Fig. a. — Plan du marche aux bestiaux de la Villette.

A, concierge ; B, octroi ; C, réjsçie ; D, grande cour de la rue d* Allemagne, entrée des animaux venant en voiture; E, fontaine du Chàteau-d'Eau ; F,adminîstration ; G, bourse ; H, bureau de la régie; 1, parc de comptage des bœufs venant à pieds: J, parc de comptage des moutons venant à pieds ; K, parc de comptage des animaux venant par le chemin de fer ; L, régie ; M. octroi ; N, cabinets d'aisances ; N, échaudage des porcs ; N", chauffage des fers (réservoirs au-dessus); O, abreuvoirs ; P, abri pour moutons ; Q, abri pour bœufs; R, abri pour porcs et veaux; S*, resserres du matériel des veaux et porcs; T, bouveries ; U, porcheries ; V, bergeries ; W, étables à veaux; X, écuries, remises et salles d'attente ; Y, restaurants et buvettes ; Z, dépôts du fumier ; Z' ponts sur le canal de TOurcq ; AA', bouveries provisoires ; BB*, porcheries provisoires ; CC cabinets d'aisances, magasins de claies, écuries, remises et ateliers de menui; des porcs.

menuiserie et serrurerie; DD, abreuvage

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