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ACHAT — CONNAISSANCE DU CHEVAL

Les deux naseaux et les g'ang'lions de Taugco sont l'objet de minutieuses investi gpations. Car on redoute Texistence de la morve.

Cette maladie a pour principaux caractères un écoulement particulier des fosses nasales, des eng-orgements êpanglionnaires et des chancres sur la muqueuse pi tuitaire.

Le jetage peut avoir lieu par une seule ou par les deux narines. 11 se montre trouble, visqueux et forme des g'rumeaux d'apparence puriforme. Sa couleur grisâtre, jaunâtre, verdâtre apparaît légèrement rouillée quand un chancre est devenu saignant.

La muqueuse nasale est le siège de nodosités dont la grosseur varie depuis un grain de millet à un grain de chenevis. Si les tubercules sont nombreux, la membrane se montre rugueuse et comme parsemée de graviers.

Plus tard, ces nodosités se transforment en chancres ou ulcérations qui intéressent la muqueuse nasale toute entière et môme le cartilage.

Les ganglions lymphatiques de Tauge se tuméfient au point d'atteindre le volumed'une noix et quelquefois plus. Le ganglion malade est parfois le siège d'une suppuration plus ou moins abondante et, plus tard, la plaie devient ulcéreuse.

Le boucher se défie de tout ce qui lui paraît anormal chez le cheval, parce qu'il sait que la morve aiguë occasionne des tumeurs au poitrail, au ventre, au fourreau, aux mamelles, aux membres.

Lejarcin^ de nature identique à celle de la morve, se traduit aussi par des tumeurs qui se développent sous la peau, dans les ganglions, dans les vaisseaux lymphatiques et sur diverses régions du corps. Il détermine des boiteries, des exostoses, des ankyloses, des altérations multiples.

La mélanose forme des tumeurs noires, répandues sur diverses rég-ions et visibles quand leur siègpe est le pourtour des org*anes génitaux. Tous les chevaux peuvent en être affectés, mais comme elle se présente plus souvent sur les animaux à robe claire il en résulte une g'rande dépréciation pour les blancs et les gris -pommelés. On garde alors une prudente réserve en stipulant les conditions de la vente. Caria maladie généralisée fait exclure les viandes de la consommation.

La maigreur naturelle ou physiologique est rigoureusement appréciée. ^Elle se reconnaît à une grande réduction des formes rondes, à la minceur des épaules, au retroussementdes flancs, à la proéminence des parties osseuses. Suivant que ces signes sont accusés le boucher dilque le cheval est maigre\ très maigre^ et même le désigne sous la dénomination peu flatteuse de charogne. On présume la consomption, la maigreur extrême, Tétisie et le marasme à des caractères extérieurs bien significatifs : poils ternes, peau collée aux os, encolure grêle, flancs (treux, épaules, côtes et hanches décharnées. La pauvre bête se tient à peine debout et la marche lui devient [pénible. C'est un squelette vivant sans force ni vigueur, qu'il convient de transporter immédiatement au clos d'équarrissage.

Une autre cause de dépréciation réside dans la présence d'ecchymoses, de contusions, de plaies. Les chairs meurtries sont le siège d'infiltrations et d'épanchements qui motivent des épluchages plus ou moins considérables. Ces lésions échappent quelquefois à la vue et elles n'apparaissent qu'après le dépouillement. Le boucher tient en suspicion les plaies de nature ancienne dans la crainte de l'infection purulente.

Du reste, ses investigations portent sur tout ce qui peut

ACHAT — MANIEMENTS 175

Téclaîrer et l'achat du cheval de boucherie est précédé d'un sérieux examen.

§ 2. — MANIEMENTS DU CHEVAL

Les maniements décèlent le degré d'embonpoint. Il est indiqué de palper toute la région de l'encolure et d'en constater l'épaisseur, la densité, la consistance. Lajréunion de ces caractères fait dire que l'animal est moelleux. L'application des doig'ts sur les côtes est un mode d'exploration fructueux. On estime peu le cheval cerclé et dont les côtes forment saillie. En maniant le pli formé par les flancs, il est possible d'apprécier le rendement approximatif. On n'oublie pas dépasser en revue la région du fourreau cTiez le mâle et celle de l 'avant-lait chez les femelles.

Le toucher des fesses et des hanches en fait découvrir l'épaisseur, la largeur, la compacité. C'est la manière certaine de sentir les défectuosités de ces parties.

Une croupe déprimée indique peu d'épaisseur. Les animaux bien culottés, bien gigottés fournissent beaucoup de viande. La cuisse dite de grenouille, c'est-à-dire très plate, annonce une musculature excessivement réduite . Quand il existe à la base de la queue un amas de graisse assez accusé, c'est le signe d'un bon rendement, car la croupe en cul-de-poule dénote non seulement l'abondance des tissus adipeux, mais encore celle des masses musculaires.

Nous signalerons les salières ou excavations situées au-dessus de l'arcade orbitaire. Elles sont dues soit à la vieillesse, soit à la maigreur du sujet. Les maquignons les gonflent en y insufflant de J'air. Cette grossière tromperie est facile à démasquer.

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