William W. Cook, Trusts, p
Enfin l'insistance victorieuse du Tjmst près des législateurs américains a fait toujours maintenir et par deux fois rehausser les barrières douanières qui ferment le marché du sucre à son profit. Les promesses électorales de free breakfast table ont été oubliées et le consommateur américain paie son sucre plus cher parce qu'il est avantageux pour le Trust qu'il en soit ainsi.
Sans doute, on peut mettre en avant l'intérêt des producteurs de betteraves sucrières et des planteurs des États-Unis ; sans doute aussi, les droits de douane ne sont pas pour le Trust des bénéfices directs, mais ce sont eux qui créent la situation grâce à laquelle le monopole a pu s'établir. Les consommateurs ne sont donc pas dans leur tort; ils peuvent tout au plus être taxés d'un peu d'exagération quand ils affirment que le Trust leur fait payer le sucre trop cher.
M. Havemeyer reconnaissait d'ailleurs devant le Stock Gambling Irn^estigation Committee que les profits dérivant pour le Trust de l'existence du tarit (il s'agissait alors du tarif Mac Kinly, le plus modéré de tous pour le taux des droits d'entrée sur le sucre brut) se montaient annuellement de 12 à 13 millions de dollars (60 à 65 millions de francs). Certains financiers pensaient que ce n'était là qu'un aveu partiel et estimaient le profit annuel dérivé de la protection à 20 millions de dollars (cent millions de francs*).